The Good Fight perd des rounds mais pas le match dans son début de saison 2

Cet article couvre la première moitié de la saison 2 (jusqu’à l’épisode 2.06) de The Good Fight.

Après une reprise qui tentait de relancer la machine en concluant l’intrigue Rindell, The Good Fight se devait de redéfinir un cap pour ses personnages, une identité qu’elle ne parvient pas encore à rendre solide. Arrivée à la mi-saison, elle essaie beaucoup de choses avec plus ou moins de succès.

Autant le dire d’emblée, le problème de la série semble résider dans le personnage de Diane. Transfuge de The Good Wife, elle caractérise tout ce qui ne fonctionne pas dans ce spin-off. Premièrement, il apporte trop de ce que la série mère était. Entre les guests stars appréciables (Elsbeth Tascioni notamment) et les ponts qu’elle crée avec le matériau d’origine, The Good Fight s’enferme dans une identité qui n’est pas totalement la sienne ni complètement assumée.

Face à l’administration Trump, Diane perd pied, se met à la drogue pour s’extirper de la réalité où Donald Trump a fait imploser tout sens commun. Cela aurait pu être extrêmement pertinent, faire de sa lente dépression, de son décrochage des conventions, un écho d’une société qui n’a plus aucune barrière. Malheureusement, cela n’est pas écrit avec assez d’arguments et de temps pour prendre. Pire, chaque épisode semble remplir sa case de “fuck”, de Trump en porc métaphorique ou non et de rires cristallins inopportuns pour souligner la décadence sans en faire quelque chose de plus.

On a toujours pu compter sur Michelle et Robert King pour écrire des scénarios intelligents, mêlant affaires judiciaires et développements personnels de ses personnages. Or, cette seconde saison ne paraît pas résolue à atteindre cet équilibre. Que ce soit avec le mouvement Me Too ou dans le prometteur mais trop court plaidoyer pour l’éducation publique, on ne semble que gratter la surface de sujets potentiellement explosifs. Il faut alors des enjeux plus proches des avocats pour que la série parvienne à capter notre attention.

Si The Good Fight montre des défauts en cette seconde saison, elle a toujours ce qu’il faut pour divertir. Avec l’intrigue du frère de Lucca, elle nous montre qu’elle peut tenir un propos intelligent (est-ce que l’autoentrepreneuriat peut tuer les corporations comme les avocats ?) tout en étoffant ses personnages (on découvre ainsi le passé de Lucca Quinn, elle si discrète). De même, quand elle s’attaque au racisme à travers les médias grâce à Adrian, la série s’implique réellement et fait porter sa voix, jouant enfin intelligemment de sa liberté de ton et trouvant le sien.

Il faut alors deux intrigues impliquant la police et sa potentielle violence pour que The Good Fight retrouve de réelles couleurs. Dans le cinquième épisode, Lucca et Maia suivent deux patrouilles et s’en suit alors pour Maia une plongée dans des méthodes parfois limites. Cela fait alors écho aux procès pour brutalité policière que la série avait si bien traitée en saison 1 et à qui elle semble vouloir s’adresser de nouveau dans le dernier épisode en date. Simple et efficace.

Mais pour trouver le véritable atout de cette seconde saison, il faut se tourner vers Lucca. Du soutien qu’elle fut pour Maia et Diane l’an dernier, l’avocate prend la tête de la série en montrant qu’elle a beaucoup à offrir tant son personnage est peu exploré. En la mettant au centre des affaires judiciaires, les scénaristes parviennent à nous dresser peu à peu un portrait de femme indépendante, là où Diane mériterait de prendre de la distance. Dans ce début de saison, Lucca nous révèle être enceinte, prend position pour son futur dans le cabinet et tient tête à Colin et à la vision qu’une femme doit être accompagnée pour avoir un enfant.

Cela permet alors de faire passer un message plutôt bien écrit sur la position de la femme dans le milieu du travail. En ce sens, la scène où elle annonce aux partenaires sa grossesse est exemplaire, car elle montre sa détermination à travailler, à ne pas être définie uniquement par son statut de femme et elle se bat pour ce qui lui revient de droit. En face, elle a une femme blanche qui n’a pas d’enfant (Diane), deux hommes noirs qui ne peuvent comprendre (Adrian et Julius).

Adrian : So what do we think?
Diane : I don’t think we can think, legally. We just have to react.
Julian : So, we’ll react to how she does in court.

The Good Fight tâtonne et trébuche parfois. Les éléments qui nous ont fait venir à elle semblent désormais plus des poids que des béquilles et elle a besoin de se construire sur la base d’éléments nouveaux (ses propres combats donc) ou peu explorés jusqu’ici (Lucca, Maia, Marissa) pour redevenir le divertissement solide qu’elle était en saison 1, tout en affinant ou se débarrassant de son obsession politique.

Tags : The Good Fight moins...
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