The Good Place Saison 1

Une des nouveautés que nous attendions le plus en ce début de saison chez Critictoo était la comédie The Good Place nous venant de Mike Schur, la moitié de l’équipe derrière Brooklyn Nine-Nine et Parks & Recreation. Il faut reconnaitre qu’avec son pitch un peu fou et le duo Kristen Bell/Ted Danson en tête d’affiche, il y avait de quoi être intrigué. Nous approchons maintenant la fin de la première partie de la  saison 1 et on peut dire que la série a livré de bonnes surprises – et quelques autres qui l’étaient un peu moins.

Pour rappel, l’histoire débute avec Eleanor (Kristen Bell) qui arrive dans The Good Place après sa mort. Elle est accueillie par Michael (Ted Danson) qui lui explique qu’elle fait partie des meilleures personnes que la Terre a portées et cela lui offre le droit de vivre éternellement dans ce lieu paradisiaque. Le twist est qu’il y a une erreur d’identité et Eleanor est loin d’avoir gagné son ticket pour le bonheur éternel.

Avant sa mort, Eleanor était narcissique, égocentrique, alcoolique, vulgaire et manquait simplement de respect pour tout ce qui l’entourait. Elle n’a tué personne, mais il était tout de même préférable de ne pas trop l’approcher, car elle était clairement du genre à jeter quelqu’un sous un train si ça pouvait lui permettre d’obtenir quelque chose.

Concrètement, The Good Place nous propose une héroïne qui n’en est pas réellement une, mais elle a décidé de faire un effort. Après tout, si elle ne change pas rapidement, elle sera condamnée à se rendre dans The Bad Place.

Le cœur de la série n’est pas de juger Eleanor, mais de l’utiliser pour examiner à quel point le politiquement correct a tordu dans tous les sens la notion d’altruisme dans notre société. Certes, Eleanor est l’antithèse, mais son cynisme et son sarcasme mettent en perspective une hypocrisie latente que personne n’aborde directement dans The Good Place.

La plus belle illustration de cela se trouve être Tahani (Jameela Jamil) une riche héritière qui a consacré son existence à la philanthropie. On découvrira cependant que ses motivations découlent de son besoin de se faire accepter par ses parents. Elle était tellement fortunée qu’elle n’a jamais du faire un sacrifice dans sa vie, mais le fait qu’elle récoltait des millions pour les pauvres faisait d’elle une sorte d’ange. De même, nous avons Chidi (William Jackson Harper) qui a consacré son existence à l’étude de l’éthique et n’a vraiment rien fait de plus.

Au milieu de tout cela, Eleanor se découvre un allié inattendu, tandis que Michael perd la tête parce qu’il y a quelque chose qui cloche dans son petit monde parfait et ne trouve pas l’origine du problème. A coup de flashbacks et d’observations bien appuyées, The Good Place se révèle être à la fois légère et étrangement pertinente dans son examen de la nature humaine.

Ce que l’on peut lui reprocher est probablement qu’elle est moins excentrique qu’elle paraissait destinée à le devenir. De même, son humour est surtout basé sur l’observation et les contrastes, là où il semblait au point de départ s’affirmer comme étant bien plus direct.

Malgré cela, The Good Place ne manque pas de faire rire, même si son but premier n’est clairement pas d’enchainer les gags à la seconde. Mike Schur privilégie l’exploration des personnages et s’appuie sur le parcours d’Eleanor pour rendre son intrigue feuilletonnante, établissant de réels enjeux qui surplombent par moment tout le reste.

Dans ce sens, cette première moitié de saison de The Good Place s’est retrouvée à jongler avec un peu trop de choses et des ambitions trop envahissantes. Malgré tout, dans sa mission pour remettre en cause ce qui caractérise véritablement une bonne personne, la série fait preuve d’une intelligence qui fait plaisir. Avec encore quelques ajustements, elle sera probablement aussi hilarante qu’elle promettait de l’être au commencement. En tout cas, elle est bien partie.