The X-Files : Réinventer la mythologie (10.01)

Voilà bientôt huit années que nous n’avons pas vu Mulder et Scully véritablement en action. Le film I Want To Believe a certaines qualités, mais son principal défaut est de ne pas avoir reconnecté les célèbres agents du FBI avec la mythologie qui avait défini le show et ses personnages.

Pour relancer The X-Files sur le petit écran, Chris Carter ne répète pas l’erreur. Malgré tout, pendant certaines scènes de cet épisode de reprise, il est difficile de ne pas avoir des regrets à ce sujet. Ce n’est pas un cas de fan éternellement insatisfait, mais plus un problème d’écriture. Avec My Struggle, le scénariste voulait rattraper le temps perdu et s’est laissé aller en discours difficilement digestibles pour atteindre son but.

Celui-ci était de redonner corps à la mythologie. De la dépoussiérer en tentant de la faire résonner avec le monde dans lequel nous vivons actuellement. La colonisation qui devait débuter en décembre 2012 n’a visiblement pas eu lieu et, comme il l’a fait par le passé, Carter préfère une fois de plus changer d’angle d’approche. Il cherche ici à adopter une perspective différente pour éluder ce qu’il a déjà établi comme étant des vérités afin de pouvoir poser de nouvelles bases.

Celui qui découvre The X-Files ou n’a pas véritablement revu un épisode depuis la fin de la série originale il y a bientôt 14 ans ne devrait pas être trop envahi par un sentiment de confusion. Par contre, pour les autres, cela est inévitable pendant une partie de l’épisode.

Heureusement, Gillian Anderson est là pour maintenir le navire à flot en s’imposant de nouveau dans le rôle de Scully, celle qui pose les questions que Mulder préfère éviter, car elles remettent en cause ce qu’il veut croire. David Duchovny ne tarde lui non plus pas trop à se remettre dans la peau de Mulder, en particulier quand il est poussé à partir dans des discours servant autant à le convaincre lui-même qu’à nous vendre sa nouvelle vision du monde.

Celle-ci est donc un peu difficile à avaler par moment. Il faut dire que l’épisode commence avec une réunion des deux ex-agents du FBI organisée par Tad O’Malley (Joel McHale), un animateur TV conservateur qui ne fait pas dans la dentelle pour relancer la série. Tad dit à Mulder ce qu’il veut entendre de façon à ce qu’il puisse ranimer le feu sacré. Il lui livre une nouvelle victime d’enlèvement (Annet Mahendru), une conspiration légèrement différente qui a un sens et de preuves pour l’appuyer.

Toute cette histoire frôle occasionnellement la parodie d’un classique épisode de The X-Files. Scully doute. Skinner grogne. Mulder accuse tout le monde de tous les maux possible. Un vieil informateur ajoute une couche en révélant juste assez pour que cela ait presque un sens. Il ne manquait plus que l’homme à la cigarette s’en grille une – ce qu’il finit par faire.

Concrètement, My Struggle recycle une formule épuisée et clairement trop familière pour essayer de faire de la place pour du neuf. Cela ne fonctionne pas dans ce sens. Cependant, l’épisode a le mérite d’accomplir ce que l’on attendait de lui : il fournit une raison de rouvrir les X-Files.

Il était évident que la reprise ne serait pas facile. Chris Carter a visiblement tenté de donner à son public ce qu’il disait vouloir et a pris trop de raccourcis. Résultat, cela est trop précipité et inconsistant.

The X-Files était toutefois plus que sa conspiration et il est indéniable que la relation Mulder/Scully reprend ici forme avec le genre de dynamiques complexes et de sentiments conflictuels qui fit sa force. Si on ajoute à cela l’esthétique et l’ambiance générale, My Struggle n’apparait pas comme étant la tentative d’un auteur cherchant à reconnecter avec un univers qu’il a abandonné il y a longtemps. On retrouve bien ce qui faisait la série ce qu’elle était. Il faut juste attendre à présent de meilleurs scénarios pour que cela justifie tant d’efforts.