The Casual Vacancy : Un village anglais (mini série)

The Casual Vacancy

Après Harry Potter, il semblait logique de voir J.K. Rowling adapté, quel que soit le roman que l’auteur publierait en succession des aventures du sorcier de Poudlard. Voici donc Une place à prendre dans son titre français, gros best-seller de 2012. Mais si Harry, Hermione et Ron avaient eu les honneurs du grand écran, The Casual Vacancy a préféré prendre la forme de trois épisodes, qui seyaient mieux au format, malgré quelques coupes dans les intrigues secondaires et un changement – paraît-il majeur – du dénouement par rapport au livre.

The Casual Vacancy s’intéresse donc à une petite communauté villageoise contemporaine. Ces petits villages fleuris, sa population polie et charmante, son centre ville bourgeois et sa périphérie réservée aux drogués et autres exclus sociaux qu’il vaut mieux ne pas fréquenter. Barry Fairbrother (Rory Kinnear) est un de ces hommes appréciés dans ce petit village de Pagford. Très investi à aider son prochain, le cœur sur la main, il est indispensable. Mais quand Barry meurt par accident, c’est tout le village et sa sacro-sainte figure d’unité et de modernité qui part à vau-l’eau. Barry étant également membre du comité paroissial de Pagford, le village doit procéder à une élection pour désigner son successeur. Mais remplacer Barry ne sera pas chose aisée et les stratégies de chacun pour garder ses positions dominantes ou pour préserver ses secrets seront évidemment mises à mal.

Scénarisée par Sarah Phelps (Camelot, Great Expectations), The Casual Vacancy ou Une place à prendre est donc une dramédie sociale sur la nature humaine, la famille et le rôle étouffant et sectaire de la communauté. Ses problématiques prennent corps au cœur d’une narration qui est cependant trop classique, bien que loin d’être désagréable à regarder. Malgré des rebondissements à intervalles réguliers et un premier épisode intriguant, une certaine fainéantise s’installe dans la manière de raconter l’histoire. Cela se ressent auprès de quelques personnages qui sont traités un peu à la légère. Colin Wall (Simon McBurney) et Miles Mollison (Rufus Jones) par exemple, deux des candidats au siège laissé vacant par Barry, mais qui sont poussés par des forces (et des pressions) qui les dépassent, font exactement ce que l’on attend d’eux.

Ce sont d’ailleurs les femmes de Pagford qui sont les éléments forts, surtout qu’aucun homme ne trouve grâce aux yeux de Rowling ou de Phelps. Lâches, trompeurs, couards, arrogants… il y en a pour tous les goûts. La campagne électorale est prise en main par des femmes, qui trouvent quoiqu’il arrive le temps d’affirmer leur position, de secouer leurs pleutres de maris et de maintenir leur famille, leur village et leurs valeurs intacts. The Casual Vacancy tient ici un discours rafraichissant, plus subtil qu’il n’y paraît et sacrément affirmé sur la place des femmes dans la société.

Si la série reste donc très classique dans sa narration, sa réalisation se révèle bien plus intéressante. Dans une ambiance baignée de lumière et de rues fleuries, Jonny Campbell (réalisateur de la saison 1 d’In The Flesh) filme cette communauté sous tous les angles et pas les plus flatteurs. Tout ce petit monde fait semblant de s’entendre ou de cacher ses secrets, sans jamais vraiment y parvenir. Le contraste entre le cadre idyllique et estival de Pagford et la noirceur de ce qui anime certains habitants du village donne à The Casual Vacancy un air de piège mortel. Les quelques adolescents qui peuplent ce village observent (mais pas que) la fatalité les poursuivre et le sort, pour certains, s’acharner.

Le tout est interprété à la perfection et c’est sans doute le meilleur argument de vente pour regarder ces trois heures de fiction. Notons alors spécifiquement Michael Gambon en patriarche cynique et mégalo incarne on ne peut mieux la vieille bourgeoisie conservatrice. Dans la peau de Simon Price, le demi-frère de Barry, Richard Glover est également impeccable.

The Casual Vacancy possède donc de nombreux arguments pour être vu, mais ne s’affirme pas comme un must see de la fiction anglaise : trop prévisible, un peu trop systématique dans son déroulement et cédant pour certains personnages à un happy end un peu facile. Cette mini série est cependant rattrapée par une noirceur diffuse, une observation assez pointue des mœurs contemporaines où l’individuel réussit à tuer le collectif, et à une interprétation sans faute de l’ensemble de la distribution. Il est en tout cas certain que vous ne regarderez plus la campagne anglaise de la même façon.

Une place à prendre est disponible en DVD depuis septembre 2015.

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