The L Word : leur monde à elles

Jenny Shecter tire sa révérence, Bette & Tina souhaitent agrandir leur famille, Max attend un enfant, Helena renoue avec le passé, Alice soigne ses soucis de couple et Shane est la dernière concubine de Jenny. Dernière saison de la série, mais qui donc a tué Jenny Shecter?

Après six années de diffusion sur Showtime, The L word s’est achevée avec huit épisodes assez inégaux dans l’ensemble, et sur une fin controversée… La série aura vu évoluer Jenny tout au long de la série, elle a douté, découvert une vie sexuelle refoulée, grandie, souffert, elle a avancé, mais sans jamais vraiment s’épanouir ni s’intégrer au sein de cette communauté homosexuelle décrite comme une vraie famille dans le dernier épisode.

Un peu comme le noyau central de cette famille, le couple Bette et Tina garde son statut de modèle, de référence en matière de relations conjugales. Malgré les avances répétées de la nouvelle associée de Bette, elle jure fidélité à Tina. Elles se font confiance, décident même d’adopter un second enfant, les difficultés de ce côté-là se sont accumulées au fil des épisodes, sans avoir de réel aboutissement. De bons souvenirs parsèment la saison pour ces deux personnages, une Tina qui s’affirme, une Bette qui n’aura jamais autant ri et cette dernière scène d’amour, tendre et enflammé.

D’autres personnages ont perdu de leur saveur, ou ne l’ont pas regagné. À commencer par Helena, qui a quelque peu laissé tomber toute sa ténacité et sa fougue. En retournant vers Dylan, celle qui l’avait tant anéantie, elle retrouve une histoire d’amour perdue, mais sa rupture en fin de saison est un soulagement, teinté quand même de déception quand on prend du recul sur son parcours. Alice a toujours autant de soucis de couple, c’est simple, les prises de tête sont un naturel chez elle. Cela dit, elle apporte la touche de légèreté à l’histoire avec ses petites combines, mais sa relation avec Tasha est plutôt ennuyeuse… J’aurais presque préféré voir  la composante ‘Jamie sème la pagaille dans le couple’ plus tôt. Au moins, ses enfantillages contribuent à des moments distrayants, contrairement à Max qui a apporté son lot de mélancolie. Enceint, son histoire est surtout là pour coller à l’actualité américaine, et s’il a eu beaucoup de mal à se faire à cette maternité, le dernier épisode nous montre que même soucieux de l’avenir, il se fait à l’idée de devenir parent. Sa storyline nous a encore montré que la gent masculine a toujours le mauvais rôle, le père de l’enfant ayant carrément disparu. Seul un homme nous laisse une touche d’espoir. Tellement admiratif de ce monde homosexuel et travesti, il devient Sunset Boulevard la nuit et organise des soirées au sein du Hit club, géré par Kit. Celle-ci ne va ouvrir les yeux sur l’homme qui se cache derrière le mascara que très tardivement dans la saison. Dommage.

Le dernier chapitre qui nous intéresse aussi cette saison, c’est la relation Shane/Jenny. Leur connexion et leur amitié ont toujours été très fortes, deux données importantes dans leur relation amoureuse. Mais Jenny est devenue tellement exécrable depuis les dernières saisons, même envers Shane, elle continue de faire des crasses, dont celle de cacher la lettre de Molly. Je l’ai déjà dit en début de texte, mais Jenny est d’abord là pour l’œil du spectateur, sauf qu’au fil de l’histoire, son ego gagne en pouvoir, elle avance, mais souffre, et reste aux prises de ses propres démons. Rien ne l’arrête dans sa course éperdue à vouloir se faire accepter à tout prix, alors qu’elle détruit les relations qui gravitent autour d’elle. Le personnage devient méprisant, au point que bon nombre de personnages souhaitent sa mort, même les spectateurs. Dès le début de cette saison, on sait que Jenny va mourir. Sept épisodes plus tard, le season finale nous montre tous les personnages vivant près d’elle, décident même de gommer toutes les querelles, pour Shane, alors que la découverte des négatifs volés pourrait à nouveau changer la donne… Mais  Jenny décède, sans qu’on sache pourquoi, ni par qui. C’est un choix étonnant de la part de la créatrice Ilene Chaiken, forcément très contesté de la part des spectateurs, mais bien vu pour une suite des évènements avec la série spin-off The Farm dont le personnage principal, Alice, se retrouve en prison pour meurtre…

En prenant du recul, mes meilleurs souvenirs de cette dernière saison font surtout référence à quatre épisodes, celui de l’annonce du couple Shane/Jenny, où Bette est totalement hilare, celui du test de Dylan, la salle vidéo, les popcorns…, et puis l’épisode spécial danse. Certes, le dernier épisode nous laisse en suspens, un sondage a même vu le jour sur le site officiel, mais il reste l’un des mieux construit et écrit. Et puis, je garde en mémoire la belle histoire de Bette & Tina, qui reste l’un des plus beaux couples de la télévision.

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