The Knick Saison 2 : L’économie du progrès

17 Nov 2017 à 12:00

The Knick - Saison 2

Une fois que la seconde saison de The Knick s’est terminée, il a été confirmé que, depuis le début, l’histoire du docteur Thackery (Clive Owen) et de ses collègues du Knickerbocker devait justement être racontée en seulement deux saisons. Il est important de garder cela en mémoire, car les dix épisodes qui constituent cette saison 2 forment clairement un second acte qui ne révèle sa réelle force qu’une fois que l’on est arrivé à le mettre en perspective vis-à-vis du premier.

Les plus grandes qualités de The Knick se situent dans la réalisation de Steven Soderbergh et dans son casting impeccable, plus que dans les scénarios de Jack Amiel et Michael Begler. Cela ne change d’aucune manière quand nous reconnectons avec Thack, Bertie (Michael Angarano), Algie (Andre Holland) et les autres. Néanmoins, ce qu’ils traversent ici est ce qui permet à l’ensemble d’avoir quelque chose à dire et de ne pas être simplement un bien joli spectacle.

Le souci est que cette seconde saison tarde réellement à trouver l’énergie qu’il lui fallait pour élever son propos rapidement. Quand nous replongeons dans la vie des employés du Knickerbocker, les dynamiques sont bouleversées. Sans Thack pour mener la danse, les ambitions des uns marchent sur les rêves des autres. Les conventions de l’époque continuent de défier le progrès. L’argent coule d’un côté et manque d’un autre.

L’histoire reprend ainsi avec le début de la construction du nouvel hôpital, mais également avec le retour à New York du docteur Thackery et de Cornelia (Juliet Rylance). Si lui retrouve une place proche de celle qu’il occupait auparavant, elle n’a pas ce luxe, mais elle évolue cependant sur une piste qui nous offre une vision plus globale de l’univers du show.

Concrètement, The Knick tente de donner à chacune de ses figures proéminentes un sujet à creuser. Comme Gallinger (Eric Johnson) qui est encouragé à nous parler de la progression des théories sur l’eugénisme au début du siècle, certains contribuent à dépeindre cette époque sans embellissement. C’est par ailleurs cette approche qui transpire l’authenticité qui rend la série unique dans son ton, là où d’autres ne peuvent se retenir de développer des propos aussi modernes qu’anachroniques. Amiel et Begler nous montrent une réalité qu’il serait regrettable d’oublier.

The Knick - Saison 2

Par contre, ils ne peuvent pas s’empêcher de digresser. Les affaires d’Herman Barrow (Jeremy Bobb), le gérant de l’hôpital, ont le mérite d’être diamétralement opposées à ce qui nous était proposé en saison 1, mais aucun point réellement substantiel ne finit par sortir de cette histoire qui s’avère par moment être de trop.

Au milieu de tout cela, Thack et Algie ne dominent plus réellement la série. The Knick est devenue un véritable ensemble show et les deux principales figures de la saison 1, ceux qui révolutionnaient la médecine et militaient pour le progrès, sont trop souvent négligées.

Le souci est que, en cherchant à développer plus de thématiques, les scénaristes étouffent les voix les plus fortes qu’ils avaient à leur disposition. Bien entendu, le docteur Thackery reprendra la main pour être au cœur de la conclusion, donnant à la seconde moitié de la saison l’énergie qui manquait à la première. Néanmoins, le parcours du personnage aurait gagné à être plus mis en valeur pour que ce qui fut construit en saison 1 puisse payer plus rapidement.

Au bout du compte, The Knick forme un tout qu’il est probablement préférable de voir d’une traite pour que les routes suivies dans cette saison 2 n’apparaissent pas comme étant par moment malavisées. Cela dit, la série conserve bien sa personnalité, ses qualités esthétiques, son ton si particulier et sa capacité à dépeindre les mœurs du début du 20ème siècle sans fioriture.

On peut alors regretter que, si les sujets développés sont souvent édifiants, cela n’apporte pas autant qu’escompter à l’histoire. The Knick est indéniablement une série à part et son principal problème est que l’on ne pouvait qu’en attendre plus d’elle. Les scénaristes voulaient trop en dire et on choisit pour le faire de suivre une route qui diminua les forces premières de leur show.

Désormais terminée, The Knick forme un diptyque culturellement pertinent avec des moments de pur génie, mais manque au final de cohésion. Cela est légèrement décevant, mais pas au point où on pourrait penser que la série ne mérite pas d’être revue. Une seconde visite chez le docteur Thackery pourrait bien donner un résultat plus intéressant encore maintenant que la destination est connue.

Déjà publié en janvier 2016, cet article est aujourd’hui remis en avant à l’occasion de la diffusion de cette saison 2 de The Knick sur France Ô dès ce vendredi 17 novembre à partir de 23h05 . Elle est également disponible en DVD.

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