Lockhart Gardner représente leur client, et accessoirement baron de la drogue, Lemond Bishop, lorsque sa femme décide de divorcer. Pendant ce temps, Kalinda reçoit une injonction du tribunal pour apparaître devant le grand jury.

Si l’on peut faire un reproche à cette saison 2, c’est qu’elle a, par moments, souffert de vouloir jongler avec trop d’intrigues. Cet épisode rectifie le tir et laisse présager que la fin de saison va resserrer les enjeux, ce qu’elle parvient à faire ici de façon inattendue.

En effet, le procès de Kalinda prend une tout autre dimension dès lors que l’on découvre qu’elle n’est pas la vraie cible de l’enquête. Après la lutte en interne avec Bond, la menace vient désormais de l’extérieur pour Lockhart Gardner, puisque l’enquête du bureau du procureur se porte sur eux. L’histoire est très prometteuse puisqu’elle lie de nombreux personnages. C’est une façon indirecte pour Childs de se venger de Florrick et de quitter son poste avec éclat, s’il parvient à faire tomber le cabinet. Une fois encore, la série mêle avec brio le professionnel et le privé. La menace est d’autant plus forte que, retombé à deux partenaires, Lockhart Gardner se retrouve à nouveau dans une position vulnérable.

La partie judiciaire est occupée par Lemond Bishop, le client peu recommandable de la firme. Au premier abord, on pouvait regretter que la série ne prenne pas de risques en abordant le personnage avec l’angle de son divorce. Une façon un peu trop facile de contourner les implications morales et éthiques de défendre un tel individu. Heureusement, la série jouera habilement sur les deux tableaux. La première partie table sur l’humour avec la médiation peu productive. La deuxième est, elle, beaucoup plus sombre. On avait baissé notre garde, en voyant Bishop plus humain avec son fils, mais les derniers retournements nous rappellent à qui on a affaire. C’est brutal, mais très réaliste. Et c’est finalement plutôt osé pour la série de le faire gagner, surtout qu’il est représenté par l’héroïne.

L’autre affaire du jour est bien sûr le procès de Kalinda. On a habilement fait monter la tension tout au long de la saison, il est donc un peu décevant de voir que Kalinda s’en sort sans trop de dégâts. Néanmoins, il est toujours bon de voir la détective sortir de sa coquille, surtout quand il s’agit de conversations arrosées avec Alicia. Mais la scène la plus marquante de l’épisode est sûrement la dernière. Blake a finalement réussi à remettre toutes les pièces du puzzle en place. La révélation du lien entre Peter et Kalinda est efficace, même si on y avait déjà fait allusion en saison 1. Le très bon jeu d’Archie Panjabi nous montre l’étendue de son talent, et on a hâte de voir où l’intrigue peut nous mener. On peut faire confiance à la série pour ne pas tomber dans des facilités soapesques.

Enfin, la campagne de Peter n’est pas aussi gagnée d’avance qu’on aurait pu le penser. Là encore, on joue sur l’ambiguïté morale, puisque Eli se retrouve contraint de séduire l’électorat blanc conservateur, et pour cela doit rendre la campagne la moins «noire» possible. Le personnage de Grace est ici très bien utilisé, et on continue à développer sa foi, sans pour autant tomber dans de l’extrémisme. Pour autant, on nous suggère aussi que sa dévotion pourrait être plus tournée vers le prophète internet Jimmy Patrick, que vers Dieu. Toute cette partie aurait tout de même bénéficié de la présence de Chris Noth, car on se demande quelle est la position de Peter dans tout ça.

Bon retour pour The Good Wife, qui n’a pas peur de s’attaquer à des sujets épineux. Les personnages sont comme toujours complexes et ambigus, et les nouvelles intrigues lancées sont prometteuses.

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