The Larry Sanders Show

De The Dick Van Dyke Show au début des années 60 à 30 Rock, il y a toujours eu des séries pour nous parler de la télévision. Après tout, les scénaristes écrivent avant toute chose sur ce qu’ils connaissent le mieux et leur travail est sans discuter le sujet qu’ils maitrisent le plus. C’est en suivant cette logique que Gary Shandling – avec Dennis Klein – développa à la fin des années 80 The Larry Sanders Show, une comédie HBO devenue culte et qui reste une référence de son époque.

Comédien qui débuta dans le milieu du stand-up à Los Angeles, Shandling s’est fait un nom en passant par The Tonight Show, alors animé par le légendaire Johnny Carson. Invité régulier de l’émission, il finira par passer de l’autre côté du bureau pour servir occasionnellement d’animateur, remplaçant Carson quand celui-ci était indisposé ou en vacances.

Fort de cette expérience et d’une popularité grandissante grâce à la rediffusion sur FOX de son précédent show, It’s Gary Shandling’s Show (Showtime, 1986-1990), le comédien se voit offrir l’opportunité de donner le jour à une nouvelle série. Celle-ci sera donc The Larry Sanders Show, un talk-show satirique.

On plonge ainsi dans le quotidien de Larry Sanders qui est le présentateur d’un talk-show populaire programmé sur le câble, The Larry Sanders Show. Son existence est pavée d’embuches, entre les invités, ses employés, son producteur, les dirigeants de la chaine et sa vie personnelle. Larry fait de son mieux pour satisfaire son égo de star et embrasser son narcissisme.

Diffusée sur HBO durant 6 saisons pour un total de 89 épisodes, la série prend la forme d’une traditionnelle comédie single-camera qui nous entraine de l’autre côté du décor. Du moins, durant une partie seulement, car chaque épisode contient également des scènes de talk-show enregistrées dans des conditions réelles avec des invités jouant leurs propres rôles devant un véritable public.

Lancée en aout 1992, The Larry Sanders Show est une fenêtre sur la pop culture américaine de son temps, mais cela ne l’empêche pas d’être encore moderne dans son ton et dans ses thématiques. Néanmoins, il est indéniable qu’être familier avec l’univers du show-business de l’époque permet d’apprécier l’humour tournant autour des invités de Larry – de même que les monologues d’ouverture du talk-show qui demandent une certaine remise en contexte pour être compris. Cela dit, passer à côté n’entame pas le plaisir du visionnage.

Si être ancrée dans les années 90 provoque un décalage esthétique notable, la série n’a pas souffert du poids des années au niveau de son écriture. Les dialogues sont affutés, les blagues font mouche, le comique de situation est d’une rare efficacité et les comédiens débordent d’énergie. En tête, Gary Shandling s’impose comme une force de la nature avec son style particulier, parvenant à rester sympathique en dépit de ses névroses et d’un narcissisme hors de contrôle. A ses côtés, Jeffrey Tambor et Rip Torn le complètent merveilleusement bien dans la peau de Hank et Artie – respectivement le sidekick et le boss qui tentent de manipuler Larry pour servir leurs propres intérêts.

The Larry Sanders Show offre donc un regard acide et intelligent sur l’industrie avec une touche d’autodérision qui conserve toute sa fraicheur. On peut par contre regretter que l’approche méta perde malheureusement un peu de son impact avec les années, mais cela n’affecte pas pour autant l’humour dévastateur du show.

Deux décennies après son lancement, The Larry Sanders Show reste ainsi une incontournable dans son genre et le fait que les talk-shows américains soient aujourd’hui plus accessibles de chez nous qu’à l’époque rend cette immersion encore plus efficace.