Lockhart, Gardner & Bond poursuivent en justice un site de réseau social, dans le but de défendre un dissident chinois qui a blogué anonymement sur la démocratie en Chine. Il a été emprisonné, puis torturé par le gouvernement chinois, après que le site en question ait trahi son anonymat en dévoilant son adresse IP. Pendant ce temps, Eli reçoit un renseignement qui pourrait coûter la campagne à Childs, alors que Will et Diane espèrent pouvoir éjecter Bond, une bonne fois pour toutes.

C’est officiel, Derek Bond est hors-jeu. Après des mois de tractations en coulisse, d’alliances et autres conversations secrètes sur le toit, Will et Diane sont enfin parvenus à évincer Bond, et ainsi à récupérer le plein contrôle du cabinet. On aurait pu croire que cette intrigue allait durer jusqu’à la fin de la saison, mais les scénaristes ont eu l’intelligence de la conclure ici. Si les retournements de situation sont quelque peu prévisibles (le rôle de Julius), la conclusion lors du conseil d’administration n’en est pas moins jouissive. Si l’intrigue a tiré en longueurs par moments, elle aura été sauvée par les délicieuses pointes d’humour qui l’ont jalonnée. On notera, ici, le caustique humour noir autour de la mort d’un des futurs partenaires.

La question se pose donc de savoir ce qu’il va se passer maintenant. De nouveau à deux partenaires, le cabinet retombera-t-il dans ses problèmes d’argent ? Il y a aussi l’option d’une vengeance de la part de Bond, même si celui-ci semble avoir eu son compte pour l’instant.

La série n’étant pas avare en happy ends, cette semaine, voilà que Childs se retrouve lui aussi éjecté de la course au poste de procureur. Apparemment, avoir une nounou immigrante illégale est un must chez les politiciens. Là encore, pour faire passer la pilule, on a droit à de l’humour comme la petite danse de la victoire d’Eli. Mais le plus agréable avec cette histoire, c’est qu’elle réussit à utiliser Becca et Zach, pour la première fois cette année, autrement que comme des boulets. De quoi racheter les ados aux yeux du spectateur, mais pas au point de se réjouir d’une remise sur le tapis de leur romance.

À côté de tout ça, l’affaire du jour ne démérite pas pour autant. Ken Leung offre une très bonne prestation en dissident chinois victime d’un réseau social (décidément).  Mais la coïncidence n’a pas échappé aux scénaristes, et Alicia finit par comprendre que Lockhart/Gardner défend plus les intérêts commerciaux de son autre client Patrick Edelstein (Net Worth – 2.14) que ceux, moraux, de son client actuel. Les affaires dans la série questionnent souvent l’éthique et la moralité (ou plutôt amoralité) des avocats, mais Alicia avait toujours plus ou moins choisi de mettre ses convictions au second plan. Ici, elle s’exprime clairement, mais on ne tombe pas non plus dans le manichéisme abstrait.

Enfin, Kalinda fait quelques brèves apparitions, mais cette intrigue risque de prendre de l’ampleur, maintenant que celle à Lockhart/Gardner est pour ainsi dire bouclée. Il y a d’abord une scène amusante où elle communique sa nouvelle adresse à Alicia, scène qui joue parfaitement sur la complicité entre les deux femmes. Puis une autre, dramatique cette fois, où la menace sur sa tête devient de plus en plus oppressante. Il paraît clair que son envie de normalité arrive un peu tard pour la sauver. On est d’autant plus inquiets que Cary lui-même semble désolé pour elle, comme si elle avait déjà un pied dans la tombe. Dans ce contexte-là, il est difficile de trouver leur baiser romantique.

De manière générale, la plupart des protagonistes ressortent littéralement gagnants de Great Firewall, chose assez rare pour s’en réjouir avec eux. C’est un grand pas pour les deux grandes intrigues de la saison, et cela devrait aider à donner un souffle nouveau aux derniers épisodes.

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