The Bold Type Saison 2 : bulles, belles et rebelles

16 Août 2018 à 12:00

Avec cette saison 2 de The Bold Type, nous retrouvons Sutton, Kat et Jane en proie avec leurs décisions, leurs convictions et leurs échecs respectifs, toujours à Scarlet ou autour. En comparaison avec la première saison, pas de changement majeur, si ce n’est que le trio se retrouve amputé d’un membre au journal, Jane étant partie voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Kat revient de voyage, tandis que Sutton se plonge dans le travail pour oublier Richard.

Rapidement dans cette seconde fournée, Jane apparaît en être le centre, autant personnellement que professionnellement. Coincée entre deux prétendants, Ryan le fougueux journaliste et Ben le charmant et religieux médecin, elle doit faire face à un problème de fertilité dû à sa possible future maladie. La situation n’est pas des plus excitantes, exploitant le triangle amoureux sans réelle innovation ni passion, surtout quand sa vie professionnelle la définit avec plus de pertinence.

Jacqueline (Melora Hardin) est possiblement la patronne la plus intéressante qu’il m’ait été donné de voir à la télévision. Patiente, directe, sentimentale, mais jamais faible, elle apparaît loin des clichés souvent véhiculés pour être quelqu’un de juste envers ses employés et notamment Jane, sa protégée. Elle n’hésite pas à s’ouvrir à elle sur son agression, mais ne flanche pas quand il s’agit de lui donner une leçon utile pour la suite. De fait, alors que Jane était partie travailler pour un autre magazine, expérience se soldant par un échec, Jacqueline refuse son retour pour lui inculquer la persévérance et le dur labeur. Quand elle finira par la reprendre, elle ne se montre ni impitoyable ni laxiste, mais la pousse au meilleur, ce qui pour Jane est de trouver des sujets de société par un angle différent.

Le problème de The Bold Type n’est certainement pas qu’elle n’essaie pas. Les sujets de société sont encore mis sur la table là où beaucoup de séries se révèlent frileuses. Cancer du sein, port d’arme, religion, beaucoup y passent avec plus ou moins de délicatesse. Car si le bât blesse par rapport à la première saison, c’est dans l’exécution. Maladroite, la série se révèle plus prévisible aussi, allant sur des terrains plus usités, mais toujours intéressants. Le débat entre Jane et Sutton sur le droit à l’armement personnel aurait par exemple pu avoir un écho bien plus profond si cela ne sortait pas de nulle part, comme si le sujet était un problème à cocher sur la liste des choses à aborder. De même pour l’afro-américanisme de Kat, ô combien intéressant, mais qui tombe comme un cheveu dans la soupe et ne revient plus par la suite.

Un autre des soucis de la série est le développement de la relation entre Kat et Adena. Là où la première saison plongeait intelligemment dans l’intersectionnalité entre religion et homosexualité, la seconde tente de se la jouer ouverte sur les différents types de relation, mais avec moins de finesse. Adena autorise Kat à explorer une sexualité encore fraîche et balbutiante, mais si celle-ci s’amuse en effet, la facilité avec laquelle cela est fait est déconcertante. Même un covoiturage lui apporte une conquête, comme s’il suffisait de tendre la main pour qu’on la bise. La paresse de l’écriture pour aller au plus rapide enlève la phase d’apprentissage qui aurait pu être le cœur du propos. Si les choses se régularisent sur la fin, cela donne une image un peu trop unidimensionnelle du couple là où Adena avait clairement un message à porter avec son voile, son homosexualité et sa religion.

La constance de la série se trouve alors chez Sutton. La jeune femme avance doucement, mais sûrement, moins impliquée dans les débats que la série veut porter. Une fois lestée (ou presque) de sa relation avec Richard, elle se concentre sur son travail et expérimente le milieu de la mode et ses succès et travers. Elle se construit seule, se voulant pour unique modèle de réussite et cela fonctionne. L’amour revient en fin de saison, mais une fois que son parcours professionnel s’est éclairci et qu’elle ne fait plus l’un au détriment de l’autre. C’est simple, mais intéressant.

Celles qui doivent inspirer et représenter les femmes d’aujourd’hui ont donc une baisse en seconde saison, mais celle-ci reste vraiment relative, leurs aventures quotidiennes restant tout de même de bonne facture, avec assez de cœur et de fraîcheur pour nous faire rester même quand elle est moins mordante. The Bold Type possède assez de punch et de personnages intéressants pour traverser quelques coups de mou, et l’on retournera à Scarlet pour une saison 3 avec plaisir.

Cette saison 2 de The Bold Type est disponible en France sur Amazon Prime Video sous le titre « Celles qui osent ».

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