Les Marines continuent à combattre l’ennemi à Peleliu.

The Pacific a doucement mis en place son propre enfer de la guerre, et a trouvé en Peleliu l’illustration parfaite  de ce fait. C’est le troisième épisode à se dérouler sur l’île et c’est sans doute possible le pire de tous.

C’est aussi l’épisode qui réussit le mieux à jongler entre les scènes de combats et les passages de répits – pour autant qu’on puisse les appeler ainsi. La peur ne semble plus quitter les hommes et l’ennemi est déterminé à se battre jusqu’au bout, quoi qu’il arrive.

Il y aura très peu de moments loin de Peleliu. Dans les débuts, nous quittons le Pacifique pour retrouver Basilone et ses propres angoisses, incarnées par une passivité qui le ronge et des souvenirs venant l’assaillir. Des trois personnages principaux de la série, Basilone est celui que je trouve le plus fascinant, maitrisant à la perfection les situations dangereuses, capable de garder la tête froide en multiples circonstances, sans pour autant être émotionnellement vide. L’histoire – il est le seul des 3 à ne pas avoir de livre servant de source pour la mini-série – ne lui a pas fait trop de place. C’est un peu dommage, car cela aurait pu aussi se révéler intéressant de passer plus de temps sur le sol américain, pour montrer comment la guerre y était perçu et comment cela était appréhendé.

Enfin, passons pour revenir à la guerre, celle qui se déroule à Peleliu et qui est devenue un véritable cauchemar. Les hommes avancent lentement, et les pertes s’accumulent, rongeant de façon insidieuse le moral des troupes et la santé de ces hommes. Sledge n’est donc pas épargné et il est difficile d’imaginer que la suite puisse lui faire connaître une épreuve psychologique plus pénible que celle-ci.

La force d’Eugene Sledge – et celle de Joe Mazzello – est son implication émotionnelle. Il semble totalement incapable de s’en défaire, son visage exprimant continuellement ses doutes sur ses chances de survie dès qu’il doit avancer alors que les balles fusent. Ses nerfs paraissent quasiment tout le temps sur le point de craquer que cela soit face à la mort de ses frères d’armes ou celle qu’il commet lui-même. The Pacific a montré plusieurs soldats voyant les Japonais avant tout comme l’ennemi, comme des êtres mauvais. Eugene a conservé d’eux l’idée qu’ils restent des êtres humains, ce qui fait qu’il y a certaines actions qu’il est incapable de faire, à la différence d’autres. Même ceux qui l’entourent ont tout à fait conscience de cela, et savent où sont ses limites. En fait, cela montre assez bien que malgré toutes les divergences, les hommes se respectent mutuellement, se trouvant tous dans la même merde, et devant compter les uns sur les autres pour peut-être s’en sortir – bien que certains pensent qu’ils ne reviendront pas.

Peleliu Hills se termine avec les hommes de retour à Pavuvu, créant une scission importante entre l’enfer qu’il vient de se passer et le calme relatif dans ce qui sert de campement aux Américains, avec de jeunes femmes servant de la limonade.

Si la bataille de Peleliu s’est terminée, tous ceux qui y ont été l’ont ramené avec eux.

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CaroleC
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