Encouragé par les activités nocturnes de sa soeur avec Leonard, Raj découvre les joies de la colocation avec Sheldon. Bernadette et Howard font face à la promotion professionnelle de la jeune fille.

Drôle de parti pris d’avoir favorisé Raj comme personnage central de ce season finale.

Une conclusion en forme d’interrogation répond aux enjeux peu importants développés jusqu’ici, et c’est pour arriver à cette fin que le nouveau colocataire de Sheldon a reçu l’autorisation de pouvoir se déplacer davantage dans le cadre. Délaissant rapidement une originalité geek qui bâtit les meilleurs épisodes de la série, cette valse entre les appartements ne parvient qu’à mettre en lumière une étrange importance de l’espace géographique, une position que nous découvrons vitale pour tous les personnages. Seul Sheldon peut alors danser à son propre rythme, se démarquer par des mouvements qui n’appartiennent qu’à lui.

The Roomate Transmogrification tente de faire croire pendant longtemps qu’il s’agit d’un épisode sur les relations des personnages. Le jonglage entre les différents microcosmes du groupe d’amis essaie maladroitement de dissimuler le véritable propos de l’épisode : un besoin presque pathologique de faire partie de l’appartement de Leonard et Sheldon pour exister un minimum. C’est alors que l’administration extrême du lieu prend un tout nouveau sens, le scientifique n’exagère pas en volant une goutte de sang à son ami, car c’est l’autorisation même de vie filmique qui semble gracieusement accordée. En pénétrant dans ce lieu sacré, Raj peut avoir un épisode à lui, il devient le confident de Penny puis son amant, aucune extravagance narrative ne lui est alors refusée.

À côté de cette brutale révélation, toutes les storylines ne peuvent espérer que de l’anecdotique. L’importance de la durée de vie des couples paraît extrêmement relative, peu importe le niveau d’engagement, des fiançailles de Bernadette et Howard à la jeune relation entre Priya et Leonard, le même manque d’investissement scénaristique permet de rappeler l’absence cruelle de liens que le spectateur a avec eux. La figure de Sheldon, entre Dieu tout puissant qui autorise une existence et propriétaire de la caution d’originalité du show, use encore de ficelles que l’on connaît par cœur.

C’est toute la notion de season finale qu’il faut interroger au travers de la dernière scène en forme de bouquet final. Tous défaits, les personnages constatent les dégâts : la sitcom ne peut fonctionner en ne s’appuyant que sur du relationnel. En soustrayant Sheldon, la série ne ressemble plus qu’à une bouillie sans le moindre goût, ici vague digestion d’une scène de théâtre de boulevard. Penny s’écriant « Ciel, mon ex ! » aurait finalisé le manque total d’originalité de l’écriture et surtout la fuite en avant des mécanismes propres au show.

 

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