Alicia et ses collègues font face à un dilemme lorsqu’ils doivent retourner leur client contre sa petite amie, après qu’ils soient tous les deux accusés de meurtre. Pendant ce temps, Diane demande à Alicia de prendre une décision difficile en rapport avec son départ du cabinet.

The Good Wife nous a offert un excellent début de saison et cet épisode de reprise ne me fera pas mentir en disant qu’il s’agit sans hésiter de la meilleure série judiciaire à l’antenne. Il est amusant de noter la construction presque diabolique de l’épisode (écrit par Michelle et Robert King) qui nous entraîne de la comédie à la tragédie sans accrocs.

En effet, la scène d’introduction donne le ton avec le retour de Dallas Roberts dans le rôle d’Owen, le frère d’Alicia. Comme à son habitude, il apporte une bonne dose de légèreté et d’humour, même s’il sort d’une rupture. Si Alicia est abasourdie de le voir papoter avec Will, qu’aurait-elle pensé de sa conversation avec Jackie ? Réunir ces deux-là autour d’une bouteille de vin était une très bonne façon de s’assurer un fou rire chez le spectateur. Malgré son hilarité, cette scène démontre néanmoins des limites dans l’exploitation du personnage qui officie – certes efficacement – comme un substitut à Eli, absent de l’épisode. Owen est toujours plus pertinent lorsqu’il est seul avec sa sœur. Qu’ils se chamaillent tels des enfants ou qu’ils discutent du sens profond de l’amour, ces deux-là sont toujours un plaisir à regarder, et cela, grâce à la sincérité de l’écriture et de l’interprétation. On se réjouira donc d’apprendre qu’Owen va rester parmi nous encore quelque temps.

La série n’a pourtant pas oublié son pessimisme et l’affaire du jour se transforme vite en choix cornélien. La thématique du couple que l’on essaie de monter l’un contre l’autre est classique. Pourtant, son traitement évite à la série de sombrer dans le pathos inutile. The Good Wife sait prendre de la distance avec elle-même lorsque cela est nécessaire : en témoigne la remarque sur le fait que Cary est toujours assigné aux mêmes affaires que Lockhart Gardner.

L’amour des jeunes accusés défiera tous les préjugés des avocats, tout comme Will sera pris à son propre piège lorsqu’il prend un jeune homme pour un délinquant simplement parce qu’il est noir, et que celui-ci se révèlera être un citoyen modèle.

Le titre de l’épisode parle d’une rupture et c’est, au final, une rupture professionnelle qui animera l’épisode. En effet, Will sait désormais que Diane veut monter son propre cabinet. La guerre est lancée par une dispute où l’on ne sait qui croire, même s’il est plus probable qu’ils se voilent tous les deux la face et que Bond est celui qui a machiné (mais à quelle fin?) pour instiller la suspicion entre eux.

Comme prévu, Alicia va devoir choisir son camp, agissant ainsi comme symbole de tous les clients et avocats pour lesquels les deux vont se battre. Si Diane utilise la carte féministe, Will fera sans doute jouer leur histoire passée, et pourquoi pas ses sentiments. Il a prouvé dans cet épisode qu’il était prêt à aller très loin pour gagner une affaire, ce qui n’a pas échappé à Alicia. Une intrigue qui s’annonce déjà fort passionnante. Elle révèlera, à n’en pas douter, la vraie nature des personnages et a, d’ores et déjà, toutes les caractéristiques d’une vraie tragédie grecque.

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