Malgré leur relation tendue, Alicia et Kalinda doivent se presser pour prouver l’innocence de leur client, accusé du meurtre d’un juge. Pendant ce temps, il est peut-être enfin temps pour Will et Alicia de poursuivre leur relation.

La saison 2 de The Good Wife aura été dans son ensemble brillante. Cet épisode de conclusion vient prouver que la série judiciaire n’est pas prête de s’arrêter en si bon chemin. Pourtant, à première vue, ce Closing Arguments déroute, car il n’a tout simplement pas l’air d’un season finale.

Les trois quarts de l’épisode sont ainsi occupés par le procès (bon, au demeurant). Après la révélation de l’aventure de Kalinda avec Peter, la tension n’avait cessé de monter, jusqu’à atteindre son paroxysme la semaine dernière. Cet épisode va à l’encontre de cette tendance, et c’est là tout son génie. Plutôt que de faire dans ce qui aurait été de la surenchère, la série se paie le luxe de ralentir le rythme dans son dernier épisode. Elle évite ainsi de tomber dans des facilités telles que faire démissionner Alicia. Au contraire, elle obtient une promotion !

De même, il n’y aura pas de grande confrontation avec Kalinda, mais plutôt des saynètes à caractère comique jouant sur la tension entre les deux ex-meilleures amies. Comme une sorte de contre-pied, sa scène au lit avec Kelli Giddish, vient – brutalement – lui (et nous) rappeler qu’elle est, et reste, l’autre femme.

Ce n’est pas pour autant que les scénaristes ne posent pas de bases pour la saison prochaine. Outre l’arrivée de Peter au poste de procureur, Eli, lui, entre dans la famille Lockhart/Gardner, et cela ne peut vouloir dire qu’une chose : plus de temps d’antenne pour Alan Cummings ! Espérons également que la présence à l’écran de Dallas Roberts (Owen) sera renforcée.

En parlant des personnages secondaires, on apprécie que chacun fasse une petite apparition, après une saison à se passer le relai. Comme toujours, Chris Noth crève l’écran, en particulier lors de sa discussion avec Will. Et que dire de sa participation secrète au procès, autre que la série démontre encore une fois son rejet de tout manichéisme.

Mais ce que l’on retiendra avant tout de ce final, ce sont bien sûr les cinq dernières minutes. Robert et Michelle King se sont à nouveau surpassés, autant dans l’écriture que dans la réalisation. C’est le seul moment de l’épisode qui fait penser à une sorte de cliffhanger, mais celui-ci ne fait en aucun cas artificiel ou téléphoné, car il est tout simplement logique. Il était temps pour Will et Alicia de passer à l’étape supérieure dans leur romance contrariée. Cela arrive tout naturellement dans la narration, et ne paraît à aucun moment forcé, ce qui donne à cette escapade dans l’hôtel toute sa force.

Le montage dans l’ascenseur était le seul passage maladroit, car un peu trop Grey’s Anatomyesque. Oui, la série titille son public, et les nombreux obstacles successifs en seraient presque too much. Mais heureusement, elle n’aura jamais recours au « c’est un signe, ça ne doit pas se faire », sur lequel une série lambda se serait jetée. Encore une fois, The Good Wife sort du lot. La série sait prendre des risques (calculés, je vous l’accorde), et les scénaristes ont eu l’intelligence d’aborder tout en finesse cette étape nécessaire à l’histoire pour évoluer. Un dernier petit mot pour saluer la supervision musicale et le choix on-ne-peut-plus-approprié du « Any Other World » de Mika.

Ainsi, Closing Arguments conclut très habilement la remarquable saison 2 de The Good Wife, et ouvre un nouveau chapitre de son histoire, qui s’annonce d’ores et déjà passionnant. On tient là une série pas comme les autres, surtout du côté des networks. Encore une fois, nous ressortons de l’épisode émus, stimulés, surpris, captivés… en un mot : conquis.

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