Mulder et Scully sont à la poursuite d’un tueur qui élimine des médecins qui sont tous semblables. Leur enquête les mènera sur la piste d’un plan de colonisation extra-terrestre.

Nous voilà de retour avec un double épisode mythologique, et par n’importe lequel. Jusqu’à présent, les histoires de ce type jouaient avec des doutes, montraient des choses sans réellement être claires, et utilisaient plus l’angle du complot gouvernemental.

On passe donc à la vitesse supérieure avec une intrigue qui embrasse pleinement le concept des aliens sur notre planète faisant autre chose que kidnapper des personnes pour pratiquer des expériences. Globalement, la série sort de l’intégration du folklore traditionnel pour implémenter ses règles bien à elle et pour introduire des concepts qui ne sont pas inédits, mais qui suivent une logique propre à The X-Files.

On va dès lors parler de clones d’origines inconnues, de rétrovirus aussi mystérieux et d’un tueur métamorphe – aussi connu sous le nom Alien Bounty Hunter.

Tout commence par une affaire de meurtres. Des médecins sont tués, leurs corps ne sont pas trouvés, mais on sait qu’ils sont tous physiquement identiques. Mulder et Scully abordent l’investigation avec prudence, mais cela va se retourner contre eux. D’abord parce qu’un agent est mort inexplicablement, ensuite parce qu’ils ne seront que des pions manipulés par leur ennemi dont ils ignorent tout.

Le plus gros twist de l’histoire est lié à tout cela, mais se connecte plus profondément à la mythologie de la série, car il s’agit du retour de Samantha. La sœur de Mulder qui réapparait comme par magie, c’est gros, mais l’impact est là. Le problème est que du côté de la famille Mulder, cela n’est pas très bien géré. L’occasion est saisie de parler de Mulder et de ses parents, mais ces derniers s’intègrent sans grande conviction dans toute cette mascarade. Samantha n’est pas Samantha, et quand elle disparaitra, Mr. Mulder paraitra quelque peu hors contexte, comme si sa présence n’était là que pour instiguer une expression de la culpabilité chez son fils, ce qui ne rend pas très bien à l’écran.

Là où cela fonctionne mieux, c’est dans la façon dont Mulder et Scully se soutiennent mutuellement d’un bout à l’autre, même quand cela devient difficile à comprendre. Skinner va, une fois de plus, montrer qu’il n’est pas que le grincheux enfermé dans son bureau pour tenir la laisse de ses agents. Il va se salir les mains et jouer un rôle clé dans la fin de l’intrigue.

Ce qui manque alors est une apparition de l’homme à la cigarette, mais cela n’est pas très surprenant quand on voit la façon dont les différents aspects de la mythologie peinent parfois à se rejoindre. Le complot gouvernemental et l’invasion alien sont deux pans distincts pour le moment. D’ailleurs, pour les deux, on en sait bien moins qu’on voudrait le croire, seulement, pour les extra-terrestres, ce double épisode délivre enfin du tangible et cela permet de réellement connecter avec les choix créatifs qui illustrent une volonté de faire plus gros, et de créer une identité originale à la série qui dépasse son ambiance et ses personnages.

Bref, cette partie de The X-Files qui déchaina les passions, pour le meilleur et le pire, prend ici une toute nouvelle dimension.

Et pour finir, comme souvent, on reste avec des questions sans réponse, mais cela n’est pas un réel handicap vu que l’intrigue introduit beaucoup d’éléments inédits à l’histoire et explore des mystères du passé, compensant ainsi les frustrations de non-dits et créant même un certain enthousiasme.

La prochaine fois, on change de sujet avec un épisode qui s’éloigne de la mythologie : Humbug.