The Flash Saison 3 Episode 8

Après avoir introduit dans les dernières minutes de Supergirl le crossover évènementiel, celui-ci commence officiellement dans ce nouvel épisode de The Flash. En vérité, ce que la CW a cherché à promouvoir comme un évènement en 4 parties n’en comprend que 3. En plus d’être juste inutile, la scène dans Supergirl se trouve dans The Flash.

Ce nouveau team-up se veut de plus grosse envergure que le précédent, ne serait-ce, car il implique l’équipe de Legends of Tomorrow et ils sont nombreux. Tout le monde n’est pas là, Vixen et Steel étant apparemment resté sur le vaisseau pour l’occasion, à l’évidence pour éviter que les introductions ne durent trop longtemps.

Cela ne signifie pas que cette première partie ne plie pas sous le poids des évènements. Au contraire, cet épisode 8 de The Flash est simplement surchargé du début à la fin, jonglant à la fois entre l’installation de la menace alien et les récents développements pour les personnages de la série.

Les scénaristes de l’Arrowverse emploient des rouages narratifs classiques pour délivrer une bonne grosse dose d’action faisant exploser le budget. On ne peut à l’évidence pas passer à côté du classique affrontement entre super-héros qui crée alors des oppositions entre les personnages pour mieux transformer ce spectacle en effets de lumière.

Le conflit domine d’ailleurs un peu trop dans cette première partie d’Invasion ! – nom donné à ce crossover – épaulé par un Cisco qui est tout simplement irritant dans ses positions d’ami blessé par les actions de Barry.

Au lieu d’écarter temporairement les conséquences de Flashpoint, les scénaristes en font un point central dans cet épisode pour créer des frictions et exposer l’hypocrisie des personnages. Vu les méthodes rentre-dedans utilisés par les légendes, ils sont les derniers en vérité à pouvoir se permettre de critiquer Barry sur le sujet. Le professeur Stein le découvre lui-même, malgré le fait qu’il est l’un de ceux qui travaillent autant que possible à ne pas trop modifier l’histoire si possible.

Oliver Queen se pose alors comme la voix de la raison, prenant la suite d’Iris pour faire comprendre à son ami scientifique qu’il n’est pas un Dieu et qu’il ne peut pas être tenu responsable de tout.

Le Flash n’a pas besoin d’être dédouané entièrement de ses actions – il a joué son rôle dedans –, mais peut-être les scénaristes ont-ils pris conscience qu’ils ont utilisé les pouvoirs de Barry impunément depuis le début de la série, qu’il est temps de s’interroger sur le véritable impact de ses choix et réintégrer le libre arbitre dans l’équation.

La problématique se révèle moralement chargée ; finalement, Oliver est la personne la plus adaptée pour s’y frotter malgré le fait que tout le monde a clairement mieux à faire que s’apitoyer sur des changements qui sont hors de leur contrôle. La nature un peu froide d’Ollie qu’il est difficile d’impressionner est parfaite dans le cas présent.

Il y a après tout des aliens portant le petit nom de Dominators qui sont arrivés sur Terre, à Central City. Ils ne nous veulent pas du bien et cet épisode de The Flash se charge surtout de nous montrer une partie de leur puissance, sans pour autant nous expliciter ce qu’ils veulent vraiment.

Les Dominators sont donc l’excuse choisie pour réunir toutes les équipes, une espèce tellement dangereuse qu’il fallait ramener Supergirl, mais qui est mal définie. Nous sommes après tout dans The Flash, la série super-héroïque la plus versée dans le méchant sans personnalité qui est là pour occuper les héros. Les Dominators ne font pas exception à cette règle.

Si cet Invasion ! partie 1 rencontre des difficultés à gérer tous ces personnages et à mettre en place tous les éléments de l’histoire, l’épisode montre le potentiel d’une telle rencontre super-héroïque.

L’épisode remet en avant la relation entre Oliver et Barry qui a encore beaucoup à donner et mériterait d’être plus souvent exploitée. De même, les quelques minutes entre Stein et Caitlin permettent à la fois de souffler et de faire preuve d’une certaine sensibilité pendant un court temps qui tire parfaitement profit du lien entre les deux personnages. Supergirl mettant tout le monde K.O. est sympathique, au même titre que sa rencontre avec Heat Wave. Les deux sont tellement opposés qu’ils en deviennent complémentaires.

Le but n’est clairement pas de nous délivrer une histoire travaillée, mais de foncer dans le tas pour en mettre plein la vue. Il faut assurer le divertissement au détriment d’une bonne gestion des éléments composants le récit. On obtient alors un épisode brouillon et surchargé de The Flash qui lance ce crossover. L’aventure se poursuit dans Arrow.

Ce crossover est inspiré par une minisérie DC remontant à 1989 qui est disponible en comic book en version anglaise.