The Halcyon : L’Hôtel de la Guerre

Bienvenue à The Halcyon, l’hôtel 5 étoiles de la chaine ITV en Angleterre et France 3 chez nous. Nous sommes en 1940 dans un monde en guerre et, quoi qu’il arrive, le spectacle doit continuer, peut-on dire. Le personnel continue à délivrer le meilleur service possible alors même que leur vie est transformée par les politiques, les morts et les bombardements.

Création de Charlotte Jones, The Halcyon se présente comme une sorte de croisement entre Downton Abbey et Mr Selfridge et se propose de porter un regard sur cette période historique à travers le prisme de l’hôtel. Une large palette de personnages nous est alors introduite, au même titre que de multiples intrigues à l’impact variable.

The Halcyon commence par poser des bases familières, dont une romance entre Freddie Hamilton (Jamie Blackley), l’héritier de The Halcyon et Emma Garland, la fille du manager. L’histoire évoluera d’ailleurs pour prendre la forme d’un triangle amoureux qui aura un intérêt plus que limité.

Dès le premier épisode de The Halcyon, le mélange entre le sociopolitique et la romance se révèle mal équilibré, et le phénomène sera présent quasiment tout du long. Cela nous entrainera dans le pathos à l’occasion comme l’implication sur le terrain d’Emma (Hermione Corfield) dans l’effort de guerre et les discours radiophoniques du journaliste américain Joe O’Hara (Matt Ryan).

The Halcyon aborde par moment la guerre comme une sorte de checklist, consciente que certains évènements sont inévitables et vont bouleverser la vie des employés et propriétaires de l’hôtel. De ce fait, la série se montre manichéenne dans son portrait de la tragédie qui se joue, mais parvient à toucher juste à intervalles réguliers.

Ce fut le cas par exemple avec Peggy Taylor (Liz White) qui, bien que sous-développée, parviendra à créer une véritable vague émotionnelle lorsqu’elle sera affectée de plein fouet par la guerre.

Dans un registre différent et venant ainsi se confronter rapidement à la question du racisme, la romance entre la chanteuse Betsey Day (Kara Tointon) et le musicien Sonny Sullivan (Sope Dirisu) est celle qui se révèle la plus harmonieuse. Le sens un peu théâtral de la première permet de soutenir la mise en scène et l’alchimie entre les deux interprètes est bel et bien là.

De même, Toby (Edward Bluemel) parvient à tirer son épingle du jeu bien qu’il partait avec un handicap notable : il est le frère homosexuel qui vit dans l’ombre dans tous les domaines de sa vie privée. Moins bien considéré que Freddie et pourtant plus complexe que ce dernier, il sera le membre de la famille Hamilton le plus développé en bout de route.

Au fil des 8 épisodes qui composent la saison, The Halcyon tente donc à la fois d’examiner le contexte politique de l’époque et de revenir sur les mœurs en plongeant ses personnages dans des drames qui sont cependant traités avec superficialité. En voulant passer au crible le plus d’aspects possible, il n’est pas rare que l’équipe scénaristique ouvre des pistes narratives, mais n’aille pas toujours jusqu’au bout.

Le passé de Garland est alors signifié explicitement, mais cela ne débouche sur rien de concret autre que des problèmes peu intéressants. Lady Hamilton aura quant à elle un rôle malheureusement trop superficiel, malgré le potentiel indéniable du personnage, avec son franc-parler et sa nature hautaine. La capacité d’Olivia Williams à dynamiser une scène est évidente très tôt, encore plus lorsqu’elle est avec Steven Mackintosh.

The Halcyon se révèle au meilleur de sa forme dès lors que son univers menace de s’écrouler et que les intrigues se multiplient et nous entraine réellement dans les divers recoins de l’hôtel. On peut alors passer d’un moment purement sentimental à une scène de chantage avant de retourner vers quelques échanges amusants entre les protagonistes.

Cependant The Halcyon n’aura su solidifier vraiment sa formule, tâtonnant plus que nécessaire et se montrant tragiquement consensuel dès lors qu’il est question d’amour et de sacrifices au point d’être ennuyeuse. The Halcyon délivre alors une première et unique saison  trop inconsistante, les superbes robes de Betsey Day n’étant pas suffisantes pour pallier aux défauts. La série n’a pas été renouvelée pour une saison 2 et se termine en mettant un terme aux principaux arcs narratifs de sa saison, tout en laissant quelques éléments en suspens pour une suite qui n’a pas eu lieu.


Déjà publié, cet article de The Halcyon a été mis à jour et est remis en avant à l’occasion de la diffusion de la série sur France 3, à partir de ce jeudi 8 février à 20h55.

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