Holder et Sarah recherchent Stan pour éviter qu’il commette l’irréparable. Le maire utilise les soupçons de la police pour entrainer Richmond vers sa chute.

Après avoir implémenté le passé de Stan, le précédent épisode basait son cliffhanger sur ces informations, dans le but de laisser penser qu’il pouvait commettre l’irréparable. Malheureusement, la construction narrative pour désamorcer la situation ne sera pas très efficace. Ce passage aura en tout cas eu pour principal but d’établir que Stan n’est plus l’homme qu’il fut, et la suite de l’épisode placera bien plus aisément Mitch dans la peau du membre de la famille qui pourrait réclamer vengeance. Une direction dans laquelle personne ne l’avait entrainé, mais le feu sera attisé par les propos de sa mère. Sans oublier Belko et son « ami à l’école » de Rosie, qui lui fournit de bien étranges informations.

Si Bennet ne parait pas très suspect, la série ne lâche pas pour autant l’affaire, et Linden et Holder poursuivent leur enquête pour déterminer exactement ce qui s’est passé cette fameuse nuit chez Ahmed. La situation de sa femme tend à la rayer de la liste des suspects, alors que le nom de Muhammad fait surface.

L’enquête prend une direction particulière qui nous éloigne toujours des actions de Rosie. En suivant les pas de Bennet, ni Linden ni Holder ne tentent de directement retracer les pas de la fille Larsen – mais de le faire indirectement, ce qui mène presque à une impasse si Bennet n’est pas le coupable (ce qui reste fort probable).

L’importe est peut-être de permettre à cette mort de prendre une importance dans la vie de Linden, ce qui affecte sa vie privée. Encore une fois, l’évocation du passé surgit, avec sa mère lui rappelant une autre affaire. Elle se fait au moins plus explicite en termes de dévouement à la résolution du dossier et des conséquences que cela a failli avoir – soit la perte de la garde de son fils. Le comportement de Sarah influe clairement sur la vie de ceux qui l’entourent, comme lui fait plus que remarquer Holder quand il pointe ses possibilités de carrière et le danger qu’elle fait peser dessus en restant dans le coin. Malgré cela, il faut quand même noter qu’il existe une dynamique solide dans le duo, très convaincant, et qu’il ne parait pas si gêné que cela de la voir rester – en tout cas, il ne se fait pas très insistant.

Les soupçons de la police ont aussi changé la donne dans la campagne politique de Richmond, qui tente de garder la tête à la surface de l’eau, mais qui chute forcément, et se voient contrer par un maire décidé à l’éliminer. Il semble que seulement Richmond croit en l’adage de l’« innocent jusqu’à preuve du contraire ». Une chute violente dans les statistiques parait naturelle, la manipulation politique peine plus à s’inscrire dans une logique du système américain*. L’épisode s’oriente aussi un peu sur sa vie privée, trouvant dans la mort de sa femme la possibilité de mettre de nouveau en avant ses blessures et d’expliciter une part de son comportement.

Avec Vengeance, The Killing poursuit l’enquête autour de son principal suspect, et l’illustration des répercussions sur la famille et la politique. Ces deux points de vue ne parviennent pas à posséder l’attrait que l’investigation, soutenue par le duo Linden/Holder, suscite.

* Dans Forbrydelsen, Troels Hartmann (soit le Richmond danois) possédait réellement le pouvoir pour suspendre le professeur, mais il ne le fait pas pour des raisons morales.

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CaroleC
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