This is Us

Ayant trouvé un succès inattendu lors de la mise en ligne de sa première bande-annonce, This is Us s’est alors naturellement imposée pour NBC comme une de ses nouvelles séries de la saison 2016/2017 les plus attendues. La chaine américaine a donc cultivé le buzz autour de ce drama qui se révélait par ailleurs quelque peu mystérieux avec son point de départ.

Cette création de Dan Fogelman nous était présentée comme une dramédie qui suit un groupe de personnes nées le même jour. Et ? Et c’est tout ce qui était fourni, soit pas grand-chose pour tenir une série. Il était évident qu’il devait y avoir un twist derrière, celui-ci étant révélé à la fin du pilote donnant à sa manière un sens à la stupide comparaison du créateur qui a présenté son show comme « a dramedy version of Lost ».

Avant cela, ce premier épisode de This is Us nous introduit à ses personnages aux situations éclectiques qui sont là pour tirer sur la corde émotionnelle. Nous avons ainsi Jack (Milo Ventimiglia) et Rebecca (Mandy Moore), un couple qui se trouve sur le point d’accueillir des triplets dans leur vie ; Randall (Sterling K. Brown), un homme accompli autant sur un plan professionnel que privé qui vient de retrouver son père biologique ; Kate (Chrissy Metz) qui est déterminée à perdre du poids ; et Kevin (Justin Hartley) qui se questionne sur la tournure qu’a prise sa carrière d’acteurs.

C’est bien évidemment le jour de leur anniversaire (sauf pour Rebecca, c’est celui de son mari), ce qui pousse la plupart d’entre eux à mettre en perspective leurs choix existentiels. Rien ne vaut un minimum de doute pour remettre en cause un statu quo et lancer les premières pistes dramatiques.

Au-delà de son twist final, This is Us se présente donc comme un drama familial et sentimental assez classique, mais qui possède de l’assurance. L’équipe créative ne craint pas de mettre les pieds dans le plat, quitte à virer dans le pathos si nécessaire pour faire leur point. La musique vient soutenir ce procédé pour s’assurer que tous les boutons soient allumés et que l’on puisse être affecté par ce qui se passe.

Un certain nombre de banalités nous sont donc servies sur un plateau d’argent. Car le véritable twist de This is Us ne réside pas tant dans ses dernières minutes, mais dans sa capacité à user de ficelles narratives pour toucher à son but avec une certaine efficacité. C’est sans aucun doute formaté et la mise en scène est bien trop forcé, mais cela ne signifie pas qu’on ne peut pas se prendre au jeu pour peu qu’on soit réceptif à ce genre de drama.

La confidence qui se dégage du casting n’y est sans doute pas pour rien, tous habitent leurs personnages avec aisance et l’alchimie qui existe entre les différents membres fait son effet. Quelques blagues faciles font même mouche, avant tout car délivrer avec une honnêteté déconcertante.

This is Us possède donc un certain charme, sûrement aidé par le fait que ce genre de dramédie ne pullule pas et qu’il y a clairement une place à prendre depuis la fin de Parenthood. Le genre en lui-même repose sur une formule bien établie, la différence se trouvant entièrement au niveau de l’écriture et des acteurs, This is Us tente au sein de sa conclusion d’y apporter sa touche personnelle. Reste à découvrir comment tout cela va s’orchestrer par la suite.