The Killing

the killing saison 2 The Killing : alors, qui a tué Rosie Larsen ? (saison 2)

Mercredi 20 juin 2012 à 9:00 | 8 commentaires | | | |

The Killing : alors, qui a tué Rosie Larsen ? (saison 2)

 The Killing : alors, qui a tué Rosie Larsen ? (saison 2) The Killing : alors, qui a tué Rosie Larsen ? (saison 2)par .

Suite à la découverte d’une fausse preuve, Linden repousse de nouveau son départ de Californie pour prouver l’innocence de Richmond. Ce dernier est cloué sur un lit d’hôpital après une tentative de meurtre. La famille Larsen n’arrive pas à faire le deuil de leur fille et Mitch quitte le foyer, laissant Stan prendre tout en charge.

Alors, qui a tué Rosie Larsen ? Cette question, posée dans le pilote de The Killing, doit (enfin) trouver une réponse à la fin de cette saison 2. Mais, est-elle vraiment suffisante pour motiver à regarder la série et cette fournée d’épisodes ?

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Présentée comme un nouveau mystère à la Twin Peaks, avec l’option casino, The Killing sera rarement à la hauteur quand il s’agira de maintenir un minimum de suspense autour du coupable, et ce, dès la saison 1. Qu’on se le dise, la seconde saison n’y changera rien.

La série, qui aurait pu offrir une vision authentique du monde policier en se penchant sur les multiples rouages d’une enquête, va aussi échouer de ce côté-là, accumulant les incohérences au point que ces inspecteurs apparaissent comme des incompétents par moment.

C’est plutôt navrant, car justement, Linden et Holder sont bel et bien LA raison de regarder The Killing. Il ne faut pas chercher plus loin, le duo de flics à lui tout seul pousse à lancer chaque épisode, la relation développée entre ces deux-là étant le moteur même du show.

Les journées passent et Veena Sud et son équipe vont prendre un malin plaisir à mettre sur leur route tous les obstacles possibles et inimaginables pour les éloigner de la résolution. Ainsi, Linden et Holder tournent presque en rond, comme des animaux en cage, coincés par la volonté scénaristique qui ne veut pas qu’ils accomplissent du vrai travail de policier.

De cette façon, il y alors le temps pour s’arrêter un peu plus sur la vie privée de Linden, une mauvaise mère qui tente du mieux qu’elle peut d’élever un fils qu’elle trimballe de motel en motel. Jack est un frein à l’enquête, mais il est aussi ce qui permet d’étaler en plein jour les troubles psychologiques de sa mère qui se font de plus en plus omniprésents à force que la saison avance et que l’investigation ne débouche nulle part. Obsessive, impulsive, têtue, Linden est un bout de femme imparfait et captivant, magnifié par la performance de Mireille Enos.

À ses côtés, Holder va, après avoir réalisé qu’il avait pris l’une des plus mauvaises décisions de sa vie, s’imposer comme cette figure fraternelle qui est là, coûte que coûte ; il ne dit pas toujours ce qu’elle veut entendre, et il se retrouvera à marcher plus d’une fois, mais il est aussi celui sur qui Linden peut compter dans les pires moments. Il est un peu la bouée de sauvetage, celui auquel elle peut se raccrocher et qui l’empêche de trop dériver. Si elle l’entraine encore plus loin dans son besoin de résoudre cette affaire, il est là pour éviter qu’elle se laisse totalement consumer par son enquête – même s’il le fait de la manière la plus abstraite qui soit, car elle l’écoute rarement. Là aussi, Joel Kinnaman nous offre une interprétation impeccable, qui aide même à garder le personnage des plus cohérents, malgré les égarements scénaristiques.

Dans l’univers de The Killing, ils ne sont pas seuls, la série se construisant autour des trois points de vue : la police, la famille et la politique. Contrairement à la première saison, la seconde ne cherchera d’ailleurs pas d’équilibre entre ses trois parties. C’est tant mieux et cela va, à un certain niveau, aider l’ensemble des épisodes. L’équipe créative n’ayant jamais consacré de temps à faire de Rosie Larsen plus qu’un accessoire scénaristique, la tragédie familiale avait bien du mal à être touchante et éprouvante. Au lieu de cela, sa mère Mitch s’était faite détestable (ce qui, en soi, revient du grand art) et chacune de ses apparitions tend à rester dans cette lignée. Seulement, Mitch va s’éloigner de sa famille, incapable d’affronter le deuil, laissant son mari s’occuper de ses deux enfants. Les Larsen, père et fils, en compagnie de tante Terry, cherchent à surmonter l’épreuve et Brent Sexton se montre à la hauteur de la tâche, exposant un père qui passe par bien des étapes, qui ne sait pas toujours comment s’exprimer auprès de ses enfants et qui doit trouver comment aller de l’avant, après avoir accumulé pas mal d’erreurs. Il s’agit bel et bien de réussir à vivre au jour le jour pour éviter que la famille éclate en morceaux.

