Toujours à la recherche de la vérité, Mulder et Scully poursuivent leur travail aux affaires non classées, ce qui les emmènera face à de nouveaux dangers et la vie de Scully sera plus que jamais mise en péril quand elle découvrira qu’elle est atteinte d’un cancer.

Nous voilà donc arrivés à la saison 4 (1996-97 sur FOX), au moment où la série atteint le sommet de son succès. Comme toujours, sa mythologie est ce qui captivera le plus les fans, mais les épisodes indépendants sont loin d’être en reste.

La mythologie

Les épisodes : Herrenvolk (4.01), Tunguska / Terma (4.08 & 4.09), Memento Mori (4.14), Tempus Fugit / Max (4.17 & 4.18), Zero Sum (4.21), et Gethsemane (4.24).

Première constatation, cette saison 4 ne possède pas que des doubles épisodes pour entretenir sa mythologie, elle a également des épisodes stand-alone qui seront tout aussi importants, voir plus. Memento Mori, tout particulièrement, se révèlera marquant, car il dévoile le cancer de Scully qui deviendra un élément déterminant aussi bien pour Dana que pour Mulder qui se sentira impuissant et ne l’acceptera pas, cherchant alors la vérité non plus pour lui, mais pour sauver sa partenaire.

Cette terrible maladie se retrouve liée au fameux enlèvement (saison 2) et à l’implant (saison 3), ce qui reliera l’histoire avec divers épisodes des précédentes saisons. Il y a ici une maitrise du passé du personnage qui va permettre dans plusieurs épisodes, de réexplorer des zones d’ombres du show, ce qui n’est pas une mauvaise chose quand on voit la direction prise par d’autres éléments de la mythologie de la série qui souffrent clairement de ne pas avoir ce genre de fondations.

Dans le style, les abeilles et l’huile noire que l’on croisera à plusieurs occasions semblent être à moitié pensées. Certes, nous aurons quelques éclaircissements au sujet de l’huile, mais sa finalité reste assez obscure, tout comme le plan du mystérieux Syndicat qui ne parait pas faire autre chose que couvrir les erreurs commises par ceux qui sont chargés de les réparer.

À ce niveau, il y a une confusion qui se fait de plus en plus sentir. La maladie de Scully va alors permettre de recentrer les enjeux, étant utilisée pour motiver les personnages, comme Skinner, dans l’épisode Zero Sum (4.21), qui se retrouve plongé au cœur d’un complot mêlant l’homme à la cigarette et les abeilles. Il fait tout ça pour aider Scully et finalement se sauver lui-même, ce qui nous évite d’être trop dérangés par le fait qu’il n’y aura pas de réponses de délivrer à ce moment-là.

Pour finir sur la mythologie, notons que le double épisode Tempus Fugit / Max (4.17 & 4.18) nous parle d’extra-terrestres et de complot, mais s’éloigne des dernières grosses thématiques pour se concentrer sur les bases de la série, ce qui fonctionne vraiment bien et nous donne deux des meilleurs épisodes de la saison.

Et n’oublions pas, Mr. X n’est plus, Marita Covarrubias a pris sa place.

Musings of a Cigarette Smoking Man

Il y a des épisodes notables dans cette saison, mais aucun ne peut dépasser Musings of a Cigarette Smoking Man (4.07) qui nous raconte la vie et l’œuvre du célèbre homme à la cigarette.

Nous remontons à 1962 et on va passer par l’assassinat de figures importantes de l’Histoire, mais ce qui sera le plus intéressant n’est pas vraiment la façon avec laquelle des éléments réels sont utilisés pour construire la légende du personnage, mais plutôt le fait que l’on découvre un nouveau visage au fumeur. Il avait des rêves qu’il aurait aimé réaliser pour quitter sa vie, mais cela ne se fera pas et on le voit alors brisé par ça, retournant la tête baissée vers ses complots et autres manipulations.

Ainsi humanisé, l’homme à la cigarette n’apparait plus simplement comme une figure maléfique, mais comme un soldat résigné qui étrangement en ressort encore plus terrifiant.

Monsters of the Week

Cette quatrième saison est connue pour ses épisodes indépendants de qualité. Ils ne le sont pas tous, notons-le. Teliko (4.03), par exemple, au sujet d’un africain albinos qui vient d’une sorte de légende, est plutôt sans intérêt, tout comme Sanguinarium (4.06) qui parle de meurtres dans le milieu de la chirurgie esthétique, et aussi Synchrony (4.19), une tentative maladroite d’histoire de voyage dans le temps.

À côté, il y a donc des épisodes marquants, comme Home (4.02), une horrible affaire de consanguinité,  Unruhe (4.04), une enquête assez intense sur tueur en série, ou encore Paper Hearts (4.10), une exploration nouvelle de la disparition de Samantha liée à un tueur d’enfants, et Never Again (4.13), une aventure solitaire pour Scully qui se retrouve face à un dangereux tatouage.

The Field Where I Died (4.05) est un épisode réputé qui m’est toujours apparu comme surestimé et maladroitement pompeux. Mulder qui explore une vie antérieure au milieu d’une investigation au sujet d’une secte qui est sur le point de mal tournée, ça sonne un peu poussif et ça l’est, mais la réalisation et les acteurs apportent une intensité qui permet de passer outre.

En conclusion

Au final, cette saison 4 possède des forces indéniables et Scully en est majoritairement à l’origine. La série se montre souvent plus sensible et Mulder affronte bien plus régulièrement ses doutes.

Il y a aussi des ratés, mais si certains manques de précisions peuvent agacer, à ce niveau de la série, ils ne sont pas réguliers et le temps des réponses n’apparaissaient pas comme étant proche. Comprendre qu’au sommet de sa forme, la fin s’annonçait suffisamment loin pour justifier les frustrations générées par les ellipses scénaristiques qui ont donc encore le temps d’être comblées.

Quoi qu’il en soit, sur 24 épisodes, même avec quelques histoires plus faibles, l’ensemble se révèle assez solide et les personnages rencontrent suffisamment de challenges intéressants pour que leur sort captive. En tout cas, cette saison 4 est plus homogène que la précédente. On peut juste lui reprocher la quasi-absence d’épisodes plus légers qui étaient des points forts de la saison 3.

Nous reviendrons sur la saison 5 dans quelques mois…