Le Président Martinez, fraichement élu, apprend l’existence d’une installation secrète en Alaska, et ordonna la libération des détenus. Sean Walker est en croisière avec sa fiancée Leila, qui va mystérieuse disparaître. À Miami, un avion s’apprête à s’écraser sur le lieu de retraite du président… Mais, ce n’est pas tout !

The Event arrive dans le paysage télévisuel pour occuper les places laissées vacantes par Lost, Flashforward ou encore 24. C’est bien évidemment sa force première : elle arrive alors que toutes celles jouant dans la même cour qu’elles sont terminées. Cela fait qu’elle a tout l’espace nécessaire pour s’épanouir, avec un tant soit peu de maitrise.

Le pilote laisse apparaître que cela doit être suffisamment le cas pour que The Event ne soit pas qu’un pétard mouillé. Mais, c’est assez rapidement que la série devra le démontrer, car la structure narrative du pilote se sera sûrement déjà chargée de rendre les choses plus compliquées qu’elle ne devrait l’être, sans pour autant donner à The Event la solidité nécessaire pour tenir sur la durée. En gros, l’introduction s’exerce avant tout à positionner ses pions – entrainant par la même occasion ses questions et mystères – mais ne fournit pas plus. Pour que l’histoire prenne une réelle consistance, il va sans aucun doute falloir expliciter quelques faits fort rapidement.

Mais, retour sur ce qui se passe au sein de ce pilote, qui nous introduit divers protagonistes – La famille Buchanan, le Président et son entourage, Sean – qui vont tous être rattachés de façon plus ou moins solide les uns aux autres. Il y a un évènement qui se prépare, mais nous ne savons pas quoi. Il y a une libération qui doit avoir lieu, mais nous ne savons pas de qui. Il y a Leila Buchanan qui disparaît de la surface de la Terre, mais nous ne savons pas comment.

Pour mettre en place la conjoncture qui aboutira sur la scène finale, The Event va jouer avec le temps, changeant de point de vue de personnages, tout en remontant le temps. Heures, jour, mois. De quoi au départ largement agacer, car cela empêche de complètement s’immerger dans le récit. Le but de la manœuvre est pourtant louable, et surtout sacrément payant dans sa dernière ligne droite. Il faudra juste passer outre les allers et retours inconsistants dans le temps, permettant surtout de jouer avec l’action et de la disséminer tout du long au lieu qu’elle ne se retrouve cumulée qu’à la fin.

Au final, l’introduction de The Event se montre plus maitrisée qu’elle ne le laissait paraître et fait preuve d’une ambition plus que palpable. Surfant entre action et non-dits, l’exposition se montre suffisamment solide pour au moins pousser jusqu’à l’épisode suivant, voire deux ou trois. La série n’ayant pas de concurrence dans son registre, c’est une raison supplémentaire pour pousser plus loin, et tenter de voir où tout cela peut nous mener. Et si le Président – et nous par la même occasion – a le droit à un minimum de réponses, il n’y a pas de raisons de s’arrêter.