Henry VIII doit faire face à sa mortalité, alors qu’il conclut son règne.

The Tudors aurait pu aisément s’intéresser aux règnes d’autres membres de cette dynastie royale, mais la série tire sa révérence avec la fin d’Henri VIII.

Pour ce faire, Michael Hirst – qui aura écrit tous les épisodes de la série – va devoir combiner la conclusion du règne, le bilan à tirer du passé et les conséquences de cette monarchie sur la suite de l’Histoire.

La fin d’Henry VIII sera avant tout abordée grâce à son acceptation de sa mortalité. Cela devra quand même se faire suite à la mort de son plus fidèle ami, Charles Brandon. Celle-ci aura un goût à la fois tendre (remplie de souvenirs) et amer (à cause de blessures passées et de la place de Brigitte). En tout cas, Charles s’en ira au moins en paix, grâce à la sérénité gagnée avec les années et l’amour ramené de France. Les lois reprennent ensuite le dessus, donnant à sa femme et son fils une supériorité sur Brigitte, et il est difficile de ne pas être touché par la détresse de celle-ci, à cause de la mort de l’homme qu’elle aime et de l’indifférence de la famille de Charles.

Enfin, jusqu’au bout du règne, l’agitation religieuse fut présente, et celle-ci faillit coûter la vie à la dernière reine, Catherine Parr. C’est la peur qui lui sauvera temporairement l’existence (ainsi que le fait que le roi rencontra la mort avant elle), préférant clairement survivre au prix de ces convictions religieuses. Pour sa défense, il faut dire que les reines passées ont suffisamment illustré le tempérament de son époux pour que l’on puisse comprendre le tumulte qu’elle vit. En tout cas, la fin du règne ne fut clairement pas paisible pour Catherine, les angoisses furent fort nombreuses.

Justement, pour la fin, les précédentes reines vont surgir, par souvenirs ou hallucinations du roi. Elles viennent porter un jugement sur leur mari et ses actions, pointant ainsi du doigt l’étendue de son rôle sur l’Histoire qui ira au-delà de ses années de règne et affectera la façon dont ses enfants vont gouverner : un indécis Edouard, incapable avec son jeune âge d’atteindre les exigences que l’on attend de lui ; une sanguinaire Mary, née de la division religieuse de son père ; une glorieuse Elizabeth, ayant hérité de l’esprit de sa mère et profité du fait qu’Henri VIII l’a tenu a l’écart pour s’affirmer. Katherine d’Aragon, Anne Boleyn et Jane Seymour ramèneront ainsi le passé à la surface pour mieux expliciter le futur.

La mise en scène joue donc avec subtilité avec le passé et l’avenir en créant des connexions inextricables. Henri VIII a écrit une page majeure de l’Histoire d’Angleterre, avec son tempérament imprévisible, son important égo et sa démesure. Au-delà de sa personnalité lunatique, sa complexité s’exprime par sa volonté à être un Tudor, à renvoyer la véritable image d’un roi. Le caprice du tableau illustre à merveille la particularité de la chose, entre ce qu’il est et le reflet qu’il doit renvoyer. Que cela soit dans ses moments despotiques, sa capacité à instaurer la peur ou dans ceux plus humains, le roi a causé des bouleversements qui lui ont assurément permis d’obtenir d’une certaine façon la place qu’il souhaitait avoir dans l’Histoire.

The Tudors se termine ainsi avec Henri VIII. Michael Hirst conclut sa série en menant tous ses personnages vers leur destin, y mêlant le petit sentiment nostalgique (agrémenté d’images des 4 saisons) qui peut venir en attendant la mort (ou la fin d’une série), tout en laissant la place au futur.  Comme Henri VIII le dit lui-même dans l’épisode :

It is well done.