The Blacklist : The James Spader Show (saison 1)

The Blacklist saison 1

Considéré comme l’un des fugitifs les plus recherchés par le FBI, Raymond « Red » Reddington se rend à l’agence gouvernementale et propose un partenariat qu’elle ne peut refuser, sous une condition : il accepte de parler seulement à Elizabeth Keen, profiler débutante.

Avoir un criminel associé au FBI n’est pas un concept neuf, que celui-ci soit de l’envergure de Reddington l’est un peu plus. C’est là-dessus que reposera beaucoup la première saison de The Blacklist.

Première série du scénariste Jon Bokenkamp, The Blacklist se présente comme un show policier-action qui bénéficiera des talents du réalisateur Joe Carnahan (aussi producteur) pour s’offrir une mise en bouche de qualité.

Cependant, plus que tout, le show repose sur les épaules de sa tête d’affiche : James Spader. Dans la peau de Red, criminel enthousiaste, intelligent, arrogant, théâtral et fin manipulateur, l’acteur s’en donne à cœur joie. Il embrasse le tempérament flamboyant de son personnage, n’hésitant pas à aller dans les excès et à multiplier les mimiques pour faire de Reddington un homme aussi sympathique qu’impitoyable. Il insufflera même de l’ambigüité là où il en manquera trop souvent, maintenant à flots la saison lors de ses multiples égarements. Il y a cependant des limites à ce que l’acteur peut faire et les scénaristes vont travailler durement à rendre les plus grandes faiblesses du show visibles.

Nous avons tout d’abord une formule bien établie, avec Red fournissant un nom ou des informations au FBI qui part ensuite à la recherche d’un dangereux criminel dont le bureau ignorait la plupart du temps l’existence. Reddington exige de communiquer avec l’agent Elizabeth « Liz » Keen et celle-ci occupe donc les devants, Megan Boone partageant ainsi l’affiche avec Spader.

Elle s’impose comme l’autre personnage du show, apportant une touche de féminité et de sensibilité bienvenue, mais aux effets limités. Comme nous, Elizabeth est dans le brouillard sur les réelles motivations de Red, si ce n’est que l’arrivée de ce dernier dans sa vie va tout bouleverser autour d’elle – sur un plan aussi professionnel que privé.

Les secrets s’entassent au fur et à mesure que la saison 1 de The Blacklist progresse, le principal étant alors le lien entre Red et Keen. Quelle est sa véritable nature et pourquoi le criminel refuse de fournir ne serait-ce qu’une réponse à son interlocutrice qu’il considère si importante ? Si un moment, l’équipe créative aura pu laisser entrevoir la possibilité d’un brin d’explications, celui-ci s’évanouira souvent. Au bout de 22 épisodes, on a appris à connaitre Red et Liz et la situation a changé, mais on ne sait pas grand-chose de plus qu’au commencement.

Autant dire qu’on avance à l’aveuglette, devant décrypter autant que possible les motivations les plus profondes de Red, au-delà d’un attachement visible pour l’agent Keen dont on ne connait pas l’origine.

Retour alors à la formule, nous éloignant des plus troublantes questions pour nous entrainer dans des chasses à l’homme en tous genres. Les criminels pourchassés sont aussi divers que dangereux, et certains épisodes parviendront à offrir des portraits particulièrement travaillés et même fascinants. Cela n’est cependant pas une généralité, et pour quelques affaires passionnantes, nous en avons aussi qui manquent véritablement d’envergure et d’intérêt.

Le FBI, dans cette histoire, est aux mains de Red qui manipule l’agence avec une aisance déconcertante. C’est problématique au départ, car les agents agissent dès lors de façon plus ou moins stupide. Le phénomène finira par prendre une forme tolérable jusqu’à trouver une justification plutôt logique, malgré le fait que le reste autour ne l’est pas toujours. À l’exception de l’agent Ressler, l’équipe se révèle mal ou pas développée, avec un comportement très automatique, extirpant le peu de vie que leurs scènes devraient posséder.

À l’arrivée, cette première saison de The Blacklist permet sans conteste à James Spader de montrer tout son talent, mais ce n’est pas comme s’il avait vraiment besoin de prouver quoi que ce soit. Il porte la série sur ses épaules, ne pouvant certainement pas compenser pour un scénario qui prend la forme d’un puzzle où il faut retrouver les pièces pour que cela prenne du sens. Seul problème : l’équipe créative ne souhaitait pas révéler grand-chose ici et cela nous entraine dans une histoire remplie de secrets et de non-dits qui deviennent étouffants. The Blacklist est régulièrement frustrante à regarder. Elle ne peut même pas pallier avec des développements secondaires, vu qu’elle refuse de véritablement porter attention à la majorité de ses personnages et se montre plutôt aléatoire dans la qualité de ses affaires policières. Autant dire que The Blacklist a une bonne marge de manœuvre pour s’améliorer en saison 2.

Un air de déjà vu ? C’est normal, cet article a déjà été publié en fin de saison américaine. Il est remis en avant à l’occasion de la diffusion sur TF1 à partir de ce soir à 20h50.
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