Henri VIII introduit à la cour sa nouvelle reine, la jeune Katherine Howard. Complètement sous le charme de son nouvel amour, le roi gouverne son pays avec inconsistance, alors que dans les coulisses, les ambitions des hommes de la cour sont pour la plupart peu louables.

The Tudors nous revient pour sa toute dernière saison, au sein de laquelle nous aurons le droit à deux reines, dont la première, Katherine Howard, occupe maintenant le trône.

Pour ce premier épisode, Michael Hirst a choisi les grosses chaleurs, pas de pluie depuis trop longtemps dans le royaume d’Henri VIII, rendant par moment l’esprit moins lucide. En tout cas, la tête dans les nuages pour le roi suite à son alliance avec la jeune Katherine, 17 ans.

Ainsi, nous allons avoir le droit à l’exposition de cette nouvelle relation toute fraiche, et qui en est par moment agaçante. Elle est à l’image de Katherine Howard, qui nous est montrée comme étant une véritable inconsciente. Difficile d’aborder sous un angle différent la nouvelle reine au vu des tristes destins des précédentes femmes du roi. Si nous y pensons, apparemment, cela n’a pas l’air d’avoir traversé l’esprit de Katherine, qui se comporte comme une enfant. Les introductions avec les progénitures du roi – Mary, Edward et Elizabeth – illustrent assez bien les différences d’éducation et de point de vue. Pour le moment, Henri VIII est sous le charme, subjugué par la beauté et l’innocence de sa nouvelle reine, mais la question est de savoir pour combien de temps. Il est difficile de l’imaginer supporter longtemps sa frivolité. Il ne dit rien, mais il est évident que Charles, notre duc de Suffolk, n’est pas vraiment conquis par la reine, lui qui apparaît extrêmement posé maintenant. Il en a fait du chemin et ses silences l’illustrent bien.

La reine occupe beaucoup les pensées du roi, qui a quand même des affaires d’État à régler, dont son éternelle opposition avec la France, qu’il tend à accentuer. La mort de Thomas Cromwell se fait déjà ressentir, les décisions d’Henri VIII ne sont pas véritablement habiles et sont excessives, dans les deux sens – du sadisme à la compassion. Pour le moment encore, le roi n’a pas conscience de ses égarements, ni finalement, de cette absence du conseiller d’envergure qu’il a toujours eu à ses côtés (le Cardinal Wosley remplissant lui aussi cette fonction avec un certain talent).

En fait, Hirst semble profiter de la perte de Cromwell pour illustrer les malversations et abus de pouvoir. En coulisses, les limites semblent plus abstraites qu’avant, comme le démontre bien Thomas Culpeper. L’homme désire la nouvelle reine, et pour assouvir des pulsions qu’il ne peut pour le moment satisfaire, ira jusqu’à violer et tuer, comme si aucune justice ne pouvait le toucher ou presque.  Une ambition charnelle, mais complètement folle, Katherine appartenant au roi. Nouvelle reine dit aussi membres familiaux ambitieux, avec l’introduction de Henry Howard, l’oncle, décidée à s’imposer et surpasser son héritage. Il apparaît donc déterminé et trouve en la personne d’Anne Stanhope une « amie » à la cour.

The Tudors lance sa quatrième saison avec un épisode qui passe beaucoup de temps à nous exposer le tempérament de la cinquième reine, trop jeune et pas assez éduquée pour véritablement savoir comment se comporter. Le schéma, assez répétitif, confronte Katherine à quelques obstacles qui viennent avec la position, qu’elle surmonte actuellement sans souci (pour peu qu’elle s’y intéresse). Actuellement sur son petit nuage, la future reine satisfait comme il se doit le roi. Hirst prend aussi le temps de nous introduire les nouveaux joueurs de la saison, avec principalement Culpeper, dont les intentions nous sont clairement explicitées et qui va occuper une place de choix dans l’Histoire. Ce dernier prend vite le dessus comparé aux autres protagonistes grâce à une personnalité bien plus machiavélique que ces traits un peu juvéniles ne laissaient paraître. Un contraste qui fait son effet et qui joue assez bien avec l’idée qui risque de s’imposer avec la nouvelle reine : le roi vieillit et les vautours sont prêts à intervenir pour exploiter ses faiblesses et servir leurs intérêts.

Cet article fut publié une première fois le 18 mars 2010.