The Good Fight Saison 2 : la fin d’une lutte, le début d’une autre

Toute la première saison de The Good Fight, aussi bonne soit-elle, faisait face à un challenge de taille : construire une intrigue au long cours sur son postulat de départ, mais également le dépasser. Pour rappel, Diane, voulant prendre sa retraite, perdait tout dans une affaire de fraude fiscale, dont sa filleule, Maia Rindell (Rose Leslie), se trouvait accusée aux côtés de son père. La nouvelle firme dans laquelle était engagée l’ancienne associée de Lockhart/Gardner (et tous les noms qu’elle a eu) se trouvait alors dans le champ de tir (ou plutôt la cour de justice), Lucca Quinn prenant la défense de l’accusée.

Si The Good Fight se distingue de son aînée, c’est par la mise en retrait des cas judiciaires à la semaine au profit de récits plus étirés. Si cela fonctionne à un certain niveau lors de la première saison, la suivante se devait de conclure sous peine de ne plus rester pertinente. L’épisode de reprise vient alors replacer les pions sur l’échiquier dans un contexte particulier. Lors de l’enterrement de Carl Reddick, Maia et Lucca doivent déjouer les manipulations de Madeline Starkey, l’agent du FBI qui a mis à mal leur défense la saison dernière. Cela mène Maia à questionner son passé et les relations qu’elle a pu avoir avec son père.

Le travail sur la perception d’un souvenir est quelque chose d’alléchant ici. Entre ce dont on se souvient, ce dont on veut se souvenir et ce que l’on occulte, mais nous revient, les scénaristes parviennent à proposer une réflexion intéressante, mais assez bancale. Les souvenirs de Maia semblent plus convenir à l’intrigue en place qu’être de réels atouts pour une autre lecture des événements. À l’image de ces deux premiers épisodes, c’est prenant, mais maladroit.

Le second épisode vient mettre en place de manière précipitée, mais bienvenue le dénouement du procès de Maia. Amy, sa petite amie et Lenore, sa mère, deviennent témoins à charge et la tension doit être à son comble. Elle l’est par moments, mais c’est bien la façon dont Maia prend les rênes de ses problèmes qui intéresse. En piégeant son père à l’aide de Marissa, elle devient, un peu trop tard, une actrice de l’intrigue plutôt que de la subir interrogatoire après interrogatoire.

Il était donc temps que cette histoire de fraude se termine. Si elle a pu être utile à la mise en place de la série et intrigante à un certain point, elle ne pouvait aller plus loin, par respect pour les personnages. Lucca, élément fort de la série, mérite son propre matériel, ce que sa relation avec Colin amorce, en espérant qu’elle ne soit pas réduite à être celle que l’on laisse dans l’expectative, de côté.

C’est ce qui s’annonce qui apparaît finalement le plus excitant dans ces deux épisodes de reprise. Une vague de meurtres frappe les avocats de Chicago, menant nos protagonistes à s’inquiéter pour leurs vies et surtout leur image. Mais c’est Diane qui en est la plus affectée, faisant face alors à une crise existentielle. Pourquoi se battre dans une société qui n’a plus d’idéaux ? Comment progresser dans un métier à l’idéologie sans cesse brouillée, détournée, piétinée ?

Ces deux premiers épisodes amorcent la dérive de notre avocate, qui se met à prendre de la drogue, à accepter volontiers quelques verres avec Liz Reddick Lawrence, à se jouer de la justice pour aider Maia. Les lignes de conduite qu’elle se fixait semblent tomber peu à peu, symbole d’un monde qui n’a plus de sens pour elle. Elle qui avait des convictions les perd peu à peu, l’élection de Trump étant un déclencheur prétexte qu’il serait bon d’enfin explorer.

Nous ne sommes qu’au début de ce qui s’annonce une descente aux enfers pour Diane, probablement commencée avec la mort de Will dont le nom est mentionné deux fois. Et ce n’est pas son « amitié » naissante avec Liz qui va l’aider, celle-ci ayant des intentions moins louables que prévu. Mais on nous promet ici de remettre Diane au centre de la série, là où la première saison se focalisait surtout sur Maia.

L’ajout de la fille du défunt associé Carl Reddick, dont l’enterrement ouvre cette saison 2, compense le départ de Barbara, mais vient surtout remettre de la compétition dans la série. Le personnage, joué par Audra Mcdonald et déjà vu dans The Good Wife, s’impose d’emblée comme quelqu’un de moins dessiné dans ses objectifs que celle dont elle prend la place, rendant sa venue plus imprévisible. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais cela va demander aux scénaristes de nous en montrer plus.

The Good Fight nous propose ainsi une reprise enthousiasmante, non dénuée de défauts, mais qui sait se débarrasser d’éléments fondateurs pour nous relancer sur une autre piste. Il n’est pas dit que cela sera fait avec subtilité (comme l’annonce ce merveilleux générique), mais on sera sûrement diverti et on pourra explorer plus en profondeur les personnages autres que Maia.

Tags : The Good Fight moins...
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