United States of Tara – Miracle (1.12)

Tara est une mère de famille souffrant de troubles de la personnalité multiples. Sa famille essaie alors de s’arranger avec ses autres incarnations comprenant une adolescente, la parfaite femme au foyer, et un homme biker.

Produit par Spielberg, créé par Diablo Cody, United States of Tara débarquait sur Showtime avec une certaine publicité, sans pour autant générer une forte attente. Entrant dans le format comédie de 30 minutes de la chaine, dans lequel on retrouve aussi Weeds et Californication, Tara s’ouvre avec un épisode grossièrement écrit. Le début en fait trop, et n’annonce alors rien de bon. Surtout que les familiers du cinéma indépendant ne tarderont pas vite à y voir ici le style qui peuple temps ce type de production, et là, il n’est pas question que d’ambiance musicale. Non pas que cela soit un défaut, mais les premiers épisodes exploitent un peu trop les mauvaises habitudes des drames familiaux indé.

Nous faisons donc la connaissance avec la famille Gregson : le mari, Max, tout en sobriété, et assurément l’un des personnages qui fera un sans faute durant toute cette première saison ; les deux enfants, avec Kate l’adolescente se trouvant un job pour s’éloigner de sa maison, et Marshall, le cadet, qui en pince pour un gars de son bahut. Ils sont régulièrement en contact avec Charmaine, la sœur de Tara.

Chacun a le droit à ses intrigues, et ses moments avec les multiples personnalités : T., jeune fille de 16 ans dans sa pire période, très excessive ; Alice, incarnation de la femme au foyer parfaite, tout droit sorti des années 60, et Butch, personnalité masculine, fumante et buvante.

Et puis, nous avons Tara… Et si jusque-là, je n’ai pas parlé d’elle, c’est volontairement. On le sent, il manque quelque chose. Comment comprendre tout ce monde, quand ce dernier évolue autour d’une personne qu’on ne connaît pas. Voilà en gros ce que fut l’erreur de la série dans ses premiers épisodes. Après une introduction un peu abusive, on entre dans l’univers, mais l’équipe créatrice se refuse à nous présenter plus longuement Tara. Elle flotte donc au-dessus de nous, sans que l’on puisse réellement la cerner. Alors que Kate nous développe une relation – typiquement indé – avec son patron, que Marshall se révèle être un sale gosse, loin de la maturité des débuts, et que Charmaine nous montre ses forces et faiblesses, tandis que Max continue de maintenir une cohésion, de paraître solide, même dans les moments difficiles, Tara ne s’exposera alors qu’au sixième épisode, lequel se fera en sa compagnie, et celle de ses parents pour l’anniversaire de sa sœur. Après cela, le contexte est définitivement posé.

À partir de là, l’équilibre est trouvé. Les épisodes suivants persévéreront dans la même direction, l’attachement en plus, les changements de caractères plus égaux, plus naturels. Nous irons même jusqu’à en découvrir une autre, Gimme, sorte d’incarnation animal-vengeur, offrant un nouvel attrait, une nouvelle perception de la maladie de Tara, qui, tout doucement, s’est dévoilée, est devenue plus que quelqu’un alternant les personnalités, elle est apparue concrète, réaliste, étoffée. Ainsi, entre la vie familiale et la recherche de guérison de Tara, les évènements s’orchestrent naturellement, l’existence se poursuivant, avec ses hauts, et surtout ses bas, bien plus significatif pour Tara, la poussant encore plus à vouloir diagnostiquer la cause de ses symptômes pour alors chercher le remède.

The United States Of Tara a eu des débuts tâtonnants ou trop poussifs, avant de réussir à trouver le juste milieu, le ton adéquat et maitrisé qui nous accompagnera durant toute la seconde partie. Tout ne fut pas parfait, et certaines intrigues (celle de Marshall particulièrement) se sont parfois montrées plus faible, mais cette première saison impose son style et ses personnages, et nous laisse avec l’envie d’en voir plus.