The Newsroom : Good evening, I’m Will McAvoy (saison 1)

4 Sep 2012 à 9:00

Will McAvoy est présentateur de New Night, le programme phare de la chaine d’informations câblée ACN. Deux semaines après une intervention publique controversée, il est prêt à reprendre son travail, mais il découvre que son équipe l’a quitté et que son ex-petite amie a été engagée pour être la nouvelle productrice de l’émission.

Après avoir fait parler de lui pour son travail sur Moneyball et The Social Network, Aaron Sorkin est de retour à la télévision avec The Newsroom sur HBO. Le créateur de Sports Night, The West Wing et de la bien moins réussie Studio 60 on Sunset Strip est clairement obsédé par les coulisses, et cette fois-ci, c’est dans celles d’une émission d’informations qu’il nous emmène.

Jeff Daniels incarne Will McAvoy, un présentateur réputé qui a perdu quelque peu son sens des valeurs au profit d’une audience solide. Quand il fait un discours controversé à la télévision, sa vie se désintègre et il doit tout reconstruire. C’est là qu’intervient MacKenzie McHale (Emily Mortimer), son ex-petite amie engagée pour être la nouvelle productrice de son émission. Elle va le pousser à reprendre le contrôle, soit de choisir de faire un show de qualité même si cela signifie perdre des téléspectateurs.

The Newsroom se déroule dans un passé proche, et Sorkin s’appuie donc sur une histoire qui est connue d’avance ; il n’est alors pas question pour Will McAvoy et son équipe d’exposer la vérité, mais de reporter et traiter l’information avec éthique. À une époque où le milieu journalistique est en pleine mutation et où la qualité du travail délivré par la presse est régulièrement remise en cause, The Newsroom prône un idéalisme qui a quelque peu déserté la profession  pour des raisons majoritairement monétaires. Involontairement ou non, la série se fera parfois condescendante, tout particulièrement dans les premiers épisodes de la saison. Il faut dire que son créateur se montre trop pédagogique sur certains sujets, ce qui frôle par moment l’insulte. Sorkin manquera aussi un peu d’imagination quand il s’agit d’expliquer comment un membre de l’équipe obtient une information (généralement, il connait quelqu’un, c’est juste merveilleux).

Will McAvoy le dit lui-même, il est en « mission pour civiliser » et malgré le manque de subtilité dans l’écriture, cela n’empêche pas la série de faire de terribles constats sur le traitement de l’information de nos jours. Le présentateur devient alors inévitablement une sorte d’icône qui fait rêver à un monde meilleur. Après tout, il ne faut pas oublier que l’histoire de Will est celle d’un homme qui a décidé de changer les choses, et non celle d’un homme qui a toujours bien fait les choses.

Et, justement, The Newsroom utilise avant tout l’émission d’informations comme image de fond, ce qui compte, ce sont les histoires des personnages. Sorkin délivre comme à son habitude une série relationnelle. D’ailleurs, il y a une raison pour laquelle son style d’écriture est si reconnaissable, car, au-delà des « sorkinism », ses épisodes se construisent autour de procédés narratifs qu’il a usés et abusés dans ces précédents shows.

Rien d’étonnant alors de voir la vie sentimentale des protagonistes occupés une place prépondérante dans la série. Ainsi, dès le pilote est installé le triangle amoureux entre Jim (John Gallagher Jr.), Maggie (Alison Pill) et ce pauvre Don (Thomas Sadoski), qui est coincé entre deux incompétents décidés à faire souffrir tout le monde et à prendre les pires décisions possible tout du long. Neal Sampat (Dev Patel), qui tient le blog de Will, et Sloan Sabbith (Olivia Munn), une économiste, on l’avantage d’être développé sous un angle différent qui aide les deux personnages à se montrer attachant sans dépendre d’un tiers.  À côté, le comportement névrosé de MacKenzie et le ton narquois de Will fait des étincelles et là, le style Sorkin fonctionne vraiment, que ce soit dans leurs échanges professionnels ou leurs disputes personnelles. Jeff Daniels et Emily Mortimer mènent donc la danse, soutenue par Sam Waterston dans la seconde partie de saison.

Aaron Sorkin offre une première saison de The Newsroom imparfaite, mais qui a réussi à se poser et à trouver son style. La saison aurait sûrement été un cran au-dessus si elle s’était un peu moins concentrée sur la relation entre Jim et Maggie, surtout qu’on n’est pas arrivé au bout de cette histoire. Mais, avec 10 épisodes, c’est le genre de choses qui reste tolérable et qui se fait éclipser par le reste et tout le plaisir que le visionnage peut procurer. Car, The Newsroom, c’est autant une comédie romantique qu’une série journalistique ou qu’un drame humain capable de faire rire et vibrer.

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