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The Newsroom 1x01 The Newsroom   We Just Decided To (1.01   Pilote)

Lundi 25 juin 2012 à 12:24 | 3 commentaires | | | |

The Newsroom – We Just Decided To (1.01 – Pilote)

 The Newsroom   We Just Decided To (1.01   Pilote) The Newsroom   We Just Decided To (1.01   Pilote)par .

Deux semaines après une intervention publique très controversée, Will McAvoy se prépare à reprendre son travail de présentation de l’émission d’information News Night. Il découvre alors que son équipe l’a quitté et il n’a pas d’autre choix que d’accepter de travailler avec Mackenzie MacHale avec laquelle il partage un passé plus que conflictuel.

Aaron Sorkin fait son grand retour à la télévision avec The Newsroom sur HBO. Il replonge ainsi dans l’univers de l’information, sauf que contrairement à Sports Night, il ne s’agit pas d’une comédie – ni de sport d’ailleurs.

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On découvre ainsi les coulisses d’un journal d’information diffusé sur le câble, sur le réseau fictif ACN – Atlantis Cable News, clairement en référence à CNN qui est basée à Atlanta. Cela dit, on commence par toute autre chose, car The Newsroom ne se résume indéniablement pas à la vie quotidienne d’une rédaction. Nous rencontrons ainsi Will McAvoy alors qu’il participe à un débat public. Il est connu pour son absence de prises de position ; sa neutralité a fait son succès, mais il fait tomber les masques et révèle au monde qu’il pense que l’Amérique est dans une mauvaise posture, et qu’il serait temps de l’admettre pour commencer à changer les choses.

C’est le moment le plus important de l’épisode, et probablement de la série tout entière, car c’est le message qui se cache derrière tout le reste. Sorkin n’a clairement pas choisi d’enrober ses opinions et préfère les exposer pleinement. On aura ainsi droit à plus de développements autour d’une idée de base parlant de la responsabilité des médias dans le problème pourrissant le cœur du rêve américain. Mackenzie est alors introduite comme étant celle qui vient pour faire le travail, pour permettre à Will d’être l’architecte du changement qu’il réclame.

Cela dit, Will a un égo assez important et tout ceci va demander un peu d’accompagnement. Du coup, on étend la réflexion en la détaillant, ce qui donne par moment des dialogues un peu long qui noient le problème au milieu de l’exposition d’intérêts personnels devant servir à crédibiliser les relations entre les personnages. Heureusement, on finit par nous révéler que tout ceci prend place en 2010 et qu’il y a une catastrophe à couvrir. Est-ce un moyen pour Aaron Sorkin de nous montrer comment l’information aurait dû être traitée à l’époque ou est-ce simplement une solution pour permettre de maintenir une connexion avec le téléspectateur qui sait à tout moment de quoi il est question ? Probablement un peu des deux.

Quoi qu’il en soit, le débat sur ce que le peuple américain est prêt à entendre et sur ce qu’il a besoin qu’on lui dise est remis à plus tard, car il y aura d’autres épisodes pour creuser la question. On enchaine sur le traitement de l’explosion de Deepwater Horizon le 20 avril 2010, ce qui donne à Will et Mackensie l’opportunité de faire de la grande télévision et d’illustrer tout ce que l’on tente de nous expliquer depuis le début.

Cette transition de la théorie à la pratique est probablement plus proche de ce que sera la série par la suite que tout ce que la première partie de ce pilote nous délivrait. Ce n’est pas forcément la meilleure chose qui soit, étant donné que tout devient vraiment mécanique, malgré le fait que l’on nous suggère une grosse part d’improvisation. La gestion de l’espace et des informations est alors desservie par un dialogue continu qui se maintient par un passage de relai contrôlé à la milliseconde. C’est le style de l’auteur, mais ça ne fonctionne pas pour autant en continu, car le message se perd en cours de route et l’histoire se banalise au milieu de cette mécanique trop bien huilée.

À ce stade, on peut se demander si The Newsroom s’imposera comme une série engagée d’un bout à l’autre ou si, une fois passé l’enthousiasme du début, le show va juste se réduire à devenir un simple drame relationnel sur fond de journal d’information. D’autres l’ont déjà fait, alors il faut espérer que Will MacAvoy restera enragé quelque temps encore.

Au final, ce pilote de The Newsroom aurait certainement bénéficié d’être plus court, car il arrive souvent que des dialogues s’étirent un peu trop longtemps, attaquant le dynamisme de l’histoire. Passé ça, c’est une introduction qui est indéniablement intéressante, en plus de faire un travail d’exposition efficace et de nous montrer que l’on aura le droit à autre chose qu’un simple hommage à Network. Par contre, il est difficile de savoir quels seront les partis pris par la suite, créativement parlant, ce qui n’aide pas à se faire une idée réelle de ce que la série délivrera en termes de tonalité – la forme parait bien établie.

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  • Basilic

    Comme tout le monde, j’attendais beaucoup de ce cocktail Sorkin + HBO qui devait forcément être éblouissant mais j’ai globalement été déçu par ce pilot.
    Les petites histoires d’amourettes, les grands discours sur comment l’Amérique va être sauvée par ce nouveau « vrai journalisme », la musique viellotte et le générique franchement mauvais quand on le compare aux autres perles hbo : tout cela est en trop.
    En fait les seul moments intéressants et vraiment bien réussis sont ceux centrés sur la fabrication de l’émission et l’enquête qui suit la catastrophe. Mais ça va beaucoup trop vite pour qu’on y croit réellement.

  • tryphon

    Je pense que la série doit irriter pas mal d’Américains (il n’y a qu’à lire les réactions), mais c’est du pur Sorkin. Quand on aime, c’est un régal.

  • balzane

    C’est un peu trop bavard à mon goût mais il fallait probablement ça pour introduire tous les personnages et leur background. La tirade de Will sut l’état de l’Amérique fait plaisir à attendre pour un étranger mais est dure pour un patriote américain, c’est une vison sombre et désenchantée de son pays qu’il présente. Toute l’info qui va être produite dans les journaux à venir seront-ils aussi poil à gratter pour la bonne conscience américaine ?

    En tout cas cette première enquête pointe du doigt les défaillances des sociétés de forage et ceux chargés de les contrôler, loin du pathos sur la recherche des disparus. J’aime bien même si les révélations arrivent trop vite et trop facilement (les 2 témoins clé qui sont le copain et la soeur du producteur, c’est trop gros). A suivre.

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