The Deuce Saison 2 : Le changement vient difficilement pour tout le monde

21 Nov 2018 à 12:00

De retour avec le second volet de leur triptyque sur l’industrie du sexe dans le Manhattan des ‘70s, George Pelecanos et David Simon continuent donc l’histoire de The Deuce en commençant par un petit bond dans le temps.

Cette saison 2 reprend ainsi 5 ans après la fin de la première. On retourne dans le quartier et, même si les choses ont changé pour certains, on ne risque pas trop de se perdre. Certes, « Candy » (Maggie Gyllenhaal) est désormais réalisatrice de films pornographiques, Vincent gère encore plus de bars et Chris est à présent un détective dans la division homicide, mais les autres sont plus ou moins là où on les avait laissés.

Concrètement, il est assez aisé de replonger dans The Deuce et c’est un peu le problème. Les scénaristes sont confortables avec leur sujet et sont bien trop familiers avec leurs personnages. Peu de nouveaux visages sont apparus et l’on nous dit que même les prostituées qui ont quitté la rue pendant un temps sont revenues.

Pourtant, la première saison se terminait en suggérant que la vie dans le quartier allait continuer à évoluer. Le changement est visiblement lent. Après tout, comme Chris le signale, chaque nouvelle opération de nettoyage n’est qu’un coup médiatique après un autre pour satisfaire des politiciens à la recherche d’une réélection.

La stagnation — ou plutôt, la difficulté de changer — devient le propos de la série. C’est un thème récurrent dans l’œuvre de David Simon qui est ainsi de retour dans The Deuce. Si l’on veut voir ce qui évolue, il faut se concentrer sur les détails et, surtout, sur la fatigue qui touche les personnages. C’est particulièrement le cas de Vincent qui est à bout, mais ne peut pas faire marche arrière, car trop de monde dépend de lui à présent.

Dans cette série, changer se fait dans la douleur et laisse des cicatrices qui ne sont pas prêtes à disparaitre. Personne ne l’illustre plus que Dorothy (Jamie Neumann). L’ancienne prostituée connue sous le nom Ashley qui travaillait pour CC (Gary Carr) il y a cinq ans est de retour. Elle vient pour aider à nettoyer le quartier. Pour sauver les filles et, par conséquent, pour se venger de CC en attaquant son gagne-pain. Dorothy a réussi à se reconstruire une vie, mais elle n’a jamais retrouvé complètement le contrôle sur son existence jusqu’au moment où elle a finalement pu faire face à CC. Même après cela, elle ne peut pas vraiment aller de l’avant.

Dans ce sens, The Deuce continue à gratter sous la surface. À travers « Candy » et Lori (Emily Meade) qui voient leurs carrières progresser ou encore Darlene (Dominique Fishback) qui suit une voie différente pour regagner son indépendance, cette saison 2 est au sujet de femmes qui s’extirpent de l’emprise des hommes qui les contrôlaient. Et quand elles y parviennent, ce n’est jamais aussi satisfaisant qu’escompté. Ce n’est en fait que le début.

En parallèle, on suit donc la perte de pouvoir des proxénètes, et ce, d’une manière souvent secondaire, car ce n’est plus leur histoire. C’est pour cela que l’accent est principalement porté sur CC qui doit incarner le mal qui ronge le Deuce et qui sent que sa fin est proche. Le souci est que son intrigue n’est qu’un écho de celle de la saison 1, ce qui s’impose comme étant un poids un peu lourd à trainer. C’est d’autant plus flagrant quand Larry Brown (Gbenga Akinnagbe) quitte son rôle pour en tenir un autre, devenant à son tour un travailleur sexuel. C’est une nouvelle perspective qui n’est finalement abordée que trop tardivement et cette intrigue vaut alors surtout pour la performance de l’acteur.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul membre du casting qui aide à sérieusement élever une saison qui se retrouve rapidement limitée par le refus des scénaristes à bousculer leur show.

Concrètement, le changement n’est pas uniquement difficile à réaliser et à accepter pour les protagonistes de The Deuce, il l’est également pour son équipe créative. Nous avons alors une saison 2 dont le propos se heurte bien souvent à des obstacles posés sa route au milieu de storylines qui peinent en partie à justifier leur existence d’un bout à l’autre. Cependant, la série conserve son mélange de sensibilité et d’authenticité, sans oublier ses régulières pointes d’humour, qui ont fait son succès au point de départ. Elle parait juste ne pas toujours être le véhicule adapté pour les thématiques développées et c’est assez regrettable.

La saison 3 sera la dernière et l’on peut espérer qu’elle offrira un récit mieux maitrisé.

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