Pour Richmond, la campagne continue, mais avant cela, il y a le cliffhanger de fin de saison 1, la balle qui l’a prise et qui l’a paralysé. The Killing n’est certainement pas à un cliché près et l’équipe créative se sera, volontairement semble-t-il, compliqué la tâche. C’est l’histoire d’une chute, d’une remontée d’un homme, avec un sacrifice à l’arrivée ; contre toute attente, l’intrigue était prête à foncer droit dans le mur un nombre incalculable de fois, mais évitera régulièrement le crash, tentant de garder le cap – et par moment, très difficilement.

Alors, qui a tué Rosie Larsen ? La question obtient une réponse, et la série la délivre sans une once d’étincelles. À la fin, Holder et Linden sont juste épuisés psychologiquement, et une certaine lassitude avec un brin de mélancolie émergent. The Killing a déroulé son affaire sur trop d’épisodes, détruisant la tension de l’enquête, et empêchant d’être happé par son mystère.  Elle trouve alors sa plus grande force dans son casting, et son incroyable tandem policier, bien plus fascinant que la tragique mort d’une adolescente.

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  • FrigoVince

    Bilan de saison très injuste pour une série qui peine décidément (et c’est tant mieux) à satisfaire les accros aux tensions, trépidations, et autres nervosités chroniques présentes dans tant de séries « policières ». Parfois pour le meilleur (« The Shield », « Homeland »…) souvent pour le pire (« 24″ et tant d’autres).
    Pendant ses deux saisons, « The Killing » a tenté de dire autre chose et différemment.
    Elle a décidément été bien mal entendue.

  • Plixel

    Arrivé à la fin de cette seconde saison, je crois que je suis autant épuisé que Linden et Holder. Que ce fut long pour en arriver là, je crois que tous les protagonistes ont, à un moment ou à un autre été soupçonné du meurtre de Rosie…à trop vouloir continuellement brouiller les pistes, les scénaristes n’ont réussi qu’une seule chose : perdre le spectateur. Je dois dire que je me suis parfois mortellement ennuyé devant cette saison, pas aidée par son format 1 épisode-1 journée.
    Le positif que je ressors de cette saison reste la relation Linder-Holder, bien aidée par la performance des acteurs. Je me suis bien attaché à ce couple de policier pas comme les autres, fragile mais toujours sincère l’un envers l’autre, essayant de maîtriser les évènements comme ils peuvent pour garder le cap. Avec un seul objectif en tête, obsessionnel et dévoreur : la vérité, à tout prix. Mais au final, la vérité se révèle être encore plus destructible que tout le reste, à l’image de la dernière scène entre Holder et Linden où cette dernière semble encore plus au fond du trou qu’autre chose. Et que dire des Larsen pour qui il n’y aura jamais de répit.

    Si saison 3 il y a, j’espère sincèrement que Linden aura eu le temps de faire une sieste.

  • http://where-is-antoine.posterous.com/ Antoine

    A moins d’être dépourvu de cœur et de toute sensibilité, je ne comprends pas que l’on puisse penser que « L’équipe créative n’ayant jamais consacré de temps à faire de Rosie Larsen plus qu’un accessoire scénaristique, la tragédie familiale avait bien du mal à être touchante et éprouvante. »
    La tragédie m’avait particulièrement ému, dès le pilote.

    La saison 1 était quand même captivante, mais comme beaucoup de monde, j’ai été terriblement déçu lors du final, étant persuadé que l’on découvrirait l’auteur du meurtre à ce moment là.
    Déçu au point que j’ai tardé à regarder la saison 2.

    Celle-ci était beaucoup plus lente (frôlant par moments l’ennui) et l’on a ressenti par moments que les scénaristes s’étaient fait prendre au piège que de poursuivre l’histoire une année supplémentaire, rajoutant des intrigues et sous-intrigues inutiles.

    En clair, une seule saison aurait dû constituer l’affaire autour du meurtre de Rosie Larsen, en 13 ou 22 épisodes, mais cela aurait été suffisant.

    En revanche je ne regrette pas m’être plongé dans cette deuxième saison car je suis entièrement satisfait de la résolution.

    Si saison 3 il y a (il faut pour cela se tourner vers Direct TV…) je serai de la partie, mais l’équipe créatrice devra (et je pense qu’elle en a conscience) consacrer une intrigue par saison, et non sur plusieurs saisons.

  • JUL

    Saison 2 finit et je ne comprend pas …

    Pour quoi s’être acharné avec the killing, série d’une qualité exemplaire qui mérite largement à être connu .
    Ne connaissant pas la version d’origine il est probable que ma vision ne soit pas très objective.

    Quand bien même elle reste une série policière intense, le casting est troublant de vérité, l’histoire est bouleversante.

