The Bastard Executioner ne tue pas l’ennui avec beaucoup de conviction

The Bastard Executioner

Wilkin Brattle est The Bastard Executioner et il veut se venger. La vengeance est un sujet que l’on assimile facilement avec Kurt Sutter. Après tout, c’était bien souvent au cœur des intrigues de Sons of Anarchy et, pour le scénariste, c’est une excuse pour justifier de la violence.

Peu importe si on se trouve au Pays de Galles au 14ème siècle ou de nos jours en Californie, Sutter ne manque pas d’imagination pour montrer de la violence. C’est une de ses marques de fabrique, l’autre semble être les hommes plus sensibles qu’ils ne devraient l’être, en particulier quand leur travail est de dispenser la fameuse violence, et ce, au quotidien.

Tout cela ne nous donne cependant pas une histoire intéressante. D’ailleurs, rien n’arrive à réellement délivrer cela durant la première moitié de cette saison de The Bastard Executioner. Wilkin prépare visiblement sa vengeance et tue du monde à l’occasion, mais on oublierait presque pourquoi il fait ça – probablement parce qu’il est difficile de s’investir dans un personnage si peu charismatique. Dans le rôle, Lee Jones manque étrangement de présence pour un homme avec sa carrure.

Sutter ne parait pas le réaliser, comme il ne semble pas non plus prendre conscience du fait que son show ne va nulle part. Il offre le minimum d’intrigues de château que l’on était en droit d’attendre. Il ajoute son affaire de vengeance et beaucoup de dialogues pour ne rien dire. L’ensemble est terriblement laborieux et ennuyeux – ce qui n’est pas aidé par la longueur des épisodes.

Le souci avec The Bastard Executioner n’est pas tant que ses débuts manquent de direction, mais que cela ne commence pas à être corrigé après une demi-saison. Ce n’est en réalité qu’un des nombreux problèmes de la série à ce stade.

Entre les platitudes philosophiques (et religieuses), la superficialité des dialogues, l’absence d’un propos et les storylines qui ne prennent pas forme, le show n’a clairement pas ce qu’il faut pour décoller à l’heure actuelle. Le fait que rien de probant ne se passe réellement est ce qu’il y a de plus irritant après le fait que l’ennui est bien la seule chose réellement palpable.

Écrire sur une série qui n’offre pas de quoi former le début d’une analyse substantielle force à se concentrer sur ce qui ne l’est pas. Dans ce registre, il y a certes de quoi faire, mais l’intérêt d’explorer cette voie est limité.

The Bastard Executioner n’a donc pas vraiment fourni de quoi justifier le fait que l’on puisse vouloir s’investir dedans. Si on cherchait quelque chose de positif à dire, on pourrait se tourner vers la performance de Stephen Moyer qui s’avère relativement solide par rapport au reste. Il y a également Lady Love, incarnée par Flora Spencer-Longhurst, qui ne semble pas se trouver dans la bonne série. Elle apporte un peu de sensibilité dans cet univers qui manque de tant de choses, ce qui n’est pas réellement suffisant au bout du compte.

Kurt Sutter ne parait pas vraiment savoir ce qu’il fait et, surtout, il n’est visiblement pas la personne requise pour écrire sur l’occupation anglaise du Pays de Galles à la fin du Moyen-âge. The Bastard Executioner n’a pas la bonne histoire à raconter sur cette période, à cet endroit spécifique. La politique est trop vague, les personnages ne sont majoritairement pas investis dans le sujet et la reconstitution est quelque peu simpliste et globalement pauvre.

Concrètement, The Bastard Executioner a une demi-saison pour prouver qu’elle peut offrir quelque chose de pertinent que ce soit au niveau du divertissement ou de la dramaturgie. Si les cinq premiers épisodes sont une indication, autant ne pas trop espérer un sauvetage, car il pourrait ne jamais arriver.

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