La famille Monohan déménage à The Gates, petite communauté sécurisée où l’herbe est verte, le ciel est bleu et les gens sont chaleureux. C’est donc sans surprise que les habitants ont leur secret, mais Nick Monohan, nouveau chef de la police du coin, est aussi ancien détective aux homicides, et suspecte dès son premier jour ses voisins, les Radcliff, d’être responsables d’une disparition.

Les vampires sont partout, et ils sont maintenant aussi sur ABC. Mieux encore, ils ont pris la sale habitude de ne pas venir tout seul, et The Gates ne va pas se contenter de montrer les crocs, mais aussi de nous exposer que le coin est composé de pleins d’autres créatures tout aussi féroces, qu’elles portent des jupes ou l’uniforme de l’équipe de football de l’école.

Commençons alors par l’essentiel : ce premier épisode n’est pas un désastre complet. C’est déjà une bonne chose, et il serait dommage de ne pas noter qu’au beau milieu de tous ces clichés immondes et ces mises en scène stéréotypées, il y a quelques petites idées qui ont du potentiel.

En soi, c’est au cœur du concept même que The Gates peut réussir à tirer son épingle du jeu, si la série parvient par la suite à réellement s’affirmer. La famille Monohan s’installe donc dans cette communauté sécurisée et fleurie dans le but de se construire une nouvelle vie, après l’éternelle bavure professionnelle de Nick, père et policier. Ce n’est pourtant pas eux que l’on rencontre en premier, mais Claire, mère et vampire, qui va saigner un conducteur de passage, n’arrivant pas à contrôler sa soif.

Rapidement, comme le démontrera le comportement de Claire et de tous ses amis surnaturels, The Gates a ses règles de conduite, qui sont de ne pas montrer sa nature. C’est donc assez étrange, tout particulièrement quand il semble que loin de la petite ville, ils sont plus libres. Quel est alors l’intérêt de se retrouver dans ce lieu, si ce n’est pour être soi-même ? Enfin, The Gates a donc sa propre réglementation, en tout cas pour ceux qui ont un penchant pour le sang, la lune et le thé.

Malheureusement, les présentations vont être dans l’ensemble plutôt ratées. S’il faut reconnaître à Rhona Mitra le talent d’être capable de faire avaler quelques couleuvres, cela n’est pas donné à tout le monde, et le scénario ne vient pas les aider. Ainsi, il y a tous les ingrédients classiques des interactions sociales télévisuelles : des conflits vulgarisés, des menaces qui n’imposent aucune tension, de possibles twists qui n’en sont pas, la naissance d’une amourette compliquée et déjà ennuyante, etc. Ceci n’est bien évidemment pas aidé par le style si aseptisé de la chaine de l’alphabet.

La série de Grant Scharbo et Richard Hatem tente donc de mélanger le soap et le fantastique avec une conviction plutôt impressionnante au vu de la médiocrité des lignes de dialogues. Malgré quelques idées, c’est un début trop sirupeux pour réellement donner envie de poursuivre.