    Encore une fois je ne comprend pas le mépris qu’il y a eut tout au long des critiques des épisodes de la saison 1 et le bilan de S2 .

    En plus de l’interprétation irréprochable, les lieux et la ville en générale donnent une vraie empreinte visuelle qui contribue beaucoup à l’atmosphère de la série. On nous offre une carte postale de l’amérique (de seattle) pluvieuse certes mais authentique.

    Bien sur il y a des longueurs et quelques défauts et il vous faudra un minimum d’investissement pour suivre car on est pas devant une série du type « les experts à … » « bones » « body of … » etc.

    Regarder the killing, c’est un peu comme se plonger dans un bon roman policier, avec de nombreux personnages complexes et des sous intrigues. Et mise à part HBO Showtime ou FX il n’y pas beaucoup de chaine qui étaient en mesure de nous offrir une série de ce calibre donc merci à AMC en espérant pouvoir profiter d’une saison 3, 4, … sur une autre chaine (direct tv ?) avec grand plaisir !

  • Clem

    A force d’entendre tout et son contraire sur The Killing j’avoue ne pas savoir que penser et si ça vaut le coup de ‘sy mettre.
    Ayant vu la version originale, ma question est : l’histoire est-elle à peu de choses près la même que dans Forbrydelsen ou bien est-ce une série vraiment différente ?

  • http://www.critictoo.com Carole

    Au départ, elles sont très similaires – voire identiques sur le déroulement. Puis, elle va faire des changements qui mèneront souvent au même résultat dans l’enquête. Elle va finir par bien se démarquer, et la saison 2 n’a plus rien à voir du tout avec l’original (même si tu peux y retrouver des liens, si ce n’est qu’à la différence d’avant, ils sont subtils). Linden et Holder ne sont pas Lund et Meyer, ce qui est une bonne chose, même si dans le cas de Sarah, il faut attendre un peu pour que le personnage réussisse à prendre de l’ampleur (il faut dire que ce n’était pas la chose la plus aisée qui soit avec Sarah Lund dans l’ombre !). Le problème est que c’est une série assez incohérente au niveau de l’enquête. Ils font des choses assez absurdes, et l’intrigue en pâtit beaucoup.

    Ah … Et au cas où, ce n’est pas le même coupable.

  • Clem

    Merci Carole pour ces précisions. Je crains de ne pas réussir à me détacher de l’original et m’enfermer dans des comparaisons probablement stériles, donc je vais attendre d’avoir un peu oublié Forbrydelsen. Mais vu que les avis ont l’air très partagés, ça donne envie de se faire son idée ;-)

  • Farenheit

    Je dois dire que je suis assez d’accord avec vous sur certains points. Les scénaristes ont pour moi échoué dans leur tentative de faire de The Killing un thriller qui marque l’esprit. A trop vouloir en faire, on finit par perdre le spectateur. Nous avons quand même eu en deux saisons : Des épisodes sans rapport avec l’enquete, des fausses pistes mal gérées, des cliffhangers ratés.

    Je pense que la série aurait plus gagner à tendre vers le Whodunit à la Twin Peaks, Murder One ou Brodchurch. C’est à dire que l’on aurait du avoir toute les pièces du puzzle depuis le début ! Si les scénaristes avaient respecté cette règle élémentaire des romans policiers, The Killing serait moins critiqué. Il faut que l’on se dise à la fin de l’histoire :  » Ah, c’était évident ! On avait la réponse sous nos yeux.  » Hors dans ce show, le spectateur n’est pas impliqué et est exclu de l’enquête. C’est dommage.

    Heureusement, The Killing brille avec un casting parfait ! Et que dire des personnages. J’ai détesté Jimmy et Mitch. Et honte à moi, j’ai détesté Sarah Linden ! C’est l’héroïne et pourtant je l’ai trouvé insupportable, j’ai eu beaucoup de mal à avoir de l’empathie pour elle ( mauvais flic de surcroit ). J’ai adoré Terri ( extraordinaire du début à la fin ), Holder, Stan et surtout Richmond même si la fin du show ne présage rien de bon pour la ville.

    Même si l’assassin de Rosie était prévisible dès le début de la série. J’ai été bluffé par le Twist Final ( pour ne pas spoiler ) sur la véritable fin de Rosie ! Je ne m’y attendais pas. C’est là qu’on peut se demander si les scénaristes ont fait cette conclusion d’enquête uniquement pour surprendre… On est sur un sentiment de frustration, on se demande si la vérité n’aurait pas du rester enfouie. Mais le résultat est là, et lorsque la vérité éclate, c’est puissant !

    Et pour finir, je suis de votre avis sur le cas Rosie. Elle aurait du être plus utilisée. Je dois avouer que j’ai été ému aux larmes lors des flashback du dernier épisode et que dire des dernières minutes du show…

    Bref ! The Killing est un show à voir, imparfait, parfois plat mais certains moments valent le coup.

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