Avec son deal en main, Vic doit maintenant délivrer Beltran. Corinne, effrayée par ce que Dutch lui apprend, panique. Le détective va alors lui trouver une porte de sortie. Shane est au bout de la route et tente de négocier une sortie pour Mara. Lloyd arrive au Barn, annonçant que sa mère a disparu, et tentant de faire croire que Dutch est responsable.

Et c’est ainsi que se conclurent sept saisons de The Shield.

Tout comme la fin de The Sopranos, dans une moindre mesure peut-être, cette conclusion donne l’impression qu’une page vient de se tourner dans le paysage audiovisuel américain. Une autre grande série qui s’en va, assez discrètement quand même, mais elle aura laissé sa trace indélébile sur tous ceux qui s’en seront approchés de près comme de loin.

Je ne vais pas partir sur une rétrospective de la série, ce n’est pas le moment de faire ça, mais il est certain que quand une série arrive à son terme, elle laisse une drôle de sensation nostalgique qui tend à nous donner envie de revoir l’intégrale du show.

Malgré tout ce qui a pu se passer depuis le départ, et ce n’est pas rien de dire ça, car on ne peut pas dire que Vic ait vraiment chômé,  la fin arrive au bon moment. Il me semble qu’il avait atteint l’apogée de ce qu’il pouvait faire sans devoir définitivement payer le prix de sa vie. Après la mort de Lem, les choses ont commencé à devenir infernales, toujours prise entre deux feux, la Strike Team a plus souvent tenté de survivre que d’attaquer. Ainsi, que ce soit Shane ou Vic, les opportunités d’avenir devenaient de plus en plus obscures.

Pour le premier, le point de non-retour a été franchi de manière on ne peut plus explicite et lui-même a fini par s’en rendre compte. Il ira au bout de ce qu’il pouvait faire pour maintenir sa famille unie. C’est presque une fin heureuse qu’il lui est offerte ici, et cela, sans ironie aucune, car il est parti selon ses termes et peut-être pour le meilleur, car d’une autre manière, que ce soit lui, Mara ou Jackson, l’avenir n’aurait surement pas été fait d’autre chose que de douleurs.

Pour Vic, c’est assez différent, car même si tout le monde essaie de l’entuber, il a son immunité. Ce n’est pourtant pas une fin de rêve qu’il obtient, car il a dû faire des sacrifices, principalement celui de Ronnie, pour sauver sa famille. Au final, il aura perdu son ami qui sera le seul à payer pour les crimes de tous les autres, tandis que sa famille lui est également enlevée.  Mais ce n’est pas tout, car en plus de devoir vivre avec ça, il se retrouve privé de ce qui lui a toujours donné son énergie : la rue. Le voilà coincé derrière un bureau, devenant une proie facile pour les prédateurs qui n’attendent qu’une chose, qu’il déraille afin de le faire payer. L’image de fin laisse dès lors plutôt perplexe, car on est dans l’expectative : que va faire Vic ? Shawn Ryan dit qu’il ne sait pas, mais qu’il a surement un plan en tête, car on le sait, Vic est peut-être au plus bas, mais il saura négocier sa remontée. Tout le monde semble prêt à l’enterrer, et l’erreur la plus commune qui a été faite à son insu est de croire qu’il pourrait lâcher prise.

Pour Aceveda, la fin est plutôt positive, car il va obtenir ce qu’il veut et, ironiquement, c’est Vic qui le lui obtient. Mais pour pimenter un peu l’épisode, André Benjamin reprend le rôle qu’il a tenu dans l’épisode On Tilt (3.15), mais le temps a passé et il est maintenant candidat à la mairie. L’idée est intéressante et permet à Julien et Tina d’intervenir, mais il est dommage que cela n’ait pas débuté un peu plus tôt dans la saison.

Au Barn, Claudette annonce à Dutch que ses médicaments ne font plus rien, qu’elle va finir par mourir. Étonnamment, cela ne surprend pas vraiment, car je ne voyais pas les choses s’améliorer pour elle. Depuis ses premières tentatives pour accéder à la tête du Barn elle n’a été que la victime, devant payer le prix des erreurs d’autres. Dans un sens elle est le plus gros dommage collatéral dans The Shield, car elle est restée honnête et inflexible jusqu’au bout et cela lui aura couté la vie.

Pour Billings, on ne peut pas en dire autant, car finalement, il ne va pas obtenir tout ce qu’il voulait, mais il s’en sort d’une belle. Pour l’occasion, la femme de Jay Karnes, Julia Campbell, fait une apparition dans le rôle de l’avocate de Steve, venant sauver ce dernier.

Dutch va quant à lui, clôturer le dossier Lloyd, enfin, pas totalement, mais quand le gamin arrive pour signaler la disparition de sa mère et faire croire que le détective est responsable, il va signer sa fin. Appuyé par Claudette, le Détective Holland ‘Dutch’ Wagenbach va mettre Lloyd derrière les barreaux. L’enquête n’est pas achevée, il n’y a pas de corps, mais il y a quand même une sensation d’aboutissement.

Alors que Tina fête la fin de sa période en tant que Rookie, Dani, elle, n’a pas trop l’occasion de montrer où elle en était. Il faut dire que le personnage n’avait plus vraiment la force du départ et la disparition du Barn de Vic a résolu ses principaux problèmes. Il aurait quand même été bien de lui accordé un peu plus, tout comme pour Julien qui était vraiment au cœur du show au départ, et qui n’obtient qu’un clin d’œil vers tout ça quand il regarde un couple gay dans la rue.

Pour finir, Corinne s’offre une nouvelle vie dans le programme de protection des témoins. C’est enfin pour elle l’occasion de repartir à zéro et aussi d’offrir à ses enfants une vie sûre et honnête. Elle n’était pourtant pas aussi innocente qu’elle voudrait le croire, mais enlever à Vic sa famille était ce qui pouvait le blesser le plus. À noter, que Clark Johnson qui a réalisé plusieurs épisodes de la série, fait une apparition en tant que Marshall quand Corinne arrive dans sa nouvelle maison.

Un final pour une série de ce calibre, c’est difficile à juger, car il y aura toujours des déceptions, mais celui-ci est assez satisfaisant. Je trouve que les acteurs ont donné des performances vraiment remarquables, en particulier Michael Chiklis, Walton Gogging, CCH Pounder et David Rees Snell. J’ai apprécié le fait que l’épisode ne soit pas inutilement chargé en émotion, mais il y a quand même un sentiment d’inachevé qui persiste quand le générique – à forte teneur nostalgique – survient.

Il y a beaucoup à digérer, je vais donc m’arrêter là. Cette fin est très bien, et je ne vois pas ce qui pourrait y changer quelque chose. Comme à chaque fois, les fans vont réclamer un film, comme si le cinéma était l’aboutissement d’une série, mais je trouve qu’au contraire, une série n’est pas un sous-genre qui se doit d’être consacré par une autre forme d’art. Il faut savoir s’arrêter et l’équipe de The Shield l’a fait, a ses conditions et là où elle le devait. Fin.