Après un manque de succès certain lors de l’une de ses conférences, Sheldon demande à Penny de lui enseigner quelques rudiments théâtraux. Raj, quant à lui, se laisse aller à imaginer une suite au compliment que lui fait Bernadette.

À l’éparpillement total de la dernière fois, cet épisode répond par la mise en valeur de deux blocs bien distincts. Ainsi, en empêchant un débordement, de manière quasi systématique, sur les personnages qui n’ont pas de fonction propre, on s’assure de la création de deux intrigues différentes et facilement reconnaissables, malgré l’illusion donnée par une première scène de groupe.

Pour faire démarrer la machine cette semaine, il fallait convoquer un retour aux sources qui n’est pas franchement dissimulé : la condescendance et l’asociabilité de Sheldon qui s’expriment face à un public non averti ou la réunion, forcément très geek autour de facebook et twitter, des personnages de base de la série. L’échec annoncé et moqué du scientifique, qui ressemblerait le plus à un insecte s’il avait quatre jambes de plus, devient alors prétexte au lancement de sa storyline.

Les interactions entre ce dernier et sa voisine ont toujours très bien fonctionné, Penny opposant sans cesse son culot naturel et son ancrage solide dans le monde réel au savoir aérien de Sheldon. Rien de bien nouveau sous le soleil hebdomadaire donc, l’inversion des rôles d’élève et de professeur n’étant  qu’une illusion pour montrer l’éternel grignotage progressif de l’un sur les nerfs de l’autre. On ne peut que regretter alors que le délire improvisé n’aille pas plus loin, surtout pour laisser sa place à une infantilisation, devenue dangereusement régulière, de Sheldon.

Pour excuser, semble-t-il, cette sensation de déjà vu provoquée par ses deux amis, Raj va alors proposer une situation totalement inédite. En plus d’une mise en valeur des plus rares, le personnage multiplie les pensées de haute trahison envers son meilleur ami.  Si les saynètes écrites par un dialoguiste de films pornographiques sont inégales et manquent de surprise, surtout la troisième fois, il est assez rafraîchissant de voir Raj quitter sa position de faire-valoir. Les intentions quant à cette storyline sont toutefois laissées en suspens : rythmique surjouée d’un épisode en mal d’inspiration ou début d’un véritable arc narratif ?

Antithèse du dernier épisode, cette semaine a de quoi nous laisser sur notre faim, entre les occasions manquées d’un côté et le flottement de l’autre. Il faut toutefois piocher un lot certain de satisfaction  comme la visibilité retrouvée de Raj, des dialogues toujours solides (la vanne sur Dark Vador et le début d’impro), ou le rôle durement gagné par Bernadette, personnage quasi inutile jusque-là. En feignant finalement d’oublier la sous-utilisation de Leonard, il n’est plus compliqué d’apprécier l’épisode jusque dans ses inégalités.

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