Ancien flic et alcoolique, Hank Dolworth fait aujourd’hui équipe avec son meilleur ami Britt Pollack, ancien criminel, en tant que détectives privées sans licence.

Vendue au point de départ comme une comédie, Terriers, série de chez FX, va légèrement surprendre par le fait qu’elle surfe plus sur la dramédie, y préférant même le drame. La tonalité du show sera d’ailleurs ce qui demandera le plus de réglages au commencement, les premiers épisodes servant clairement à définir dans quelle direction la saison doit se diriger, épaulés par l’établissement de ses personnages principaux et secondaires.

Terriers, c’est avant tout deux meilleurs amis, Hank et Britt, détectives privés ayant des rapports avec la loi qui se veulent conflictuels, à l’image des relations qu’ils peuvent par ailleurs entretenir avec autrui. C’est pour cela qu’ils sont ensemble et complémentaires, pour éviter l’un ou l’autre de plonger trop drastiquement dans ses travers, surtout qu’ils ont un fort penchant pour attirer auprès d’eux des situations périlleuses.

Dans ce cas précis, la série trouve complètement ses marques en offrant à ses deux détectives une affaire qui les dépasse, mais sur laquelle ils ne peuvent pas fermer les yeux. Disons plutôt qu’ils auront la possibilité de faire demi-tour, mais qu’un certain sens de la justice les en empêche, appuyé par un attachement fort au lieu où ils vivent.

Ocean Beach, San Diego, Californie. C’est là qu’officient Hank et Britt, le premier étant un natif, tandis que le second s’y est installé pour le meilleur et pour le pire. De sa rencontre avec son nouveau partenaire à celle de Katie, Britt doit à son passé de criminel tous les liens affectifs alimentant son quotidien et l’ayant mis dans le droit chemin. Hank ne peut en dire autant, son histoire alcoolique reflétant parfaitement sa personnalité intense, le poussant dans des zones discutables qui ont entrainé son divorce et qui animeront pendant quelque temps sa relation avec son ex-femme Gretchen.

C’est avant tout à travers ses personnages que Terriers s’affirment pour devenir une série y trouvant là son cœur et sa force. L’ensemble se construit donc à l’aide d’une grosse affaire de corruption semant des cadavres, mais aussi d’autres dossiers jouant tout autant de sa partie humaine, voire plus pour donner corps à des épisodes ne perdant jamais de vue ce qui fait le charme et la différence de la série. Il ne faudrait qu’un pas pour que l’ensemble – ou son duo – dérive, se trouvant clairement à une frontière légale palpable, Hank ou Britt outrepassant régulièrement les lois, tout en se devant d’avoir un sens moral nécessaire à l’équilibre du show. C’est justement cette particularité qui permet aussi de les entrainer plus loin dans la galère, où la mise en péril est inévitable.

Terriers se révèle être une histoire de tonalité, une de ses séries capables de faire son propre mélange pour y voir émerger une véritable personnalité, animée par un soleil plus rayonnant que la personnalité de ses personnages, habitée par des zones d’ombres écrites avec justesse. On obtient alors une série parvenant à maitriser notes d’humour et enjeux dramatiques, des évènements dans lesquels on s’investit sans arrière pensée, prêt à suivre son duo de détectives où qu’il aille … même à Mexico.