Depuis la mort de son père, un adolescent est devenu accro à la methamphétamine. William Banks est alors approché pour intervenir.

Plongé dans les eaux troubles de la drogue avec Benjamin Bratt en guide. The Cleaner, nouveauté A&E s’inspire d’une histoire vraie, d’un homme qui a, comme on nous le dit, sauvé 257 personnes.

Nous faisons donc connaissance avec William Banks, ancien drogué, qui a passé un pacte avec le bon Dieu. S’il s’en sortait, il aiderait les autres. Son parcours ne se réduit pas à cela, car on découvre au fur et à mesure ses connexions avec son équipe, et sa famille. Ses partenaires de travail sont comme lui, ils sont tombés en enfer, avant de remonter à la surface : Akani Cuesta (Grace Park), Arnie Swenton (Esteban Powell), Mickey Efros (Gil Bellows). Ils ont tous une relation particulière avec Banks, entre l’amitié et la surveillance. Il n’a aucun mal à les soupçonner d’être retombé dans le vice, même s’il s’agit de porter des soupçons sur un ami de plus de 20 ans. Ce sont donc des relations franches et honnêtes, avec des personnes qui semblent avoir trouvé dans le travail qu’ils effectuent avec Banks une sorte de salut. Tout le monde se connaît avant que le spectateur s’immisce dans leur vie, et pourtant, cet aspect est extrêmement bien géré. Il n’y a pas de sensation d’intrusion, et si, quelques dialogues (comme Banks parlant à Dieu en disant que oui, il a couché avec Akani) semblent être ici juste pour qu’on le sache, ce n’est pas franchement gênant.

Le travail de Banks et de ses hommes est donc de sauver des inconnus de leur problème de drogue, de jeux ou d’autres addictions. Il ne s’agit pas de petits dossiers, mais à l’évidence, de cas assez grave. The Cleaner a le mérite de ne pas plonger dans l’extrême, comme on aime tant le faire dans un pilote. L’adolescent auquel nous avons à faire est banal, son addiction forte, mais finalement, l’intervention parait assez minime. La famille avait besoin de quelqu’un comme déclencheur, et pour l’action. On ne nous balance pas le gros cas à la figure, c’est une mise en bouche réfléchie, qui ne laisse que vaguement apercevoir le travail qu’effectue réellement Banks.

Ce qui marquera réellement n’est pas cette partie, car un des membres de l’équipe mourra à la fin, après avoir replongé à cause de ses problèmes, affirmant une fragilité psychologique qui ne se développe que quand on est accro, et surtout, la facilité avec laquelle il est facile de replonger.

Plus difficile à cerner avant la fin de l’épisode se trouve être la complexité de la famille. Banks est marié, il a deux enfants, et oublie souvent de faire son devoir paternel, pris dans son travail. On ne sait pas depuis quand il a arrêté la drogue, ni depuis quand il effectue ce job si particulier. Il aime sa femme, et il semble que cela soit réciproque, mais le passé a cassé le couple et la confiance, et il doit se reconstruire. Les enfants sont là, avec l’envie d’être avec leur père, et, on le découvre à la fin, ne sachant pas la vérité jusqu’à ce que Banks leur dise. La famille s’affirme donc surtout quand on découvre tout ce qui se cache, le nombre de séparations qu’il y a eu, le séjour en prison de William, ainsi qu’en cure de désintoxication, et le fait que le couple dort encore séparé.

The Cleaner ne possède pas un pilote imparfait, qui souffre de maux courants, comme un certain manque de rythme dans certaines scènes ou quelques flous, car l’on découvre les personnages. Sa principale qualité est son étonnante sobriété, un adjectif que l’on utilise peu pour les premiers épisodes d’une série. Le casting est impeccable et convaincant, la bande-son et l’image sont travaillés, participant à créer une ambiance et une identité à la série, qui, maintenant, ne demande qu’à pleinement s’affirmer.

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CaroleC
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