Après que son mari ait été envoyé en prison suite à un scandale politique impliquant corruption et prostitution, Alicia Florrick reprend sa profession d’avocate qu’elle avait abandonnée pour élever ses enfants.

The Good Wife est Alicia Florrick, une femme obligée de reprendre son travail d’avocate, abandonnée il y a des années pour élever ses enfants, suite au scandale politique qui a éclaboussé sa famille. Son mari (Chris Noth) est accusé de corruption et d’adultère, et se trouve maintenant en prison.

Les créateurs Michelle et Robert King ont donc décidé de se pencher sur la femme qui reste à côté de son mari quand tout déraille, quand la presse fait ses choux gras de la tromperie et de la malversation ambiante. Alicia doit alors s’occuper de sa famille et cela revient à demander à un ancien ami (et plus si affinités), Will Gardner (Josh Charles), un travail dans sa firme d’avocats.

Avant tout autre chose, la série va poser son ton et sa narration, qui joue entre le dossier judiciaire de la semaine et les développements s’étalant sur la durée touchant de près ou de loin la situation d’Alicia. Les deux parties vont connaître pas mal d’évolutions tout au long de cette première saison, épaulé par les développements des autres protagonistes.

En fait, si c’est le voyage d’Alicia qui est au cœur de la série, et malgré la performance remarquable de Julianna Margulies, le personnage va régulièrement se faire éclipser par son entourage. Disons que si les débuts de la série offrent énormément de situations poussant cette femme à faire preuve de caractère, j’avoue que je suis restée parfois perplexe devant ses réactions trop naïves quand il s’agissait d’aborder de front la carrière politique de son mari. Pourtant, les intrigues vont largement prendre le temps de montrer qu’Alicia peut elle aussi s’éloigner des sentiers de la bonne moralité, ce qui donne à certains de ses discours au sein de son foyer un drôle de goût. Surtout, Alicia va quelque peu perdre de sa verve quand nous quitterons le champ des sous entendus avec Will pour réellement exploiter la carte du romantisme et la possibilité d’une idylle. Seul problème : à ce stade de la série, il est difficile que cela apparaisse concret, au vu du sujet.

Si Alicia ne sera donc pas toujours au top,  cela sera largement compensé par la palette de personnages qui va doucement s’installer. La série va tout d’abord exploiter son concept même de legal drama pour clairement expliciter sa volonté de montrer un monde de droit complexe et riche. Elle joue avec les différents niveaux du travail d’Alicia; il ne s’agit donc pas de simplement plaider, mais de faire des recherches, des négociations, et mentir. La série offrira des dossiers parfois trop classiques ou manquants de caractères, mais cela sera contrebalancé par des cas bien plus ambigus ou l’exploitation habile de classique (comme la délibération de jurés). Cette partie sera en tout cas essentielle pour imposer les nouveaux visages qu’Alicia doit côtoyer tous les jours : son concurrent direct pour un poste dans la firme, le jeune et ambitieux Cary Agos (Matt Czuchry); l’enquêtrice privée de la boite, la mystérieuse, cynique et en boots, Kalinda Sharma (Archie Panjabi); l’une des associées principales de la boite, avec Will Gardner, la libérale Diane Lockhart (fabuleusement interprété par Christine Baranski).  Tout ce beau monde va donc servir à rendre consistant le nouvel univers dans lequel évolue Alicia et à mettre en place des relations plus étoffées et éclectiques.

Ceci montre bien que Michelle et Robert King savent ce qu’ils veulent et où ils vont. L’évolution des intrigues de Peter Florrick incarne aussi à merveille cette maitrise scénaristique, affaiblie quand même par les enfants du couple – qui sont par ailleurs relégués dans le fond de la pièce en seconde partie de saison. Quoi qu’il en soit, l’homme politique va passer par différents stades, et son chemin parcouru (en partie loin de sa famille) va être aussi riche que celui d’Alicia. Il va même temporairement prendre l’ascendant sur le milieu judiciaire, l’histoire imposant à travers Peter et son équipe (avec l’excellent Eli Gold, interprété par le tout aussi excellent Alan Cumming), les trames politiques. Cette partie a aussi permis de montrer la force de caractère de Jackie Florrick (Mary Beth Peil), la mère de Peter et clairement celle qui a fait de son fils ce qu’il est.

Ainsi, cette première saison a permis de donner le jour à un environnement complexe et travaillé, à des personnages étoffés, et à des intrigues riches et intéressantes. Grâce à tout cela, The Good Wife a réussi à s’affirmer comme une des meilleures séries de la saison 2009/2010.