The Astronaut Wives Club et le coup dans le ventre surprise

The Astronaut Wives Club - Saison 1

Attention ! Cet article comporte des spoilers sur ce qui se passe jusqu’à l’épisode 7 la saison 1 de The Astronauts Wives Club.

Jusqu’à un certain point, The Astronaut Wives Club pouvait être définie comme frivole. Des femmes échangeaient aussi bien les ragots que leurs recettes tandis que leurs hommes faisaient l’histoire. Si l’on ajoute à cela des personnages unidimensionnels, à la vue de ses trois premiers épisodes, la série n’avait que très peu de chances d’intéresser.

Sauf qu’au fur et à mesure, les sujets devinrent plus sérieux, et The Astronaut Wives Club plus intéressante. Les scénaristes utilisent le cadre des années 1960 pour se pencher sur la ségrégation raciale, l’adultère, les retombées négatives de la célébrité, mais aussi – et surtout – sur la condition féminine dans l’Amérique de l’époque. Les femmes d’astronautes et leurs maris incarnent l’espoir aux yeux d’une nation meurtrie dans sa chair par l’assassinat de Kennedy, effrayée par la crise des missiles cubaine ou encore vexée de se faire continuellement battre dans la course aux étoiles par les Soviétiques.

Petit à petit, les femmes d’astronautes sortent ainsi de leur case prédéfinie et s’affirment comme des individus à part entière. Rene, la plus indépendante du lot, s’essaie à une carrière dans l’écriture avant de suivre les Glenn – Annie étant devenue sa meilleure amie – dans leur campagne politique. Elle se heurte à un directeur de journal sexiste, ce qui la pousse non pas à abandonner, mais bien à lui prouver qu’elle est plus que capable d’écrire sur les sujets tabous de l’époque. Dans le pilote, Rene était catégorisée comme la magnifique blonde platine cherchant uniquement à tirer la couverture sur elle ; à la fin du sixième épisode elle devient bien plus et Yvonne Strahovski retranscrit parfaitement ce que souhaite son personnage : ressentir la joie que procure à son mari le fait d’aller dans l’espace. Pour elle, cela ne passe plus seulement par les enfants dont elle s’occupe, mais bien par le fait de laisser une trace dans le monde.

Trudy d’un côté et Jo, Betty et Marge de l’autre œuvrent pour la cause des femmes. Trudy a longtemps été insupportable, son caractère féministe étant l’unique chose définissant son rôle. En agissant au lieu de simplement se plaindre, elle devient plus pertinente et ainsi plus sympathique. Bien évidemment, elle se heurte encore et toujours au machisme ambiant – et notamment dans le monde de la NASA –, mais cela ne l’arrête pas. On en vient même à s’intéresser à ses combats, un comble au vu du pilote.

C’est justement contre ce machisme que se rebellent Jo, Betty et Marge. Elles contestent les règles vieillottes et dépassées de l’entreprise américaine, en particulier en ce qui concerne les protocoles à respecter envers les femmes d’astronautes. Selon elles, la NASA ne se préoccupait pas assez d’elles, que ce soit au niveau du suivi des missions ou lorsqu’un astronaute meurt.

Lors d’une des meilleures scènes de la série, Duncan (le représentant de la NASA) se moque des revendications de ces femmes venues dans son bureau. Lorsqu’il ouvre la porte, il se rend compte qu’elles ne sont pas qu’une poignée, mais bien toutes les femmes d’astronautes concernées par les missions Mercury, Gemini et Apollo. Une belle métaphore – quoique sans doute non souhaitée – par rapport aux changements artistiques qui ont émaillé The Astronaut Wives Club, rajoutant les hommes au casting d’une série sur les femmes d’astronautes (on me dit dans l’oreillette que la logique est morte). Aujourd’hui, les combats des femmes d’astronautes possèdent autant d’intérêt que les missions des hommes, et c’est tant mieux.

Si The Astronaut Wives Club s’en était tenue là, on aurait fait face à une série qui s’améliore d’épisode en épisode, agréable à regarder et parfaite à consommer en été. Cependant, Rendez-vous (1.07) présageait déjà un changement de ton, les actions de Jo, Betty et Marge découlant d’un accident impliquant le décès de quelques astronautes (aucun n’était relié aux personnages principaux). Jusqu’alors, les missions concernant le main cast jouaient sur une tension imaginaire, puisque personne ne pensait que l’un des astronautes du départ pouvait être touché. La mort de trois membres de la mission Apollo I, et notamment celle de Gus Grissom, le mari de l’adorable Betty, nous remet alors durement en face des réalités. Les astronautes vivent certes une vie dangereuse, mais leurs femmes sont celles qui doivent gérer les retombées de tels évènements.

En le voyant une deuxième fois, il est clair que les indices avaient été disséminés tout au long de Rendez-vous. Pour un novice des évènements de la conquête spatiale américaine, l’épilogue n’en est que plus tragique. Un vrai coup de poing dans le ventre.

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