Rick retrouve sa femme et son fils au camp, alors que le groupe d’Atlanta est décidé à dire la vérité sur ce qui est arrivé à Merle à son frère.

The Walking Dead nous offre un épisode avec un nombre de zombies limité, ce qui fait qu’il n’y a pas réellement d’action. Au lieu de cela, nous abordons de front les retrouvailles familiales des Grimes, et découvrons de façon plus ou moins construite les membres du camp. Il y a une réelle volonté d’imposer les caractéristiques des personnages, quitte à continuer sur la lancée peu sophistiquée du second épisode.

Cela ne touche pas tout le monde, vu que Shane et Lori, avec le retour de Rick, vont gagner en épaisseur et en complexité. En tout cas, si ce n’est pas leur personnalité, leurs rapports vont forcément être changés, les entrainant chacun dans une direction opposée. Ainsi, Lori retrouve son mari, Carl son père, et le passé – leurs disputes d’avant l’arrivée de zombies – est laissé derrière eux. À vrai dire, il est évident que si Lori insiste sur le fait qu’elle le croyait mort, c’est plus pour les remords qu’elle nourrit pour avoir été avec Shane. C’est ce que laisse percevoir l’épisode, pour tenter de faire ressortir la culpabilité de la femme de Rick, dont le coup de grâce est finalement donné quand elle nous expose le rôle de Shane – soi-disant meilleur ami de Rick. L’épisode donne ainsi une autre tournure à cette relation, en imposant par la même occasion le comportement un peu borderline et instable émotionnellement parlant de Shane. La mise en scène n’est pas toujours inspirée, mais les deux personnages ont au moins ici l’opportunité de sortir du moule imposé par les deux premiers épisodes.

Shane et Lori ont surtout l’avantage d’avoir une connexion avec Rick, leur permettant par la même occasion de graviter autour de celui prédestiné à prendre des décisions que personne autour de lui ne veut prendre. Il y a une passivité plus ou moins régnante, emplie de non-dits, voire de remords, qui entoure le camp d’un groupe de survivants qui ne doit d’être encore de ce monde que par la débrouillardise de deux, voire trois membres. Ainsi, il apparaît aisé de constater que Glenn est utile à l’extérieur (et à la survie du groupe), mais pas à l’intérieur du camp, tandis qu’Andrea endosse un rôle de protectrice qui colle assez bien à sa personnalité, lui permettant aisément de s’imposer dans un groupe, sans pour autant n’être qu’une tête brûlée impulsive. Elle reste le personnage féminin le plus travaillé, maintenant sur ses épaules même les plus mauvaises idées – l’histoire du couple de Carol et Ed en étant une.

Il faut aussi reconnaître que si Daryl Dixon ne bénéficie pas d’une exposition plus avantageuse que les autres, il a l’avantage d’être moins extrême que son frère, débrouillard et plus mesuré, bien que très affirmé. Norman Reedus a ainsi le droit à une introduction, si ce n’est plus inspiré, au moins mieux géré (et plus convaincante) que celle que Michael Rooker, donnant espoir en la possibilité que Merle puisse se montrer moins vulgaire aux futures retrouvailles.

Car, sans trop de surprises, notre héros est déterminé à retourner à Atlanta, une excursion qui était prévisible, et qui illustre un peu trop le problème de la série, posant avec trop de soin ces directions, laissant ainsi largement le temps au spectateur de deviner la tournure que va prendre l’histoire. Il n’y a que le lieu où doit se trouver Merle qui reste finalement en suspens à la fin, alors qu’on voit déjà se profiler bien des choses qui ne risquent d’arriver qu’à la fin de la saison. Certes, il ne reste que trois épisodes, mais quand même …