The Pale Horse : Le Cheval Pâle de BBC est un échec peu mystérieux

The Pale Horse/Le Cheval Pâle BBC Rufus Sewell

BBC One continue de revisiter l’œuvre d’Agatha Christie et nous retrouvons une fois de plus Sarah Phelps au scénario – elle a déjà adapté And Then There Were None, The Witness For the Prosecution, The ABC Murders et Ordeal by Innocence.

Cette fois, elle s’attaque à The Pale Horse, aussi connu chez nous sous le titre Le Cheval Pâle. Plus que jamais, elle a décidé de s’approprier l’intrigue et, à chaque nouvelle adaptation, elle semble négliger toujours plus le matériel original.

Ainsi, l’histoire nous entraine en 1961 et se centre sur l’antiquaire Mark Easterbrook (Rufus Sewell). Sa première femme Delphine (Georgina Campbell) est morte il y a un an dans son bain et il s’est remarié avec une amie, Hermia (Kaya Scodelario). Il ne l’aime pas et la trompe avec une jeune danseuse qu’il retrouve morte au petit matin, après avoir passé la nuit à ses côtés. Quand il est contacté par l’inspecteur Stanley Lejeune (Sean Pertwee), c’est à propos d’un tout autre décès, celui d’une femme qu’il ne connait pas et qui avait sur elle une liste de noms sur laquelle il figure.

Nous suivons alors Mark qui essaie de comprendre pourquoi il est nommé auprès de ces autres personnes, la majorité d’entre elles étant mortes de causes naturelles. Le déroutant Zachariah Osborne (Bertie Carvel) est aussi sur la liste et craint que cela soit le travail de trois sorcières, mais Mark refuse de l’écouter.

Se composant de deux épisodes, The Pale Horse se présente comme un récit sur un homme brisé qui tente de se reconstruire alors que son monde perd de plus en plus sa cohérence. Néanmoins, ce n’est pas réellement de quoi il est question, il s’agit juste de l’accroche pour nous immerger dans l’intrigue.

Sarah Phelps a décidé de nous livrer une histoire parlant de misogynie et de privilèges. Ce n’est pas ce qui parait décrire Mark Easterbrook au point de départ, mais c’est pourtant ce qui définit son portrait à la fin. Il n’est pas le seul dans ce cas, mais cela est vraiment insidieux chez lui, car il semble être tout le contraire de ce qu’il est réellement et la scénariste parvient à bien nous tromper sur lui alors que l’on est constamment à ses côtés.

C’est d’ailleurs ce qui fonctionne le mieux, puisqu’il nous montre le monde à travers son regard, masquant la vérité grâce à son narcissisme. Il pense que sa femme est instable, car il ne tient pas compte de la confusion dans laquelle il la plonge. Il ne croit pas aux sorcières, mais quand il voit trois femmes qui vivent ensemble dans un petit village de campagne, le doute s’insinue progressivement. Il refuse de voir la vérité qui est devant lui, étant donné qu’elle implique une responsabilité qu’il ne veut pas assumer.

C’est de cette manière que The Pale Horse parvient à nous éloigner du dénouement de l’intrigue pendant bien deux heures moins le quart. Après cela, on nous raconte tout dans les détails, car il n’y avait plus rien d’autre à faire à ce stade. La vérité nous est exposée sans que rien n’ait vraiment été fait pour que cela paraisse être mérité. Le récit n’a pas proposé une enquête substantielle, juste les errances d’un homme dans le doute qui finit par trébucher sur la solution d’un mystère qu’il croyait avoir résolu. Le pire étant que cela mène à une conclusion nébuleuse que l’on peut interpréter comme bon nous semble.

Sarah Phelps a fait des choses intéressantes par le passé avec ses précédentes adaptations d’Agatha Christie. Même quand elle dénaturait le matériel d’origine, elle explorait des thématiques qui complétaient bien l’investigation. Dans The Pale Horse, elle passe à côté de l’enquête et, si les thèmes choisis sont pertinents, ils sont grossièrement explorés. Le résultat final se laisse regarder grâce à la réalisation maitrisée de Leonora Lonsdale et, surtout, parce que Rufus Sewell porte l’ensemble sur ses épaules du début à la fin sans fléchir une seconde. Sa performance justifie le visionnage, mais rien d’autre.

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