IL Y A DES SERIES QUI NOUS ATTIRENT PLUS QUE D’AUTRES. IL Y A DES SERIES QUI NOUS DEÇOIVENT PLUS QUE D’AUTRES. CHEZ CRITICTOO, NOUS AVONS DECIDE PENDANT QUELQUES SEMAINES DE PARLER DE CE QUI FAIT MAL : CES CREATIONS QU’ON ETAIT PRETS A AIMER, MAIS QUI SONT PASSEES A COTE DE LEUR SUJET OU QUI N’ONT PAS SU REMPLIR LE CONTRAT.

The Crazy Ones était probablement l’une des sitcoms les plus attendues de la rentrée 2014. Diffusée sur CBS, cette comédie de 22 épisodes signait le grand retour à la télévision de Robin Williams trente ans après la fin de Mork & Mindy ainsi qu’un tournant dans la carrière de Sarah Michelle Gellar. Le tout sous la direction du très apprécié David E. Kelley.

Le papa de La Loi de Los Angeles (L.A. Law), Chicago Hope, Ally McBeal ou encore Boston Justice voulait faire de The Crazy Ones le pendant contemporain et comique de Mad Men et l’idée avait un gros potentiel. Robin Williams et Sarah Michelle Gellar incarnent Simon et Sydney Roberts, père et fille à la tête d’une agence de publicité américaine de renom. Entourés d’une équipe de choc, Zach (James Wolk), Andrew (Hamish Linklater) et Lauren (Amanda Setton), ils enchaînent les projets et composent avec les aléas du métier.

Excellent showrunner, casting talentueux et concept aguicheur, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de la série le prochain hit de CBS et le successeur de The Office. Malheureusement, The Crazy Ones n’était pas à la hauteur des attentes et laisse aux courageux ayant fini l’unique saison un goût amer et une impression de gâchis. La série est pourtant loin d’être mauvaise, on passe un agréable moment devant The Crazy Ones : Robin Williams fait le clown, quelques blagues font mouche, la réalisation est impeccable, mais le tout est finalement creux.

La série manque effectivement d’enjeux. On se rend vite à l’évidence que The Crazy Ones ne sera pas la critique subtile de la société de consommation et d’une nouvelle génération un peu perdue qu’elle aurait pu être. Après tout, pourquoi pas, toutes les bonnes comédies n’ont pas à être d’une profondeur extrême. Le gros problème, c’est que les héros n’ont aucun but, aucune ligne directrice et qu’il faut attendre les derniers épisodes avant que se dessine ce qui pourrait s’apparenter à du développement de personnages.

The Crazy Ones aura au moins permis de mettre en lumière le talent comique trop sous-estimé de Sarah Michelle Gellar. Robin Williams est, quant à lui, très bon, c’est un rôle typiquement taillé pour lui et il délivre ce à quoi il nous a habitués. C’est sans surprise, mais cela fonctionne. Le duo, par contre, met du temps à trouver ses marques. Dans chacune de ses scènes, Robin Williams est écrasant et prend tout l’espace. Les premiers épisodes tâtonnent et oscillent entre déséquilibre et malaise. Il faudra malheureusement trop de temps à The Crazy Ones pour trouver son rythme et affirmer sa personnalité.

La force de The Crazy Ones réside dans ses guest stars, notamment Kelly Clarkson, Adriana Lima, Kareem Abdul-Jabbar dans leur propre rôle, et bien d’autres venus interpréter des personnages secondaires (Ashley Tisdale, Gail O’Grady, Joshua Gomez). Une grande partie des ressorts comiques de The Crazy Ones repose sur les situations cocasses que les invités créent et celles un peu méta qui en découlent. Cela marche bien, mais cette abondance d’invités prestigieux est à double tranchant et empêche la série d’exister par elle-même. The Crazy Ones se construit alors autour des invités au lieu de les faire contribuer à l’arc global, c’est dommage.

L’impression finale est que The Crazy Ones ne sait pas où elle veut nous emmener et qu’elle ne sait manifestement pas quoi faire du talent de ses acteurs qui errent désespérément à la recherche d’un scénario pertinent. Sitcom sympathique, mais aussi rapidement regardée qu’oubliée, on pouvait attendre mieux de David E. Kelley qui n’a pas su appréhender le format 20 minutes. Il s’attèlera de nouveau à réaliser de la série avec de grosses têtes d’affiche dans un tout autre style avec Goliath, puis Big Little Lies.

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