The 100 : Qui veut la paix… (6.10)

17 Juil 2019 à 15:00

Après deux épisodes très réussis, mais surtout très denses, The 100 propose cette semaine quelque chose qui se rapproche davantage de l’épisode de transition, moins dynamique et plus philosophique. Les Primes et leurs pulsions vengeresses reviennent sur le devant de la scène tandis que Clarke (Eliza Taylor), secourue par Bellamy (Bob Morley) et Octavia (Marie Avgeropoulos), mène son propre combat contre Joséphine.

De retour à Sanctum et à ses effets visuels plus que douteux, on constate que les prisonniers des Primes s’accumulent. Sont alors entassés dans une même pièce sombre tous les personnages les plus instables de The 100. Si cette configuration offrait de nombreuses possibilités de confrontations intéressantes, l’ensemble tombe relativement à plat.

Les dialogues ne sont pas à la hauteur et, entre les acteurs qui surjouent et ceux qui sont là pour le chèque, il est difficile de se plonger réellement dedans. Seule l’altercation entre Abby (Paige Turco) — qui a de toute évidence oublié que Kane était mort par sa faute quelques heures plus tôt — et Murphy (Richard Harmon), lâche qui a vendu sa fille au plus offrant pour sauver sa propre peau, fait son petit effet.

À l’inverse, Madi (Lola Flanery), que les scénaristes cherchent avec beaucoup trop d’insistance à nous faire apprécier, cabotine et manque de direction. La jeune actrice est en roue libre et cela dessert son histoire déjà bancale. Sheidheda, le Dark Commander de ses visions, est cependant utilisé avec plus de pertinence que précédemment, au lieu d’un être maléfique et manipulateur, il s’apparente davantage à la personnification des émotions ambivalentes de la jeune fille.

Leur séquestration se termine sur le bûcher, scène probablement la plus kitch et ratée de la saison. Visuellement difficilement soutenable et remplie de dialogues qui auraient plus leur place sur les planches, elle peine à justifier son existence. Les révélations qui clôturent cette intrigue auraient en effet dû faire surface bien plus tôt et mener à des chemins différents.

Ce passage a au moins pour lui de souligner la désolidarisation progressive des Primes et la trajectoire sombre que prend Russell (J.R. Bourne). Ce dernier s’enfonce dans un schéma de violence, légitimée par ses principes et ses croyances. Sa perception de la situation et son incapacité à se remettre en cause font de lui un vilain bien plus complexe que les premiers épisodes le laissaient supposer.

En miroir, on assiste à la pseudo-rédemption de Joséphine. La relation ente la jeune femme et son hôte, Clarke, est de loin la plus intéressante de la saison. La complicité entre les deux, qui naît majoritairement de la reconnaissance de leur part d’ombre respective, sonne étonnamment juste. Les scènes oniriques dans leur subconscient partagé sont toujours bien menées et évitent le piège du ridicule. Si la fin laisse dubitatif quant à l’avenir de Joséphine, il y a fort à parier que The 100 ne se séparera pas d’un personnage avec autant de potentiel.

Bellamy et Octavia sont plus en retrait cette semaine, mais ont droit à leur scène de retrouvailles très anticipée. Leur embrasse mêlée d’au moins autant d’amour que de rancœur correspond parfaitement à la relation établie entre les deux. Les acteurs, qui n’ont pas toujours été au sommet de leur forme cette année, sont ici irréprochables et font honneur au travail de mise en place de ce moment.

La fin de l’épisode est un tournant évident et longtemps attendu pour le scénario qui se déroule maintenant de manière bien plus fluide, mais toujours sans grande surprise. Les enjeux que la conclusion tente péniblement d’installer ne fonctionnent pas, le spectateur sait que le danger n’est pas réel. Si les derniers plans sont en effet chargés en émotion, ils restent malheureusement très convenus.

Au-delà de l’immortalité et de ses dilemmes moraux, l’épisode se recentre sur ce qui se dessine comme étant le thème central de la saison : la ligne presque intangible entre le bien et le mal. Bien qu’appréciant depuis ses débuts la nuance, The 100 a eu tendance à monter des personnages très manichéens dont les jeunes spectateurs de sa cible sont friands. La série grandissant avec son public, elle se permet aujourd’hui un changement brutal de position, le monde est désespérément gris. C’est une leçon que les héros du Skaikru apprennent actuellement à leurs dépens.

À trois épisodes de sa fin de saison, The 100 continue de faire progresser son intrigue et de donner du sens aux multiples intrigues engagées. Si le tout reste pour l’instant conventionnel et manque de courage, cela reste un divertissement agréable, loin d’être toujours cohérent, mais vendant son histoire avec une conviction louable.

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