Le pape est mort. Rodrigo Borgia complote pour remporter l’élection et devenir le nouveau pape, Alexander VI. Cette position ne vient pas sans sacrifices, ni même danger. Il doit alors consolider sa position et résister à ses ennemis qui veulent déjà le voir laisser sa place à un autre.

Après The Tudors, Showtime poursuit dans la fiction historique avec The Borgias, une famille espagnole qui s’imposera dans la politique italienne du XVe siècle. On retrouve derrière la même boite de production, qui assure alors un travail technique (costume, visuel) très beau – comme on pouvait s’y attendre. Le créateur même de The Tudors, Michael Hirst, est d’ailleurs impliqué dans la série. De quoi tenter ceux qui ont aimé la première, mais il n’y a pas de raison de décourager les autres, car l’histoire qui nous est racontée ici est bien différente.

Tout commence avec la mort du pape et les complots qui s’ensuivent pour l’élection de son successeur. The Borgias plonge alors dans une mise en scène trop classique pour parvenir à captiver. Il faut alors attendre que Rodrigo Borgia soit élu papa Alexander VI pour que l’épisode se lance véritablement.

Celui nous introduit donc aux membres de la famille, dont le fils Cesare Borgia, s’imposera naturellement, et s’affirmant comme le plus intéressant. L’ensemble nous expose donc solidement ses motivations, pris entre ses propres ambitions qu’il ne peut accomplir à cause des volontés de son père et de sa foi en sa famille pour laquelle il ferait n’importe quoi. Deux mondes qui entrent en collision, car Rodrigo Borgia a choisi Dieu.

Il prend rapidement les dessus, s’affirmant ici comme le plus complexe des Borgia. Sa jeune sœur Lucrezia nous est avant tout introduite comme une jeune fille assez naïve que la suite se chargera assurément de détruire, et de la placer au cœur d’un conflit entre le père et le fils, Cesare étant tout particulièrement liée à sa jeune sœur. Les deux autres frères de la famille, Juan et Joffre, sont principalement entr’aperçus (ce qui est largement compréhensible pour le second, étant le plus jeune).

Quoi qu’il en soit, il est bien plus facile de saisir ce qui anime Cesare que de se prendre des manigances qui se jouent au Vatican, où l’on tente d’imposer un Rodrigo Borgia comme un pape à éliminer, mais qui n’est pas totalement au courant de tout ce que son fils fait pour le maintenir à sa place (et en vie). En fait, Rodrigo ne parait pas pire qu’un autre, même quand il se doit de consolider sa position auprès des cardinaux. Il a clairement des faiblesses – tout particulièrement sur un plan féminin. L’épisode pêche avant tout dans sa volonté d’exprimer la croyance de l’homme (crédible), mais qui se heurte à la corruption. Les deux éléments ne parviennent alors pas à complètement s’exprimer. Ses opposants ne sont pas non très vertueux, et il est évident qu’on tient là un pan de l’histoire qui va avoir besoin de quelques épisodes pour trouver la dimension nécessaire pour donner du poids au combat d’autorité et de religion qui doit se jouer.

Car en somme, The Borgias possède tous les éléments classiques pour faire une bonne série – pouvoir, sexe et religion –, et la suite de la série se devra de tout équilibrer pour parfaitement exploiter l’histoire. En attendant, elle nous offre un premier épisode d’1h30 qui est visuellement aussi beau qu’on pouvait s’y attendre et qui parvient à imposer la plupart de ses personnages avec conviction.

Cette critique a été publiée une première fois le 25 mars 2011.