Mulder est appelé sur les lieux d’une prise d’otages. Le suspect prétend être victime d’enlèvements par des extraterrestres et cherche à trouver un moyen que cela stoppe en échangeant sa place avec quelqu’un d’autre.

Première réalisation de Chris Carter, Duane Barry, et surtout sa suite, Ascension, apporte une pièce importante à la mythologie de la série, car cette histoire aboutira à l’enlèvement de Scully.

Mais avant cela, nous avons une première partie plus conventionnelle dans le genre policier, avec une prise d’otages. L’originalité est que le responsable, Duane Barry, prétend avoir été enlevé par des extraterrestres plusieurs fois. L’aspect paranoïa de la série prend une nouvelle fois les devants, jouant avec le fait que Duane n’est peut-être qu’un malade mental et que Mulder veut juste le croire.

En soi, la situation ne vaut que pour la relation qui existe entre les deux personnages, la prise d’otages créant surtout un état de détresse qui permet de maintenir une pression constante sur les décisions prises par Mulder.

L’ensemble finira par n’être qu’une grosse introduction à l’enlèvement de Scully. De ce côté-là, il y a quelques blancs que Mulder comblera à coup de théories, mais même lui ne semble pas convaincu.

Quoi qu’il en soit, la seconde partie, Ascension, place Scully dans une mauvaise position. Kidnappée, elle ne peut pas faire grand-chose. Le tout étant bien sûr orchestrée par, à ce moment-là, Gillian Anderson était enceinte et qu’il lui fallait une sortie pour justifier son absence de la série.

Mais peu importe ce qui motive le choix artistique. L’histoire se concentre avant tout sur Mulder et Krycek se battant pour retrouver la piste de Duane Barry. C’est là que le double jeu de Krycek prend son importance. À ce point, on aurait pu croire qu’il resterait un peu plus afin d’asseoir sa place aux côtés de Mulder, mais il est poussé à agir vite. Ce n’est pas forcément pénalisant, car jouer avec le fait que l’on sait qu’il est du mauvais côté aurait pu être risqué. Ici, toutes les cartes sont sur la table et on ne perd pas de temps à justifier ce que fait Krycek.

Par contre, on notera que les décisions de l’homme à la cigarette sont, comme toujours, cryptiques. J’ai longtemps hésité entre un choix volontaire pour entretenir le suspens ou juste du mystère pour cacher l’absence de direction. Aujourd’hui encore, cela prête à confusion est c’est bien pour ça que la mythologie de la série a toujours autant divisée. Si on avait pu clairement sentir que derrière il y avait du concret, ça aurait été moins confus.

À ce point de la série, de toute façon, on est juste censé avaler ce qu’il dit et espérer que les réponses arriveront rapidement. On va donc faire comme ça et croire que tout ceci fait vraiment parti d’un plan global.

Pour en revenir à Ascension, la seconde moitié de l’épisode est là pour appuyer la décision finale de Skinner : rouvrir les affaires non-classées. Le personnage gagne d’ailleurs beaucoup en intérêt avec cette histoire, car il prend des décisions qui montrent son indépendance et sa relation avec Mulder en sort grandie.

Ce double épisode est donc chargé en rebondissements, mais n’arrive pas pour autant à maintenir un rythme constant. Il faut dire que les enjeux varient à plusieurs reprises, ce qui explique cela.

En tout cas, Scully a disparu, les X-Files sont ouvertes, et la prochaine fois on parlera bien entendu du retour de Dana dans One Breath.