Lockhart/Gardner défend Stephanie Engler, la propriétaire d’un site internet dédié à l’adultère après qu’un des utilisateurs ait été tué. Alicia confronte Kalinda au sujet de son aventure d’un soir avec Peter, ce qui pousse la détective à chercher du travail ailleurs.

À une semaine de sa fin de saison, The Good Wife parvient encore (et toujours) à se surpasser et à offrir un épisode d’une remarquable maîtrise. Mais jusqu’où cette perle de série judiciaire ira-t-elle ?

L’affaire du jour place la comédienne Sarah Silverman sur le banc des accusés. Comme souvent dans la série, la guest star fait du très bon boulot, en particulier dans la scène où elle réveille le désir sexuel d’Alicia pour Will. Autre guest, récurrente cette fois, Mamie Gummer revient dans la peau de la fausse prude Nancy Crozier. Le personnage est toujours aussi délicieusement agaçant, mais il faudrait voir à l’utiliser autrement, au risque de se répéter.

Le procès est une occasion pour The Good Wife de s’attaquer au puritanisme ambiant, ainsi que d’aborder une réflexion sur la monogamie et la fidélité en général. Même si ce n’est qu’effleuré, le débat est parfaitement à propos, étant donné la situation dans laquelle se trouve Alicia.

L’héroïne poursuit son chemin dont la prochaine étape semble être le divorce. On sent le personnage dans une position charnière : d’un côté, elle hésite à aller aussi loin, de l’autre, cette trahison lui a donné envie de prendre le contrôle et de ne plus se faire avoir. L’évolution d’Alicia continue donc, et il faut reconnaître aux scénaristes de ne pas avoir eu peur de montrer sa part d’ombre. Son comportement est tout à fait logique, mais peu de séries auraient osé faire prendre une tournure aussi noire à leur rôle principal (cf. sa perturbante mise au point avec Jackie).

Il n’y a rien à dire de sa confrontation avec Kalinda, si ce n’est qu’elle est parfaite. La réalisation, l’écriture, le jeu d’acteur : tout est équilibré, dosé, maîtrisé, de façon remarquable. Avec cet épisode, Julianna Margulies prend une longueur d’avance sur toutes ces concurrentes dans la course aux Emmys.

Archie Panjabi n’est pas en reste, et l’épisode lui permet de déployer l’étendue de son talent. Dans Getting Off, Kalinda fait deux choses qu’on ne la voit jamais faire : elle pleure et elle rit. La scène où elle craque dans l’ascenseur est d’une efficacité et d’une puissance sans égal, car elle vient après deux saisons d’une retenue sans faille. Mais, c’est surtout l’avènement d’une amitié qui nous touche, une amitié qui aura mis du temps à se bâtir, mais qui n’en était que plus forte. Il n’y a qu’à voir la façon dont elle pointe Will dans la direction d’Alicia.

Son envie de quitter le cabinet était compréhensible, bien qu’un peu prévisible. On retiendra le dénouement en forme de fou rire, lorsque Kalinda apprend que son futur boss aurait pu être nul autre que Peter Florrick ! Cette scène est ensuite contrebalancée par sa discussion avec Will où elle déclare qu’elle n’a besoin de se confier à personne.

Et c’est là que réside tout le génie de The Good Wife. Elle passe d’un humour presque potache, à de la pure tragédie, le plus naturellement du monde, en l’espace de quelques instants. Telles des montagnes russes parfaitement réglées, la série nous transporte, sans perdre notre intérêt une seule seconde, et nous laisse avec un amuse-bouche de l’alléchant procès d’envergure qui se tiendra la semaine prochaine.

Après un avant-dernier épisode aussi réussi, il va être difficile d’attendre sagement le prochain, et dernier, épisode de la saison, qui promet, à coup sûr, d’être épique.

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