Lockhart/Gardner représente une petite compagnie de forage contre un important conglomérat pétrolier, jusqu’à ce qu’un dictateur sud-américain ne vienne compliquer les choses. Pendant ce temps, les élections arrivent à leur terme.

On tient peut-être là l’épisode le plus étrange de The Good Wife produit jusqu’à présent.

Tout d’abord, le procès du jour était très complexe, et ce, même pour la série. Comprendre les tenants et les aboutissants de l’affaire n’était pas chose facile, mais, lorsque les « gestes » du jour se rajoutent, les choses deviennent encore plus obscures. Fred Dalton Thompson tient un rôle tellement proche de la réalité que cela provoque tout de même une légère confusion. Ce pseudo-caméo n’apporte pas grand-chose, si ce n’est rendre l’intrigue principale encore plus opaque. On appréciera tout de même les références à feu Law & Order.

Mais l’affaire ne s’arrête pas à cette bizarrerie, puisque Hugo Chavez est aussi de la partie. Pour le coup, les scénaristes sont allés chercher loin, un peu trop loin. Une preuve que la série a eu les yeux plus gros que le ventre: Chavez ne montrera pas une seule fois son visage, ce qui rend vite l’histoire bancale. La série semble avoir été bloquée, n’osant pas aller jusqu’à engager un acteur. Utiliser une vraie figure publique peut être une bonne idée, mais l’exécution était ici assez déplorable. Les blagues sur le monde du show-biz (en particulier Courtney Love) sont fondées. Néanmoins, elles sonnent ici faux et contribuent à cette impression d’une intrigue qui en est encore au stade du premier jet.

Enfin, America Ferrara finit son (petit) arc narratif, sans faire de vagues. De façon poussive, elle se retrouve à bosser chez Lockhart/Gardner, en tant que stagiaire, même si elle se retrouve très vite interprète. Elle est ainsi bien occupée, tout comme Eli qui gère les dernières heures de la campagne de Peter. Par conséquent, il n’y a pas le temps de conclure correctement leur intrigue. Le petit ami de Natalie fait d’ailleurs une apparition inutile au possible. La sortie de la jeune femme se fait par une nouvelle scène où l’on comprend que le timing n’est pas bon pour qu’elle et Gold soient ensemble. Soit, mais ça on nous l’a déjà dit. Cette intrigue avait beaucoup de potentiel et un capital sympathie non négligeable. Il semble que les scénaristes ont été restreints par le contrat réduit de FerraraThe Good Wife aime à se construire sur la durée. Dans le même genre, Chris Noth est à nouveau absent. Si cela pouvait passer dans les épisodes précédents, c’est plus embêtant ici : il se fait élire procureur, tout de même ! Et non, une doublure ne suffit pas à faire illusion.

Malgré ses ratages, Foreign Affairs avait aussi de très bons moments, tous liés à Alicia. Après avoir été en retrait pendant quelque temps, la fin de saison semble s’orienter vers une remise au premier plan de la « good wife ». Julianna Margulies est ici époustouflante comme jamais, toujours en finesse et discrétion. Comment ne pas être ému lorsqu’elle apprend la liaison entre son mari et Kalinda? Ou bien lorsqu’elle parle de ses enfants à Eli avant son interview à la télévision? La révélation finale, en parfait cliffhanger, changera sans aucun doute la série à jamais. Durant son interview télévisée, Alicia agit en parfaite épouse dévouée, peut-être pour la dernière fois.

The Good Wife se met en pause pour trois semaines, et elle nous quitte sur une bien étrange note. Étrange parce que l’épisode est trop riche par certains côtés (le procès), et pas assez par d’autres (Natalie et Eli). Mais cela n’a que peu d’importance face à la sublime conclusion digne d’une tragédie grecque, avec les larmes d’Alicia qui vous arrachent le cœur.

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