Un pirate informatique entre en possession de documents relatifs aux premiers contacts extraterrestres. Il les transmet à Mulder. Ce dernier a un comportement de plus en plus erratique qui met sa position au FBI en danger. Scully tente alors de l’aider.

Si La Colonie avait poussé d’un cran la mythologie de la série, Anasazi va l’emmener encore plus loin, en posant beaucoup de questions sur les Aliens, la conspiration qui les entoure, et sur les personnes qui ont participé.

Franchement, arrivé au bout, au « To Be Continued », on a plus de spéculations qu’autre chose, mais pour conclure une saison, il faut reconnaitre que c’est assez bien agencé. Après ça, le cliffhanger de fin de saison va d’ailleurs devenir un rituel et une mode. La série ne l’a pas inventée, mais il y a eu une démocratisation assez claire du procédé à cause d’elle.

Bref, tout commence avec un pirate informatique. Cette image du hacker qui tente de pirater les ordinateurs du gouvernement pour découvrir les secrets les plus importants et improbables est un classique du genre, un fantasme qui trouve ici un parfait emploi, car le type de personnage qui va avec entre à merveille à l’esprit paranoïaque dans lequel Mulder se trouve dans cet épisode. Il faut dire qu’il a été drogué. C’est un fait relativement évident et il est appréciable de constater que Scully ne tarde pas à s’en rendre compte une fois que Mulder a complètement déconnecté de la réalité. Si ça n’avait pas été éclairci, il aurait manqué une pièce à la conspiration.

Au cœur de cette dernière, il y a donc un Mulder qui perd ses repères et qui est sur le point de se faire piéger. Au début, c’est assez maladroitement mis en place, notamment l’altercation avec Skinner, mais toute la partie avec Bill Mulder et le retour de Krycek l’exploite à merveille.

Pour ajouter à la confusion générale, on vient nous faire des semblants de révélations. On est plus au niveau de bribes qu’à celui de véritable morceau de vérité. L’abus d’allusions n’est alors pas véritablement gênant dans le sens que l’on sait que Mulder se dirige vers ce qu’il semble être un corps Alien. Il parait donc logique que l’on parle de ça, même si les allusions à des vaccins viennent, à la fin, briser nos convictions. Il apparait alors que des expériences faites probablement à partir de matériaux extraterrestres sur des êtres humains sont réellement au cœur de toute l’affaire.

Mais ce que l’on retiendra le plus, c’est le fait que Bill Mulder était impliqué et qu’il était ami avec l’homme à la cigarette – à une époque désormais éloignée. Cette révélation va bouleverser la place de Mulder dans la conspiration et, surtout, cela va lever un voile sur les motivations du fumeur. Aujourd’hui, on sait à quel point ce personnage est mythique et important pour la série, à l’époque, il commençait juste à s’affirmer réellement et ses actions, ainsi que ses motivations, vont ici jouer un rôle majeur pour son devenir.

Anasazi utilise une iconographie forte, typique de la série, et sait également manipuler ses thématiques. Certes, il ne s’agit vraiment que d’une mise en place, mais elle se révèle assez dense et insinue suffisamment de choses pour créer l’envie d’en voir plus, mais surtout d’en savoir plus. Un final qui réussit donc clairement à atteindre son but.

À suivre : La saison 3…