Sarah Linden s’apprête à quitter Seattle pour San Diego, et laisser sa place à Holder. Pour son dernier jour – et le premier de son collègue -, ils font équipe sur une nouvelle affaire autour de la disparition d’une adolescente, Rosie Larsen. Les parents de cette dernière cherchent à la retrouver quand ils apprennent qu’elle n’est pas allée à l’école, un évènement qui pousse alors Darren Richmond et le maire actuel de la ville à annuler le forum auquel ils allaient prendre part.

Qui a tué Rosie Larsen ? C’est la question que veut poser AMC avec The Killing, remake américain de la série danoise Forbrydelsen (aussi appelé The Killing chez nous). La série reprend donc le concept qui anime l’originale, soit s’intéresser à un meurtre en particulier en explorant trois points de vue : celui de la police, celui de la famille, et celui de la politique, inextricablement liés à l’affaire.

Ces deux premiers épisodes posent donc plus que les bases pour s’immerger dans l’univers de The Killing, ils nous présentent les personnalités bien distinctes de ces protagonistes, et fournit les développements nécessaires pour bien cerner les premières directions que la série va emprunter. La construction narrative se fait ainsi en douceur, suivant le schéma de base, avec une journée par épisode. La différence avec l’originale est que la version américaine en comprend 13 – contre 20 pour Forbrydelsen.

Pour le coup, les premières coupes narratives (pour ceux familiers avec la source) se feront ressentir vers la fin du second épisode, mais pour le reste, The Killing suit fidèlement le matériel de base, tout en cherchant à y insinuer des particularités américaines, qui devraient principalement prendre vie avec la partie politique.

En attendant, Sarah Linden fait équipe avec Holder pour le lancement de l’investigation sur la disparition de Rosie Larsen qui va enclencher un bouleversement majeur dans la vie de sa famille, et venir compliquer la campagne pour le poste de maire de Darren Richmond. La police tente de découvrir où elle peut se trouver, pour ensuite déterminer ce qui lui est arrivé. Il n’y a pas beaucoup de doutes sur le fait que nous passons forcément d’une disparition à un meurtre (le titre ne laissant pas de place aux suppositions !) et c’est donc dans cette voie, mais sans précipitation, que les débuts de la série nous conduisent. L’enchevêtrement de vies entrainées par la mort de Rosie est donc installé avec une maitrise qui est incontestable, si ce n’est qu’elle est trop appuyée par une musique par moment encombrante – et qui est très similaire à celle de la série originale.

The Killing prenant source dans une série réussie sous bien des aspects (aussi émotionnelle que captivante), elle reprend la formule avec succès, et les non familiers avec Forbrydelsen ont largement de quoi être attirés par cette version qui se montre à la fois stylisée et posée, s’affirmant déjà comme une série policière avec une identité bien définie.

Pour ceux qui ont vu l’originale, quelques différences se font ressentir, mais ce n’est assurément pas assez à ce stade pour justifier une implication plus forte. Le format (et la politique) poussera obligatoirement à aller plus droit au but et à créer alors de possibles changements – si le cœur est là pour tenter l’aventure américaine.