The Wire – Saison 4
La campagne électorale bat son plein. Tommy Carcetti n’est pas le favori, de loin, mais les négligences du Maire Royce pourraient bien lui permettre de revenir sur le devant de la scène. Prez a quitté les forces de police suite aux incidents de la saison dernière qui avait couté la vie à un officier. Il a donc décidé de devenir professeur de Maths, sa première année va commencer. Le major Colvin a lui aussi été remercié de son poste, il va rejoindre un programme scolaire tentant d’aider à la socialisation des corner boys. Avec Marlo qui gagne ses territoires sans laisser de cadavres derrière lui, l’unité des « Major Case » est en difficulté et son personnel se fait remplacer.

Avec McNulty qui reprend l’uniforme, Herc qui est parti travailler pour le maire, Daniels qui est devenu Major, les « Major Case » tournent au ralenti. L’arrivée d’un nouveau lieutenant va finir le travail. Lester et Kima partent pour les Homicides. Pas d’écoutes pour cette saison. En fait, rien n’est comme d’habitude, la saison 4 est une saison de transition.

Un changement de politicien à la tête d’une ville comme Baltimore, ça fait bouger les choses, et tout le monde veut sa part, ou du moins ne pas sombrer en pariant sur le mauvais candidat. Royce et Carcetti ne vont pas s’affronter uniquement dans cette campagne, les deux hommes vont provoquer des remous un peu partout, et principalement dans les forces de police.

Le thème principal de cette saison est censé être l’éducation, et c’est vrai que cela tient une part importante, mais jamais les autres milieux présents dans les autres saisons ne seront mis au rencard. Politique, police, milieu de la drogue, et maintenant la scolarité, cela fait un programme assez chargé, et le début de saison le montre bien. En fait, j’ai eu un peu de mal à m’y mettre. Les deux premiers épisodes servent à présenter la situation de départ et à introduire les nouvelles têtes. J’ai vite changé d’avis dès l’épisode 3. La saison démarre vraiment, et on a l’impression de connaître tout le monde depuis longtemps, surtout les nouveaux venus. En fait, c’est assez surprenant la façon dont les scénaristes de cette série arrivent à gérer autant de personnages sans jamais donner l’impression qu’il y en a trop.

Comme je l’ai dit plus tôt, cette saison sert de transition. Pas de véritables cibles, pas d’arrestation finale, mais comme ce fut le cas durant les saisons 2 et 3, en toile de fond, on voit prendre forme ce qui sera au cœur de la saison suivante. On savait que Lester trouverait les cadavres, et tout se goupille lentement pour que se concrétise au moment de conclure la saison.

Pendant ce temps là, on fréquente le milieu scolaire, et on en apprend des belles sur l’éducation aux USA. Je suis bien content que Prez soit toujours là, j’ai toujours apprécié son personnage et son évolution au fil des saisons avait toujours été limitée par le fait qu’il était dans l’ombre de Lester. L’histoire de la classe spéciale est elle aussi assez intéressante, vu qu’elle présente une situation plutôt inédite dans son traitement.

Pour le milieu de la drogue, c’est plutôt calme, mais Omar est toujours là pour égayer la vie des dealers. Marlo ne m’avait pas trop convaincu durant la saison dernière, mais je dois dire qu’il prend plus d’ampleur et que ça lui va bien. J’ai un petit faible pour Chris et Snoop faisant le ménage des cadavres aux quatre coins de Baltimore. On est dans une situation assez éloigné de l’organisation Barksdale, et le changement est plutôt bénéfique à la série.

Un autre personnage qui manquait de charisme, durant la saison 3, Tommy Carcetti, mais ça a changé. J’ai bien adhéré au personnage, et la campagne électorale s’est révélée plutôt captivante, même si au final, le résultat se devinait.

Je vais m’arrêter là si je veux que mes lecteurs aillent jusqu’au bout. Cette saison 4 est, à mes yeux, la meilleure de la série. Dans sa structure et son développement, elle surpasse le niveau déjà très élevé des saisons précédentes. La tâche va être rude pour la saison finale, mais le terrain est déjà bien préparé. On aura donc le droit à une saison qui devrait traiter en partie des médias, et conclure ce roman télévisé, et ce qui est surement la meilleure série actuellement en diffusion. J’allais dire de son genre, mais la série est plutôt unique, même si on la range des fois dans la catégorie « policier », cela fait longtemps que l’on a dépassé ce stade.