The X-Files – Deep Troat / Gorge Profonde (1.01)

Mulder et Scully se rendent dans l’Idaho, sur une base militaire, afin d’enquêter sur la disparition d’un pilote. L’armée ne donne aucune information et Mulder est persuadé qu’il y a une histoire d’avions expérimentaux derrière tout ça.

Diffusion originale : 17 septembre 1993 / Fox

Pour leur seconde enquête, Mulder et Scully vont se frotter à des thématiques fortes dans la série : les extra-terrestres et les conspirations. C’est également la première apparition de Gorge Profonde, premier indicateur de Mulder, interprété par Jerry Hardin.

Tout commence donc dans un bar, Mulder est déjà assez suspicieux envers le comportement du Bureau et ne veut pas attirer l’attention. Raté, car il se fait aborder par le mystérieux Gorge Profonde qui le prévient qu’il n’est pas dans son intérêt de partir pour l’Idaho. Pas grave, rien de tel pour alimenter le cerveau de l’agent qui voit alors une raison de plus d’y aller. D’ailleurs, de ce côté, il n’est pas très explicite avec sa partenaire qui ne tardera pas à découvrir pourquoi elle s’est fait embarquer dans cette histoire : les extraterrestres.

À peine formé, le duo sonne presque comme un vieux couple. Il faut dire que chacun connait la position de l’autre sur le sujet du paranormal, mais peu importe, car l’agent Mulder espère bien faire changer d’avis à sa collègue. Cette dernière va passer l’épisode à détruire tous les bons arguments, à commencer par ceux fournis par Seth Green jouant l’ado chevelu (voir la photo) et sous influence de stupéfiants (en pleine crise post-Bill & Ted).

Scully:  Just because I can’t explain it, doesn’t mean I’m gonna believe  they were UFOs.

L’enquête ne va pas se révéler être la plus palpitante qui soit. Mulder et Scully tentent de bâtir leurs réflexions sur des preuves très maigres, voire plus que douteuses, ce qui fait que rien n’en ressort. Tout l’intérêt est orienté vers ce qui n’est pas dit et pour l’entretenir, on nous bombarde de faits approximatifs. Cela poussera d’ailleurs Mulder à chercher la vérité assez loin, trop loin, ce qui nous emmène aux derniers actes, le kidnapping et les expériences.

Là encore, c’est abstrait, car on nous montre des choses, mais c’est notre imagination qui doit faire le travail. Ce n’est pas mauvais, c’est certain, surtout à l’époque, il fallait développer l’esprit paranoïaque autour de la série. Malheureusement, le voyage de Mulder vers la table d’opération ne sera pas palpitant, et la partie de Scully n’aidera pas. Là voilà à menacer pour obtenir le retour de son collègue. La mise en scène n’est pas des plus convaincante, car Gillian Anderson et son petit gabarit, même une arme à la main, a besoin d’un peu d’aide pour rester crédible.

La fin mettra Mulder face à Gorge Profonde pour un léger exposé des règles qui gèreront leur collaboration. De quoi amplifier le mystère :

Deep Throat:  As I said, I can provide you with information, but only so long as it’s in my best interest to do so.

Sans ses quelques éléments mythologiques, cet épisode ne mériterait pas beaucoup d’attention. C’est souvent le problème dans les débuts de séries, la mise en place de codes à tendance à pousser les scénaristes à être trop insistants. Ici, tout est fait pour encourager l’obsession de Mulder dans une seule et même direction. Un peu plus de pistes à suivre n’auraient pas fait du mal. Par exemple, le Colonel Budahas est le prétexte pour tout le voyage, mais il ne sera pas utilisé plus loin que ça, alors que c’est sur sa disparition que les agents enquêtaient. Il y avait peut-être matière à plus de ce côté-là.

Pour terminer, je me suis surpris à trouver la musique presque mauvaise par moment, alors qu’à l’époque, le travail de Marc Snow était plutôt célébré. Le temps se fait sentir sur cette bande-son. Sinon, comme vous le constaterez, j’ai changé la numérotation des épisodes, car il apparait un peu partout que le Pilot n’était pas le 1.01, mais juste le 1.00 (ou 1.79 d’après le coffret DVD).